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m; I.V lU snH.VTION AUTiriCII.I.!.!; l'.\ll i.a i aiiadisaiion I.OCMJSKK.
(Certains a«j[tMils t()\i(|ues, la vapeur du cliarhon, l'ijpinm, le clilorotonniS etc., (M>rlaiiies lièvres graves, le choléra par exemple, peuvent jeter une grande perturbation dans la respiration, soit (pie les centres nerveux n'envoient plus alors le degn'' dinllux nécessaire à racconiplissement des actes de la respiration, soit que les organes qui président à ces différents actes aient perdu en tout ou en partie leur excitabilité, ou (pi'ils soient, pour ainsi dire, paralysés. On voit, dans ces cas, les niouvenients respiratoires se ralentir plus ou moins, et quelquefois même cesser complètement et rapidement; alors l'asphyxie est inuninente.
Une des premières indications à remplir, en même temps que l'on admini^tre la médication spéciale exigée par l'intoxication, c'est de taire arriver l'air dans les voies aériennes, en (|uantilé suffisante pour rétablir et entretenir l'hématose. Afin d'atteindre ce but, on cherche à réveiller les mouvements respiratoires, soit en excitant la sensibilité générale, soit en faisant pénétrer l'air dans les i)oumoris mècaniciuement et physitpiement.
(Vest l'excitation électrique qui répond le mieux à ces diverses indications.
1" Par la faradisation cutanée. — H n'existe pas un seul agent thérapeutique susceptible, comme la faradisation cutanée, de produire instantanément des sensations qui se graduent, depuis le plus simple chatouillement jusqu'à la douleur la plus vive, que le feu égale à peine, et cela sans altérer les tissus, quelque longue qu'en soit l'application. Cette propriété spéciale de la faradisation cutanée permet d'agir rapidement sur toutes leb régions du corps, même à la face où la sensibilité est si grande, pendant des heures entières, si cela est nécessaire, sans que l'on ait à craindre de désorganiser la peau .
J'ai plusieurs fois tiré un heureux parti de cette vertu spéciale de la faradisation cutanée pour exciter les mouvements respiratoires par l'intermédiaire de la sensibilité générale, dans les cas où l'asphyxie était due à l'inertie plus ou moins complète des muscles respirateurs.
Pendant l'épidémie de 18/i9, j'ai vu l'asphyxie se développer, chez certains cholériques, par le fait de la rareté des mouvements respiratoires. Le coma ne pouvait rendre raison du trouble de l'in-
DM \.\ UI^IIllAiinN Al;ill ICII.I I.E l'Ait I.A I' \UAlilSATION LOCM.lSKK. 730
iieivalioii (|iii |ti<)(liiis;iil ce pliéiioiiiLMic iiiorbido, car los malades jouissaient de i(!ur iiitelli^'eiire ; ils res[)iraiciil plus fn'Miueniineiit, l()rs(in'(>M les y engageait; mais, si ou les al)andounait à eux-mêmes, si ou ue les surexcitait pas, les mouvements re.-piiatoires s'éloignaient de plus en plus. Ils send)laient ne plus éprouver le besoin de respirer, et oubliaient de r(iii[»lir celte lonction (j'ai compté alors jusqu'à ciiKj ou six secondes entre cliaciue respiration). On conçoit (|u'un tel étal ne |)Ouvail se prolonger sans danger; et, en effet, si l'on ne laisail pas intervenir un(; médication excitante énergi(|ue interne et externe, les malades mouraient hienfôt asphyxiés. Mais la sensibilité cutanée étant ordinairement obtuse ou abolie, les excitants externes ordinaires (sinapismes, vésicatoires, eau bouillante) étaient incapables de réveiller la puissance de l'innervation. C'est dans ce cas qu'on parvenait à réveiller, pour ainsi dire, la resj)iralion par la laradisation cutanée, et à soutenir ainsi la vie concurreunnent ave(; la médication interne.
Le cas suivant, bien ([u'inconq)let, peut donner une id<e du parti avantageux (jue l'on peut tirer dtî la laradisation cutanée dans l'asj)liyxie, quelle (ju'en soit la cause.
OiiSKRVATioN CLXXXVIII. — En décembre 1847, une femme avîiil été apporlée à la Cliarilé, dans le service de M. Andral, dans un état très avancé d'asphyxie, occasionnée par la vapeur du charbon. Douze heures après, la malade était dans la môme situation, malgré les soins les mieux entendus. Depuis son entrée, elle n'avait donné aucun signe de connaissance, la respiration était 1res rare; en outre, des râles nombreux se faisaient entendre dans la poitrine; l'insensibilité était complète dans tous les points du corps, malgré les suiapismes promenés sur l'enveloppe cutanée, malgré des vésicatoires appliqués depuis la \ cille à la face interne des jambes, et qui n'avaient exercé aucune action organique. Dans cet état, l'apjjareil marchant avec des inlermiUences rapides et ayant été gradué au maxinuim, les rhéophores (balais métalliques) furent promenés sur la i)artie inlernedesjambes. Pendant les {)remieres secondes la faradisalion ne produisit (ju'une faible action organique dans les points excités ; mais bientôt la malade donna des signes de douleur ; les lils métalliques posés sur le thorax arrachèrent des cris à cette malaile, ([ui parut reprendre coiniaissance. Klle put me donner la main, me montrer la langue ; nidis elle ne répondit a mes questions que [)ar oui et par non. La respiration étant plus lacile et fréquente, les pommettes se colorèrent, les lèvres lurent moins violettes. Ayant malheureusement suspendu l'excitation électro-cutanée, cette amélioration ne fut que momentanée; l asphyxie reparut bientôt, et enleva la malade quelques heures plus tard.
7 M) Ai'pKNDir.i:
Si, (loii/c li< iiio |»lll^ li'tl, j'.ivjiis en l'iih'c (rnnployrr rc iiioyi'ii jMii.s>aiil ri i;i|>i<l<', avant (pic l'as|»liy\ir cùl cxcic*- dr m grands lasai^cs, la raradis.itinii ciilaïu'c cùl i)('iit-rlr(; lii()m|)li('.
Je inc Miis loiijours i"('|»r()cli('' de ii'avoii' pas couliDiic a-sc/. Iodj;- Iciiips cctlc rxcilalion t'Iccli'o-ciilaïK'c clic/, celle paiiMc Irmiiic. ("/clail d'aillant plus praticable, (pi'il iii'clait possible de diininucr rinlciisilé du couraiil, de iiiaiiicrc à icndre lu sciisarutii moins douloureuse i!t à la laii'c supporler,<iu besoin, |)endaril un ;4rand nombre d lieures; mon regret est encore; auj^menlé par la coniiai sauce des laits pui)lics dans lltc Lancct, (jui ont él('; reproduits dans V Union inc'diaiic, et <iue je ci'«)is devoir rapjxiler <'n (piehpjcs mois.
Deux eni'anls, (.'mpoisomu's par l'opium, [)araissaienl devoir succondxrr dans un clat d'asphyxie, malgré de .uombreux moyens qui avaient éle employés pour ranimer la respiration et ramener l'hémalt)se, ioisqu'on songea, connne dernière ressource, à l'excitation electricpie. Les rhéopliores d'un ai)pareil d'induction à intermittences très rapides furent appliqués, le positifsnr la face interne de la joue, et le négatif sur l'appendice xiplioïde. En peu de temps, on parviid à rétablir les mouvements respiiatoireset à rendre la déglutition plus facile, de manière à rendre possible l'administration de remèdes internes (café, esprit d'ammoniaque). Ces deux enfants furent sauvés; mais pour atteindre cet lieureux résultat, on dut continuer l'excitation électrique pendant de longues lieures (huit à neuf heures), car, chaque fois qu'on la suspen !ait, les phénomènes d'asphyxie reparaissaieiit.
Ce n'est pas par l'excitation directe de la contractilité musculaire que la respiration a été rétablie dans ces deux cas ; car les mouvements respiratoires ne peuvent se faire que par la contraction et le relâchement alternatif des muscles qui en sont chargés, mouvements alternatifs que la contraction continue produite par l'électrisation à courants rapides, telle qu'elle a été employée chez ces enfants, eût certainement rendus impossibles.
C'est par l'intermédiaire de la sensibilité générale que ce mode d'éleclrisation a rétabli la respiration. 11 me serait facile, si ce n'était superllu, de démontrer que la cinquième paire, la peau, etc., ont dû être vivement excitées dans cette opération. Ce qu'il imporîe seulement de faire ressortir de ces deux faits, c'est la nécessité, en pareil cas, de prolonger suffisamment l'excitation électrique de la sensibilité générale, de manière à appeler incessamment l'influx nerveux central sur les organes respiratoires.
2" Par la faradisalion des nerfs phrêniques. — Si l'excitation de la sensibilité par les différents moyens que je viens d'indiquer ne pou-
I)H LA KE'.IMHATION AIITIUCIKLI.E PAU l,\ I AIIADISATIO.N I.OCALISÉL. ll\\
v;iit raniincr les coiiti-ac-tioiis (ks miisck.'s iiisi)irat(îiirs, si iîumikî J'asphyxie (îtait tellL*m«;iit avaiicéo (jiie l'on ci'ùt (h-jà voir les si^nios apparents de la mort, on sait (pie lOii pourrait encore espérei" de rappeler la vii' pièle à s'éeliapper, en l'aisant airiver iTiéeani(pu;njent l'air dans les voies aériennes.
C'est dans ce cas f[ue je conseillerais de recourir innnédialement à la l'aradisation des nerfs phréniipies (pii, en Taisant contracter le dia[)hragnie, a^'randit à la tois le dianiètre vertical du poumon et son diamètre transversal dans la moitié iidérieure, comme le démontrent mes expériences (''leclro-pliysiolo<^i(pies. C'est à cou[) sûr le meilleur moyen d'imiter la respiration natiirelh;.
En raison des services qu'il me paraît iip[)elé à rendre dans l'avenir, je crois devoir décrire avec fjuehpie soin le procédé à l'aide du(piel on produit la respiration ai'titicielle par la l'aradisation des nerl's i)hréni(pies.
Le nerf [)liréni(pie, (pii tire son ori^itine des troisième, (piatrième et cin([uième [)aires cervicales, descend, on le sait, de dehors en dedans au-devant du scalèno antérieur, avant de s'enfoncer dans le médiastm pour se jeter dans les piliers du diaphragme. C'est sur la face antérieure de ce scalène qu'il faut exciter le nerf phrénicpie que l'on met en rapport avec les rliéophores d'un appareil d'induction. (Tous les appareils d'induction sont propres à cette opération, pourvu (ju'ils se graduent exactement, et que leurs intermittences soient très rapides. Les rliéophores sont terminés par une extrémité coniipie d'un petit volume, et recouverts d'une peau humide.) La l'aradisation localisée du nerf i)hréni([ue offre quelques diflicult(''s, parce que le scalène est recouvert par le sterno-mastoïdien et par le peaucier. Voici cependant comment on parvient à localiser chez l'homme l'excitation électrique dans le nerf phrénique sans recourir à aucune opération chirurgicale.
On s'assure d'abord delà position du scalène ant(';rieur, en déprimant la peau de dehors en dedans, avec deux doigts placés au niveau du bord externe du faisceau claviculaire du sterno-mastoïdien. Alors on écarte les doigts qui, par une pression contimie, maintiennent la peau déprimée au-devant du scalène, puis on place un des rliéophores dans leur intervalle et de manière à croiser la direction du nerf phréni(pie.
Pendant (pi'un aide tient le rhéophore ainsi posé, h; second rhcojihore e^t placé de la même manière sur le scalène antérieur du c(jt('* opposé. Alors l'opérateur, saisissant par les manches isolés les deux rliéophores, (pi'il maintient solidement apprKjU(''s sur les scalènes, lait inrttic I appareil en action A riiist;;nt ou l'on lail p.^s^er
"fi'l ArPENDir.i'.
\v ('(tiiiiiiil (l(»iil I» -^ iiil» rinillcnccs sont Icllciiit'iil i.ijiidcs (jil rllrs S(Uil pr('H|ii(' ((tiilmiK'S, h's rdU's mlriiciiics s'ccarlcul ri l(> parois alMlctiiiinalcs se soulèvent pciidaiil «pic I air ciitic avec. Iniiil (hms les poiiiuoiis. Ap!"('s iiiu! ou deux nccoihIcs, on iiilcrroiiipt le coulaiil cl aiis>il»'tl la poiliiiic cl ralxlomcii s'allai^sciil coiiiiik! dans l'expiration. Pour (jnc celle expiration soit plus eoinplcte, un aid(î csl chai'iic de depiiinei' la poiliine et rahdoinen pendant ce t(Mnps de l\»pcralion. A[)ics une ou deux secondes d'inlf-iiiiplion. on lait de nouvoiui passer \v. coui'anl pendant le même espace; de temps, (le manière; à produire un(i succession d'inspirations et d'cxpiratioiis, (pu imitent exactement la res|)iration naturelh'.
La l'aradisation des ncrls plnciuipies , telle; epie je viens de la décrire, ne réussit pas toujours du })remier coup; car si le peaucier est trt's développé, ce muscle se contracte au uioment de l'excitalion et repousse les rliéo[)liores ; d'un autre coté, ces nerfs préseiileut (luelipiel'ois des anomalies, et passent plus en dedans (les scalénes; niais ces dit'ticiiltes ne sont pas insurmontables, car (;n appli(pumt l(;s rhéophores un peu plus liant ou un peu plus bas, on réussit toujours à les rencon'.rei'.
On doit éviter, autant (pie possible, d'exciter le plexus brachial en même temps (jue le nerf phréniepie.
Je n'ai recoui's au mode opératoire (jue j(; viens de décrire (jue; lorsque je veux provoquer la contraction isolée du diaphragme, pour démontrer le mode d'action de ce muscle sur les côtes diaphragmatiques.
Mais voici un moyen plus simple et plus sûr de produire la respiration aitificielle. Au lieu de rhéophores coniques on se sert de rhéophores à large surface, d'épongés enfoncées dans des cylindres métalliques par exemple, que l'on pose sur les côtés du cou, dans le point indiqué ci-dessus, et l'on fait passer le courant d'induction comme je viens de le dire. Par ce procédé, on excite à la fois, avec le nerf pln-énique, les plexus cervical et brachial et la branche externe du spinal. Il en résulte un plus grand mouvement de la poitrine par l'élévation des épaules, qui ne fait que favoriser la respiration artificielle qu'on veut produire.
La respiration artiticielle produite par la contraction électrique du diaphragme fait arriver une masse considérable d'air en agrandissant le diamètre vertical de la capacité thoracique et la moitié inférieure de sou diamètre transversal. Puisque l'excitation électrique des nerfs phréniques, qui provoque la contraction du diaphragme, peut faire respirer bruyamment, même le cadavre, (juelque temps encore après la mort, ([ue ne doit-on pas attendre d'elle
I)K LA UESIMUATION AKllFICIEM.K PAU LA F AUADISATION LOCALISKK. 7/j3
dans l'aspliyxie, alors idoiik! que tout par.iit désespéré! IVolougcr ainsi la vie dans ras|)liyxie, c'est presque sauver le malade. S'il ne respirait pas, en elVct, coniincnt pourrait-on applifjufîr la in<'(lieation spéciale appropriée aux efléts ^'«''néraux de l'intoxication?
Pour compléter cette étude, j'aurais désiré reproduire ici une note (pie j'ai publiée, (;n l.S.V) (1;, sur rinlluence de l'excitation électro-cutanée ou de la respiration arliticiell»; par la laradisation des nerfs phrénicpu^s, dans l'intoxication j)ar \v. {lilorolornie. Je regrette de ne ])ouvoir, faute de place, en exti'aire que les deux [)i'incipales conclusions ci-dessous :
« L'cleclricilé, employée comme excitant général du système nerveux, j)eut sauver l'animal, si la respiration est seulement sus[)enfhie ; elle n'est impuissante (]ue lorsque le cœur a cessé de battre.
» La respiration artificielle, pro;hiito par la faradisalion des nerfs pliréniques, qui imite jiarfaitenienL la respiration naturelle, fait péné'.rer l'air dans les parties les plus intimes du [)Oumon, en vertu du vide virtuel (ju'elle y produit, et cela avec d'autant plus de force, et en quantité d'autant j)lus gramie, ({u'on excite plus éncrgiquement la contraction du diaphragme. — Cette respiration artificielle peut, comme l'insufllalion, rappeler les animaux à la vie, alors même que le cœur a cessé de battre. — Elle est simple et facile à pratiquer. — Il n'existe aucune raison pour lui préférer l'insufflation dans le traitement de l'intoxication chloroformique (2). »
(1) Union médicale, 29 et 31 mars.
(2) Une commission, au nom do IaSociét(^ médicale d'émulation, à laquelle je suis ctranjior, m'avait fait riionnnir de m'inviter à m'aiJjdiiuiro à clic pour étudier sur (les animaux l'influcnco thérapeutique d(> la faradisatiou cutanée et de réicctrisation généraU; dans rintoxication chioroformique. Lorsiju'il fut bien démontré que l'oxcilalion électrique générale ou de la peau était im|)uissante dans les cas où le cœur avait cessé de battre, mon concours cessait d'élre utile à la commission, dont j'avais rempli les intentions. — Cependaut, ayant écrit dans mon mémoire sur les fonctions du diaphraqme , publié en 18o3 dans VUnion médicale, que la respiration artificielle produite par la faradisalion dos nerfs phréniquos pouvait èlro appli(|uéo avec succès à rompoisonnotnont par le chloroforme, je d('sirais saisir l'occasion (jui m'était oITorlo d'étudier la valeur do mon assertion, (jui, juscpi'alors, n'était qu'une vue de l'esprit. Comme il fallait, avant tout, oxaminor s'il était vrai, ainsi (|uo l'avait avancé M. Robert, membre iW l'Académie de médecine, (|ue les nerfs ont perdu leur excilabililé éloctriquo dans rintoxication cliloroformiquo, je j)riai la commission do nie [)ormottre de faire qjiolques expériences pour vérifier rexactifude de cette assorlion.il ressortit bientôt de nos expcrionces que l'excitabilité électrique des nerfs no diminuait pas d'une manière ap|)réciablc sous l'influence du chloroforme, et alors seuloniout je proposai do praliq\icr innnédiatomout la respiration arlifirioilo par la faradisa-
l'\H IVVll\I.V>IK Dl.S MIISC.I.KS I)i; I.AlUxiMKN.
AKTlCI-i; IV.
rAiiAi.\Mr. DK i.A \i;s.sir, kt dus oiuiams (;kmiai;v dk i. iiommi;, Dts
l.Mt.STKNS KT DKS MUSCLKS OUI (ION COUR KM A LKUHS iONCIIO.NS.
v^ I. — ll;rwuric.
A. — l'aralysie des muscles de rahdomcii.
\j[\ (lysiirio peut être ocoasioniKH! parla paralysie des muscles de l'abdoinen. (Vest un pliéuoinèiie (jue j'ai eu souvent l'orcasion d'observer dans certaines paraplégies, ('e (pii dt'ïiiontic «pic la vessie; n'est pour rien dans la difficulté (\{Ui les malades éprouvent alors pour uriner, c'est (pie le jet de l'urine sort avec force (juand on introduit une sor)«le dans leur vessie; ce qui me sendjic le prouver encoi e mieux, c'est qu'il suffit dans ces cas de faradiser les muscles abdominaux pour rendn^ l'émission des urines facile. De l'impossibilité ou de la difficulté (ruriner, il ne faut donc pas toujours conclure à la paralysie; de la paroi musculaire de la vessie. En consé(iuence, avant d'aller porter l'excitation électrique sur ce viscère, chez les sujets qui éprouvent de la peine à uriner, on doit se contenter de faradiser pendant quelques séances chacun des muscles de l'abdomen. En agissant de la sorte, on épargne aux malades une opération inutile et qui ne suffirait pas, puisqu'alors la cause de la dysurie ne réside pas dans l'inertie de la tunique musculeuse vésicale.
J'ai également ohservé la dysurie dans la paralysie du diaphragme, mais elle existe, dans ce cas, à un degré beaucoup moins prononcé (ju'après la paralysie des muscles de l'abdomen. Les malades sont seulement forcés de se livrer à de longs efforts pour vaincre la résistance opposée par le col et le sphincler de la vessie. On comprend que, dans ce cas, le- seul moyen de rendre les urines faciles, c'est de guérir la paralysie du diaphragme.
lion des nerfs phrcniques chez les animaux chluroforniise^'S, dont le cœur avait cessé de battre. On comprend quelle dût être ma joie quand je vis réussir une opération dont j'avais enlrrvu le succès et qui venait confirmer les beaux résultats obtenus par la commission; à savoir, que la respiration arlificielle par insufflation peut rappeler à la vie des animaux dont le cœur avait cessé de battre dans riuloxicaliou chloroformique.
PAK\I.V-IK l)K [.A H'M(J!E MllSCriJ l'M-; DK f. A VfSslK. /M.-)
U. — Paralysie de l,i limiquc rmisciilcusc de la vossic.
LorsciLio rim[)(>ssilMlil('; «m la (liCliciilh' de l'CMidr*; le^ urines dépend iini(|uemenl de la paralysie du corps de la vessie, c'est directeinent sur lui (pje l'on doit porter l'excitation eleclritpie. J'ai employé, dans ce but, plusieurs procé;lés. Tantôt j'introduis uih! sonde d'argent libre à son extrémité et isolée pai" une sonde de caoutcliouc dans le reste de son étendue ; je place un second rliéopliore (rhéopliore rectal) dans le rectum, vX j'applicpie l'olive sur le bas-fond de la vessie. (Ce procédé a été déjà décrit page 93.)
D'autres fois, lorstpie l'excitation par le rectum présente (piel- (pies diriicultcs, je n'ajj;is (jue sur la vessie. J'ai iinaj,'iné, ii cet en'<'t, un iliéopliore vésical, composé de deux conducteurs isolés dans une sonde de caoutcliouc a double courant, (pu permet de concentrer l'action des deux pôles du courant d'induction dans chacun des points de la paroi vésicale. (V'oyez, pour la description de ce rliéopliore et pom- la manière de rappli()uer, la première partie, page 8«S.) Ce rliéopliore m'a rendu de grands services, car, la vessie étant très peu excitable, même à l'état normal, il m'a permis de diriger sur elle des courants d'une grande intensité ; ce que je n'aurais pu faire avec d'autres procédés, par exemple en plaçant un rliéopliore dans la vessie et l'autre sur les parois de l'abdomen, ainsi que je l'ai déjà dit précédemment.
Mais il n'est pas toujours possible de porter le rliéopliore dans la vessie, soit que l'état du canal de l'urètlire ne permette pas son introduction, soit (|ue l'existence d'un catarrhe utérin contre-iiulique son application. Alors le rhéo|)liore rectal est portt; dans le rectum et dirigé de manière à se trouver en rapport avec la paroi postérieure de la vessie, tandis (pi'un autre rliéopliore humide est promené sur la région hy[)ogastrique. Ce procédé est moins ellicace (|ue le précédent, j'en ai dit la raison.
On doit se rappeler, quand on prati(iuc la faradisalion de la vessie, du rectum et des organes génitaux de l'homme, (pie le courant de la première hélice excite plus vivement la sensibilité de ces organes (pie le courant de la seconde hélice. Kn cons(''(pien(U', s il est indiqué d'agir contre la paralysie musculaire, celui-ci mérite la préfiTence, le courant de la première hélice n'eianl aUns enq>lo\«' (pie dans l'anesthesie de ces organes.
7M) \M.srilt;>iK i>i; I.A VKSMK lil DKS OlU.AMiS (.h.MlAl X rUlNAlIlKS.
§ II. .tn<>«tli<^Nic <lc In vcMHir vt dfiHorunnvnfii'nlinux iirinairrw.
A. — AiiosllK'sic (l(> In vcssir.
\j'iinrs(/i''sii' (/(> lu vcssir peut cxisfcr in(ln|)('n(l;iiiiiii<'iit de la paralysie (l(^ la tiinicpic niiisciilciiscî df; cet or^'aiic. I.cs sujets, ik; sentant jias le besoin d'uriner, laissent distendre oulic mesure leur V(!ssie, et ne sont avertis de sa plénitude (pu- lojs(pie rui'ine sort par regori^^enu'ut. S'ils n'ont pas la prj'caution de la vider réfiulièremenl, en urinant à des intervalles peu él()if,Mi<'s, la tuni(jue nnisculeuse finit par se paralyser à Ibrcx' d'(Mre distendue. Cette grande distension de la vessie peut occasionner en outre, à la longue, la formation de replis valvulaires cpii obstruent l'orifice du col de la vessie et s'opposent au passage de l'urine, i.es malades sont alois dans la nécessité de repousser les replis valvidaires, en introduisant la sonde dans la vessie, chacpie fois (ju'ils veulent uriner, et l'on voit dans ce cas le jet projeté au loin et avec force. L'excitation lïiradique de la paroi interne de la vessie est un excellent moyen de guérir cette anestliésie, dont les conséquences peuvent être si graves. En voici un exemple bien remarcjuable, (pie je rapporte parce (pi'on y verra en même temps l'influence que l'anesthésie des testicules peut exercer sur les fonctions des organes génitaux, et le rétablissement de ces dernières fonctions par la iaradisation localisée.
Opskrvation CLXXXIX. — M. de L.... officier, âgé de quarante ans, d'une bonne constitution, a beaucoup souffert du froid humide pendant ses campagnes d'Afrique. Il n'a jamais eu d'affection rhumatismale ni de fièvre intermittente. En août 1844, à la suite d'une constipation opiniâtre, il eut des fissures à lanus qui lui occasionnèrent des douleurs très vives, et qui, méconnues fort longtemps, furent guéries tardivement par des lavements de ratanhia. Un mois après la guérison de ces fissures, c'est-à-dire en novembre 1844, apparut, pour la première fois, une douleur très aiguë, occupant le trajet du nerf sciatique, que rien ne put calmer, et qui ne provoqua aucune réaction fébrile. Six semaines après l'invasion de cette névralgie, la douleur disparut tout à coup, et M. de L... se crut guéri ; mais il fut étonné de se sentir mouillé par lurine, qui coulait involontairement. Depuis lors, il perdit la conscience de la plénitude do sa vessie, de sorte que, s'il n'avait pas la précaution d'uriner souvent, cette dernière se laissait distendre outre mesure, et l'urine sortait involontairement par regorgement.
Un mois après la perte de la sensibilité de sa vessie, le malade fut privé encore de la faculté duriner volontairement; il s'aperçut aussi que la peau
ANKSTIIKSIK DE l,A VKSSIE ET DKS OHGANKS GÉNITAUX IIUINAIRES. 7^1 7
du pérns, du scrotum, du périnée, de la fesse et de la fare postérieure de la cuisse, avait perdu sa sensibilité. Mal^M-é les soins les plus rationncîls et le traitement le plus énergique, malgré quinze vésicatoires |)romenés sur la cuisse gauche, le périnée et la face postérieure du sacrum, malgré l'usage de la strychnino et de la belladone, bien (jue le malade fût allé plusieurs fois aux eaux de Baréges, et qu'il eût fait usage de douches sulfureuses, l'anes- Ihésie de la vessie et de la peau persista au même degré. — Kn 1847, les érections et les désirs vénériens disparurent. M. do L... s'a[)erçut (|ue les testicules étaient insensibles à la plus forte pression ; ce[)endant il eut encore des pollutions nocturnes avec sensation voluptueuse. A cette éprxpie, l'électropuncture fut pralicjuée sans aucun résultat; des aiguilles étaient enfoncées en très grand nombre dans les régions frappées d'insensibilité, et d'autres étaient placées dans le voisinage du rachis, où la sensibilité était intacte; on galvanisait successivement toutes les aiguilles, de manière que l'un des pôles dune pile à auges fût en communication avec les points insensibles, et l'autre avec les parties sensibles. I.a sensation ne se faisait sentir que dans ce dernier lieu. Le malade dit avoir si cruellement soutTert de cette opération, qu'il n'aurait ph:s voulu aciieler sa guérison à ce prix.
En octobre 1848, M. de L. .. me fut adressé par M. le professeur Chomel, qui lui conseilla l'emploi de l'électricité par ma méthode localisatrice. Je constatai alors l'état suivant: Anesthésie de la peau du pénis, du scrotum, du périnée, du quart supérieur de la face postérieure de la cuisse et d'une partie de la fesse ; perte du sentiment de plénitude de la vessie; impossibilité d'uriner sans le secours de la sonde ; les testicules sont insensibles à la plus forte pression ; érections impossibles, absence de désirs ; |)ollulions nocturnes rares ; pas de douleur, état général satisfaisant. — La faradisation est pratiquée de la manière suivante: 1° Faradisation èlecirocutanée. Les balais métalliques excitateurs sont promenés sur tous les points insensibles, l'appareil étant au maximum. Après plusieurs minutes de cette opération, le malade accuse un léger chatouillement dans quelques points, et un q»iart d'heure après la douleur est intolérable Le lendemain, la sensibilité est revenue dans quelques j)oints. A[)rès la troisième séance, la sensibilité de la peau est presque normale. — i" Furd'limtion des testicules. Les rhéophores métalliques appliqués sur les parties correspondant aux testicules et à l'épididyme, la peau ayant été mouillée légèrement, excitent une sensation spéciale et douloureuse, semblable à celle (pie produit la compression de ces organes ; le testicule droit est beaucoup plus excitable que le gauche. Kn deux séances de huit à dix minutes, les testicules, les épididymes et leurs cordons ont recouvré leur sensibilité normale. L'opération iirérédente, i)raliquée de temps en temps, a rétabli les fonctions des organes générateurs dans toute leur intégrité. 3" Farudimidon de la vessie
76H AM;siiiKMK m; I A vkssik ki dks <)ii(;\m:s (;KNMiAr\ iuinaihks. itdii niiKil (le l urilhrc. I,(« rlu'opliori! vô-ical (loiildi;, (Imil j ,11 doiiiiù la ilfSrii('li()n |)a;4»' ^8, iiilrodiiiL (l<ms la v<'ssi(» priMlahlciiiciil Nidée, ri promené sur Ions les points (Je sa laco inlernt?, lUMionne auninr .scnsalion, bien «pio l'appartMl soil au maxinnim cl inarclid aveu; h;s inlfiiiiiltonces les plus rapides. Lo inônio rhoopliore, ramené vers lu col do la v('S>io, provoque une, sensation do conslricLion doulourcuso (hu; à l'excilalioii du spliincler dii col do la vessie. Le treinbleur de l'appareil ostarrôt»', el les inlerinittences sont éloignées à l'aide de la roue. A chaque interruption, le malade éprouve une secousse assez forte, non douloureuse, au niveau du col de la vessie (contraction électrique des fibres du releveur de I anus). Le rhéopliore, promené dans le canal, sous l'influence d'un courant des |)lus intenses, ne donne une faible sensation que dans son tiers inférieur. — L'o{)éraiion l)récédente a été pratiquée souvent en plaçant un rlié )phore dans le rectum , pour exciter on môme temps que la vessie, soit le plexus sacré, soil le plexus hypogaslrique. D'autres fois, les muscles de l'abdomen ont été faradisés. El) «juinze séances, la sensibilité de la vessie est normale; le malade ne peut su|)porlcr un courant moyen ; il perçoit la plénitude de sa vessie, éprouve même fréquemment le besoin d'uriner: deux fois il urine spontanément, presque sans ctï'ort, et à une assez grande distance. La vessie se vide conipléteinent. Malheureusement l'émission volontaire des urines ne se maintient pas, malgré l'excitation faradique longtemps continuée, malgré le retour de la sensibilité normale de l'organe. — MM. les docteurs Civiale et Ricord, successivement appelés en consulialion, ne trouvent ni rétrécissement du canal, ni paralysie de la contractililé (quand une sonde est introduite, l'urine sort avec force et s'arrête tout à coup lorsque la vessie est vidée). M. Ricord. admettant la possibilité d'un repli valvulaire produit par la distension de la vessie, pratique des incisions avec un urélhrolome. L'opération n'a produit aucun résultat; le malade est de nouveau soumis à la faradisalion localisée.
En résumé, l'anestliésie vésicale avait occasionné chez iM. de L. .. la distension énorme de la vessie, qui a été suivie pendant quebiue temps de la sortie involontaire des urines (par regorgementi sans que pour cela la vessie lïit paralysée; puis M. de L..., privé de la sensation du besoin d'uriner, ayant souvent laissé distendre considérablement la tunique nmsculeuse do la vessie, en négligeant de la vider, n'a pas lardt' a perdre la laculté d'uriner volontairement, uni(juenient par suite de la formation de replis valvulaires; car MM. Ricord et Civiale ont constaté que la tunique musculeuse n'était pas paralyst'e; la sonde étant introduite, l'urine était projetée au loin avec une grande force. L'excitation éncigique pratiquée avec un courant d'induction ra[)ide et int<Mise a rappelé
ANE.sTlIÉMK DI'S OIKiANIiS (;ÉNlTAi;X KT IMPCISSANCK. 7'|9
jisscz vite la scrisil^ililé dr la vessie; (h; sorlo qu'il no rr.'St.iil plus à vaincue; (|U(' fo^stacUî [n('(',aiii(|iie dû a rcxislcnce des re|)lis valvulaii'cs. Il faut observer cnlin (jue celte aiie>lliésie de la vessie, •,Mi(':rie par rexcilatioii raradi(|ue, avait ij-sisl»' pendant trois ans à des inedica lions très vai'iées.
D. — Aii('>lh(''sie dos uryaiics gôiiiUiiix cl inipnissancc.
II est ciH'ore une antre (piestion très importante (pie je pouriMÏs oxiuniner h l'oceasion de l'observation <pi<' je viens de relat.r : c'est l'action exercée» [)ar la faradisation localis('e sni' rini[)uissance.
Il est incontestable (pie M. de L .. doit à l'application de celte niédicalion le rt''labris>enient de ^cs fonclions g('ni''ratrices dont il a été priv(3 pendant plusieurs années. L'ayant l'evu trois ans :ii)r{'S, j'ai (onsinte'' (pie l'nnpnissance n'avait plus reparu.
Je n'ai pas rint(,'iilion de ti'aiter ici de l'application de la faïadisalion localisée à l'impuissance, car je ne suis pas encoi'e assez avancé dans les reclierclies (jue j'ai faites sur ce point important, jtour lorimiler (piehpu; chose de j)ositit" à cet égard. J'avais commencé avec M. Lallemand des expériences (jue le mauvais état de sa santé ne nous a pas ])ermis de poursuivre. Cependant je dois prévenir ceux (pn voudraient appliquer la faradisation localisée au traitement de l'impuissance, qu'ils aggraveraient à coup sûr la maladie, s'ils imitaient d;ins tous les cas la conduite que j'ai tenue eliez M. de L...
L'imi)uissance, en effet, est souvent due à des perles séminales, Siiile d'abus vénériens (1). Eli bien! l'excilalion de la sensibilité cutanée et la ("aradisalion des vésicules s(''iniiiales par l'excitation rectale augmenteraient encore ces perles.
M. Lallemand ix-nsnit (pie, dans ces c:is, il [)ourrait être ulde d'exciter l'oiilice ureHliral des canaux ('jaculateurs pour en [)ro(luire le resserrement en augmentant leur force toniepie (2). Voici des Uu'S comment j'ai agi : j'ai introduit jusepi'au vérumontanum un rlK'o- ])liore uréthral, libre seulement ;i son extiMMiiite et isoh' dans le reste de son étendue, et j'ai placé sur le périiuv un second rhéopliore humide; puis j'ai fait passer un courant à intermittences modeiément rapides et \)v\\ intenses. L'orifice uiélhral des canaux ejac ulaleurs m'a paru se resserrer après celle o[)r'ralion, et les perles diminuer.
J'ai expt'M'imenl('\ dans une dizaine de cas de perles S(''miiiales datant d'un tenq)s plus ou moins grand, cette méthode de Iraite-
(I ) Uoubaïul, Traiti' de l'impuissance et delà slérililc. Paris, ISrio, in-8, p. M '6. (2) Lallemand. I)e> perles snninalrs invohnlaires. Paris, 1S12, t. III, p. ;î27.
l'A) I.NLoMIM'.M.K l) l IUM;.
iiinil (|ui a (tldriiii six lois la {^nrrisoii, ciilic aiiltis flic/, trois iiicdrciiis. l/iiii (le vrs derniers, praticien disliii^^iié ^\i' iNdo^iie, a redire son observation en in'cn^a^,M'ant ii la publier. (Je la rései've ponr un travail spécial , lorsque j'aurai recueilli un asso/ grand jioinhre i\v. laits.) Ses pertes si';ininales dataient de dix- neuf ans; elles avaient résisl<'' h tous les traitements diri^M-s cependant par des praticiens renonniK's, par h; professeur Piragoff ''iitir autres. Kiles l'avaient fait t()nd)er dans (;et (Hat pliysiipie et nioial si i)ien (l<';crit par Lalleniand. Après une trentaine de séances [)rali(in('M;s dans l'espace de trois mois, sa guérison était complète. Aujourd'hui, cin(i mois après ce traitement, cette guérison s'est parfaitement maintenue.
Lorscju'on a vu les pertes diminuer et (pi'il est indi(pi(; d'agir contre l'impuissance, on excite les testicules en plaçant sur ces organes des rhéophores humides. Il faut mettie beaucoup de pi'udence dans la praliiiue de cette 0[)ération, qui est douloureuse, et ne faire passer qu'un courant modéré et à rares intermittences et delà deuxième hélice. Il m'est arrivé deux fois, m'élant écarté de cette manière d'agir, de dévelop[)er mut névralgie des testicules (pii persista plusieurs semaines. Cette névralgie était caractérisée par une douleur dans l'hypogastre qui remontait dans les lombes, et n'apparaissait (jue par intervalles.
M. de L... n'avait pas de pertes séniinales, il n'avait i)0)nL abusé des plaisirs vénériens ; j'attribuais son impuissance à l'aneslliésie, et je pus exciter énergi([uemei)t la sensibilité des vésicules, des testicules, de la peau du pénis, du scrotum et du canal de l'urèthre. C'est certainement ce (jue je n'aurais pu faire impunément chez un malade qui aurait eu des pertes séminales.
§ III. — Incontinence d'urine.
Je n'ai pas eu l'occasion d'applicpier la f.iradisalion localisée au traitement de l'incontinence d'urine.
Si elle se présenlait, je dirigerais l'excitation électri(jue sur le col et sur le sphincter de la vessie. On sait, en eifel, que c'est à la paralysie ou à l'atonie de ces parties qu'est dû l'écoulement involontaire de l'urine. Voici comment j'agirais dans ce cas : j'introduirais dans le rectum le riiéophore rectal à olive, et je le promènerais sur tous les points correspondants du releveur de l'anus, pendant que l'extrémité d'une sonde métallique, isolée seulement à son extrémité, serait maintenue au niveau du col de la vessie. Le courant d'induction serait aussi intense et aussi rapide que possible, et je donnerais la préférence à celui de la première hélice. Ce procédé opératoire me paraît devoir réussir.
KTU\Nf;i.i:ME.\T INTFMtNi:. 7r)l
ij IV. — ruuMtt|>utiou.
A. f..i comti/jfition est, coiiihk; la dysiiric, inio des com|)rK'alions ordinaires de la [)arai)l(''^M(î. Les malades ur. vont à la giirderohe qu'au luoyen de lavements ou de i)ur^atifV. Il m'a suffi queUjuelois, dans ces (;as, de l'aradisfîr les nniscles de l'abdomen pendant (juelques séances pour rétablir la liberté du ventre, ce (pii démontre que la constipation ou la difficulté des garderob(îs peut dépendre de la paralysie ou de ralVaiblissement des muscles abdominaux. On conçoit aussi ([ue la paralysie du diapbra{^me soit une cause de constipation, et ([u'aloi's elle n<' puisse dis[)araîtfe (pi'avec la ^'uérison de cette paralysie.
A la paralysie des muscles auxiliaires de la défécation se joint tVé([uemment la paralysie du rectum ; il faut agir alors directement sur cet intestin avec le rbéoi)liore rectal, comme je l'ai décrit à la page 86. Ce procédé, simple et peu douloureux, m'a réussi fréquemment, .l'ai cité comme exemple un cas de constipation (jui, datant de trois semaines et occasionnant un ballonnement considérable du ventre, céda à une seule excitation du rectum, après avoir résisté pendant quinze jours aux purgatifs administrés de toutes les façons. La constipation, qui reparut à deux reprises chez la malade ([ui en était tourmentée, fut vaincue cha([ue lois de la même manière.
B. Étranglement interne. — Le cours des matières fécales peut être interromi)u par une obstruction du conduit iidestinal. Les causes de cette obstruction, on le sait, sont variables et produisent les symptômes graves de la maladie décrite sous le nom de volvidus, iléus, passion iliaque , colique de miserere, etc. Quelle que soit la cause de ce volvulus, qu'il y ait étranglement par des brides ou par des ouvertures dans lescpielles l'intestin se serait engagé; qu'il y ait contournement, entorlillenient des circonvolutions inlestinaleà entre elles; (jue le canal intestinal soit obstrué par suite de l'invagination d'une portion d'intestin dans une autre, il n'existe (lu'une seule indicationà renq)lir: dégager l'intestin. Or, de tous les moyens qui ont été employés dans ce but, et l'on sait combien ils sont nombreux, je ne crois pas qu'il en existe un plus efficace (pie lexcitation électri([ue dirigée sur les muscles abdominaux et sur le tube digestif.
La faradisation piati(piee energicpiement, et avec des intermittences éloignées d'une seconde les unes des autres, sur chacun des points de la paroi musculaire de l'abdomen, secoue partiellement la