‹ De l'électrisation localisée et de son application a la pathologie et a la thérapeutiqueChapitre 61 sur 73 · ciinr 1)1 m mi \i · texte numérisé non relu

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{)\un ilii'il <Mi soil, loiilcs clioscs ('lmIcs d'aillcui-s, n'aurais-jf; (»l>l('iiu (lu'iiiK' yiu'rison ^>ir trois cas pai* l'application cUî la laïadisalioii localiscc, ce seul iail heureux me parait démoiitrci' (pie ce mode (le traitement est un d(!s mciilleurs <iu'on^[)uiss(' opposer à celte grave maladie.

^ V. — Chute «lu rectum par atonie du Mpliincter île TanuM.

Les laits et lesconsidi'rations (pie j'ai ii exposer dans ce, para<:M"apli(^ ne s'appli(iuent (tu'à la chute du rectum, (pii se produit à la suite; d'une longue constit)ation et de la dyscîiiterie, ou (;liez les enfants cacliecliiiues. Je ferai abstraction de la chute du rectum t)roduilc j)ar une cause chirurgicale.

Si l'on eidonce un doii^tdans l'anus d'un sujetaffecté de chute du rectum, ou sent (ju'il pénètre avec une grande facilité, et (jue le sphincter se laisse distendre sans opposer la moiiulre résistance, à tel point (jue l'on peut introduire successivement dans l'anus trois ou (jualre doigts rangés en ligne droite sans éprouver la moindre résistance. Le sphincter n'est pas paralysé dans ce cas, car on voit que le sujet peut le resserrer; et puis, les selles seraient alors involontaires, ce qui n'a pas lieu, on le sait, dans la chute du rectum. Quoi qu'il en soit, il semble que ce relâchement du sphincter de l'anus est produit par le défaut de puissance tonique de ce muscle. Ce fait, que j'avais observé depuis longtemps, me donna à penser que cette atonie du sphincter de l'anus pouvait bien être la principale cause du prolapsus de la muqueuse rectale, détachée préalablement des autres tuniques du rectum (1).

Si cette opinion était exacte, la faradisation du sphincter de l'anus, pratiquée avec un courant à intermittences rapides, procédé qui, ainsi que je l'ai déjà dit et comme je le démontrerai encore par la suite, possède la propriété de rendre aux muscles la force tonique qu'ils 'ont perdue, et même de les contracturer au besoin, la faradisation, dis-je, ainsi pratiquée devait rendre au

(1) Je sais que des anatomo-pathologistes, M. Cruveilhier entre autres, soutiennent que le sphincter ne se détache pas dans la chute du rectum, et que ce professeur la considère comme une véritable invagination du rectum, consécutive à un état pathologique que je n'ai point à cxi)Oser ici, et qu'on observe quelquefois dans certaines constipations et dans les dysenteries prolongées, ou chez des enfants cachectiques ou affaiblis par de loiigues maladies.

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spliinctcr la forr(^ to]ii(jU('ii(''(:essaii(' itoiirc )iit('iiir la iïiikjikmiso rectait; et enii)è('lior son pi-olapsus.

Voici la relation (l'iiii pi'cmier (;as (h; chwU) du rcetiiin, dans leciucl la justesse de rues piévisious a elt* (l«';iuoulr«îe [)ai' rex[)('rinieutaliou.

Obsf.rvation ('\(^lli. — Cliitle du rectum chez un honunc ûgiî de U'cnte-cinq ans, et aggravée p<ir la dysenterie. — Perle de Volonté du spliincler de l'anus avant la faradisnlion locaiisée. — Retour de In force tonirjue de ce muscle après cette opération, et disparition delà chute du rectum.

Dans le courant du mois de juillet 18')3, M. Pli. Bayer m'engagea à essayer rintlurnco lhérfi|)eutique de la faradisation localisée dans un cas de chute du rectum, dont était atîpcté un malade do son service (Hôtel-Dieu, salle Saint-Joan, n" 16). Ce malade, âij^é de trente-cinq ans, avait peu souffert de cette infirmité qui datait de son enfance, lor^(Iu■une dysenterie, qu'il contracta en Afrique en 1852, rendit sa chute du rectum très douloureuse. Il dut alors revenir en France, et entra à l'Hôlel-Dieu pour s'en faire traiter, et surtout j)our se débarrasser d'un ilux do sang rebelle. M. Boyer le guérit assez rapidement de sa dysenterie et de son hémorrhagic intestinale, mais la chute du rectum persista, lui occasioiinant (\es souffrances assez vives. Le sphincter de l'anus était compléttunent relâché, do telle sorte qu'une portion du rectum faisait un bourrelet continuel à l'extérieur, et qu'il lui suffisait du moindre effort, comme d'aller à la garderobe ou de tousser, pour en faire sortir une plus grande portion. Le sphincter était relâché au point (lu'on pouvait facilement introduire trois ou quatre doigts dans l'anus. C'est dans ces conditions que je tentai la faradisation localisée, dans le but de produire un spasme du sphincter de l'anus. Je plaçai un rhéophore olivaire dans lanneau rectal, et un second rhéophore humide (une éponge enfoncée dans un rhéophore cylindrique) sur le périnée. Je fis ensuite passer un courant à intermittences ra[)ides de mon appareil gradué au maximum pendant huit à dix minutes. — Après celte opération, le rectum ne sortit plus, quelque effort que fit le malade pour obtenir ce résultat. Dans la journée, il se présenta même plusieurs fois sur le siège, et nonseulement son rectum ne sortit pas, mais le malade ne put aller à la garderobe, ce qu'il attribua à une résistance qu'il ressentait dans le point occupé |)ar le sphincter. Qiielques jours après cette opération, je revis ce malade et j'appris que chaque matin on avait excité son anus, ainsi que je lavais fait moi-môme, et que son rectum ne sortait plus. — J'introduisis un doigt dans cet anus, et je le sentis fortement serré par son s[)hincter. — L'in- Iluence de l'excitation électrique sur la contractilité tonique du sphincter avait été immédiate ol avait persisté dans l'intervalle des opérations. Ce premier essai paraissait devoir être couronné de succès, lorsque le malade,

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rappelo rlu7. lui l'in- ilt'> ;iiï.iir(;s ûv ïunnWo., (ioiniiiid.i .«-a ^(til c -- iN'iul.inl lus liuil on dix joui-.><iui' j'ai pu l'obsurvcr, j'apims dii Itii (jik! suri amis no sorlail plus.

\a' l'ait (jiK* j<' viens de rapporter est la (It'inoiistralion la plus roiupletf (le la justesse de mes prévisions. Kii cllrl, dans (•<'tt(j elmte du reclmn, très ancienne (datant de reidanei! el aj^'^ravée pai- une dysenterie), on constate un relâchement considérable dn spliiu'-ter de l'anus, ijui, après la i'aradisation convenabUîinent ap[)rK|u»';e, se resserri' immédiatement au point de iiermellrc; a peine ii un seul iloij^t de i)entHier dans le rectum, tandis (ju'aui)aravaut (|uati'e ou cin(i doigts y entraient facilement; puis à dater tle ce moment, le rectum ne sort plus au dehors, même lorsc[ue le malade se, livre à deiirands et loni^s ell'orts pour aller à la yarderobe; aupaiavant il lui sullisail, au contraire, de tousser jxjur cpie le prolapsus eût lieu.

Ou ne saurait mt'connaître, dans ce cas, la parfaite corrélation de ces phénomènes, savoir: d'une part, relâchement du sphincter et chute du rectum ; de l'autre (après roi)ération), constriction du sphincter el dis[)arition du prolapsus.

En résumé, il nie parait ressortir de ce fait que L'atonie du sphincter de l'anus est la cause réelle du prolapsus du rectum, préalablement détaché des parties voisines sous V influence d'un état patholoyique quelconque, et qu'on empêche le prolapsus en rétablissant la tonicité de ce sphincter.

Quelques mois après l'observation de ce fait, que j'avais communiqué à M. Debjut pour être publié dans le Bulletin de thérapeutique, u\\ interne distingué de i'Ilôtel-Dieu, iM. Duchaussoy, soutenait dans un excellent travail (1), la proposition que je viens de formuler, s'appuyant sur un autre ordre de faits qu'il avait observés dans le service de M. Guersant. On sait que cet habile chirurgien des enfants traite la clnite du rectum en appliquant quatre boulons de feu disposés en croix sur l'anus, au point où la muqueuse et la peau viennent se confondre. M. Duchaussoy dit que sur onze enfants ainsi cautérisés, M. Guersant en a guéri dix. Ge praticien (2) dit qu'en agissant ainsi, son but est de provoquer une légère inflammation qui moditie le tissu cellulaire sous-muqueux, le resserre et relient ainsi l'intestin disposé à s'échapper. Mais M Duchaussoy interprète ces guérisons autrement que M. Guersant: « Que le cautère, dit-il, agisse ainsi sur le tissu cellulaire, cela est assez vraisem-

(1) De la cause immédiale el du traitement de la chute du rectum chez les enfants {Archives générales de médecine, uuméro de septembre 18jO).

(2) Union médicale. 11 septembre 1852.

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hlahk'; mais collo aolioii ne doil pas sClcndre hranroup au delà des points (auti'risés, et celte léj^ère lidlainnialion doit être un bien faible obstacle à la sortie; d'une portion d'intestin longue de 5 à 10 centimètres, surtout si l'on son^^^c (pi'il lui faut parfois résister à (les ellorts tcîllement puissants, (pu; la main d'un liornme vi'j'oureux ne peut les \aiii('i'(; pour iN'diiire l'intestin.

» Mais ce (pie l'on peut constater avec ccrlilud»', au contraire, après cette caulérisation, le voici :

)) Aussitôt (pic l intestin a cessé de sçrtir, ce qui peut arriver immédiatement a[)rcs l'opeTation, le dnifjf, infï'nduit dans l'anus du malade^ éprouve de l(i /.nrt du sp/iinct(r une constriclion dont il ny avait. pas de manifestation avant l'application du cautère. » (M. I)uchaussoy avait constaté (ju'auparavant, le sphincter était rel<\ché au point de permettre l'entrée tacile de troib ou (piatre doigts dans le rectum, tandis (lu'à l'état normal, rintroduclion d'un seul doigt est difiicile et arrache des cris aux enfants.)

Ces faits viennent donc à l'appui de ceux qui rcsK)rtent de mes expérience-^, ou plutôt ces dernières rendent vraisemblable l'explication donnée par M. Duchaussoydu mécanisme de la gU('Tison de la chute du rectum par la cautérisation.

Comme corollaire de Tinterprétalion des faits observés chez M. Guersant, M. Duchaussoy formule la i)roposition suivante: (( Tout procédé (pii parviendra à faire cesser la paralysie du sphincter, soit en simplifiant la cautérisation, soit même en lui substituant d'autres excitants du système musculaire plus puissants, ou moins désagréables, pourra être regardé comme un prt^grès dans le traitement de la chute du rectum. »

Puis, après avoir démontré les inconvénients de la caulérisation par le procédé de M. (jueivsant qui, bien que si h'gère, produit (juclques accidents chez les enfants o[)érés, M. Duchaussoy conseille le traitement par la faradisation ; car il est très présumable, ajoute-til, (pie l'électricité pourrait rétablir la contractililé dans un muscle accessible connne le sphincter de l'aiius. Si cet observateur avait eu connaissance de l'expérience ([ue j'ai rapportée plus haut (obs. CX(^li) et des inductions qui m'avaient conduit à la faire, il ne s'en serait pas tenu à de simples pn^somptions, puisejue dans celte expérience on a vu ipie la faradisation à intermittences rapides empêche la chute du recluin, en ie.>liluaiil au sphincter de l'anus la force loniipie (|u'il avait [)erdue.

Deux faits nouveaux sont venus conlirmer reflicacité de la faradisation (lu sphincter de l'anus dans le traiteineut de la chute du rectum.

7r)S PAIIVI.YSIKS l'AUlIKl.lKS DHS MKMIIUKS.

OiisKiivuKiN CACIV. — lui 1'S;i;i, un hoiinno û;^ô du soixanle îi soixniilo- <l«'u\ iins.rliiil imiIic a rilùlL'I-Diuii, salle Saiiilo-MiJrlho, poiirs'y fiiircî liailer (Itin ciilariiit! vr>ical. Depuis de I()n<,Mios années, il clail alïïv.Uî d'un |)r(»ld|)sus du roc'Uim (jui t'-lait diivenu trcs iiicoininodo cl mùiua douloureux depuis quoKjuo temps. Le sphiiuter do l'anus élail lellonient relûché (pion pouvait introduire l'aeilenient les cpialre doigts placés do champ dans ton anus. M. Houx m'engagea à essayer dans ce cas l'inlluence de la faradi>ation localisée. Je plaçai un rhéophore niétallicpje dans l'anus, et un >e(;ond rliéopliore humide sur le périnée, el je fis passer un courant rapide. Le malade ressentit une très vive épreinle, el après rojjéralion, on ronslala que le rectum était maintenu par le sphincter (pii si; resserrait fortement, quand on introduisait le doigt dans l'anus. Ces applications furent continuées par M. Duchaussoy, interne du service, qui m'apprit que ce malade était sorti guéri de son j)rola|)>us, (Je n'avais j)as pris de note sur ce malade, car M. Duchaussoy ni'avait fait connaître son intention d'en publier I observation. J'ai dû faire appel à mes souvenirs pour exposer la relation de ce fait.)

Obskrvatiox CXCV. — L'autre fait m'a été communiqué par M. Demarquay, qui on 1854 eut a débarrasser une dame d'un prohq:)sus du rectum dont elle était aflligée depuis l'enfance, et (jui, dans les dernières années, lui causait de vives douleurs. Ayant tenté sans succès de maintenir l'intestin, en pratiquant, selon l'ancienne méthode, l'excision d'une portionde sa circonférence, il songea à l'électrisation du sphincter de l'anus qui fut pratiquée avec un plein succès. La malade est débarrassée depuis lors de son infirmité.

Les faits (\ue j'ai rapportés ne sont pas assez nombreux pour établir d'une manière absolue la supériorité de la laradisation du sphincter de l'anus sur les autres traitements employés contre la cliute du rectum ; n:ais ils démontrent qu'on doit l'employer de préférence aux opérations sanglantes, qui ne sont pas toujours, comme elle, d'une parfaite innocuité, et auxquelles, d'ailleurs, il serait toujours temps de recourir si elle venait à échouer.

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