SPASMES
Je (!omprends sous ce titre général toutes les contractions involontaires, morbides, quelles qu'en soient la cause ou la nature, à savoir, les contractures, les spasmes fonctionnels, les crampes et les convulsions.
ARTICLE PREMIER
COiNTRACTURES (l).
Les contractures symptomatiiiues d'une lésion des centres nerveux ne peuvent être lieureusement modifiées par la faradisation localisée; c'est du moins ce qui ressort de mes expériences. J'ai même uénjontré antérieurement (p. 362) que ce mode de traitement ne saurait être appli(iué sans danger aux paralysies céré-
(1) Quelques-unes de ces éludes éleclro-musculaires ont clé exposées dans rédilion précédente (Paris, 1855, in-8).
CON'i'UACllUKS ll)|(tl'\llllnl 1>. STli
hralcs ('()ni|)li<ni('cs (l(! coiitiMcliii'o i|iii mmoiicciit iiii tia\;iil iiillaiMiiiatoii-c (le l'(>i)(-('>|ilialr.
Il 11(3 soi'a <iu('>ti()ii dans vd article ([iic des coiilracliii'cs idiopatlii(|U(»s. — (It'S coMlracliircs do la I.uîo sont on |)rimitiv(»s ou secondaires, c'est-à-dire, coiisi'ciitives à la paralysie et inénie à la faibleiiîO relative des iiiuschîs antagonistes. Wum cpie le tiaitcinent ne suit |)as h; même dans ces cas divei's, les mouvenj<Mits j)atlioi<)giques, l'altilnde vici(nis(; et la défoiination (jni en r(''snltent, n'en sont pas moins toujours semblables. — Le trailenicnt de ces contractures diverse:-, par la laradisation localis(''e, tiaitement que j'ai à l'aire connaître et (|ui est aujourd'hui sauctionni' par rexpérience et l(; temps, e\iiï(; avant tout que; leur (liaj];noslic, leur sii'ge et leur mécanisme soient établis avec précision. Je vais exposer celle étude de diagnostic dans le paragrai)lie suivant.
§ 1. — Sj^uiptôiiics et (liai;nostic dcH coiitrnodircs IdlopatliiqucN déduit de re.\i>ériiiieutation élcctro-phj'siologifiuc.
Je puis produire artificiellement toutes les contractures, en localisant un courant d'induction à intermittences rapides dans chacun des muscles. Or tout le momie sait aujourd'hui (jue l'on doit à l'exl)érimentation électro-physiologique la connaissance exacte de l'action propre des muscles, et surtout du mécanisme des mouvements anornuiux cl des délormalions produites par leur contraction individuelie. On sait aussi (pie peu de muscles ont échappé à ce genre de recherches. Il me serait donc facile de tracer la description de la plupart des contractures musculaires, et de déduire leurs signes diagnosli([ues de mes expériences electro-physiol(jgi([ues. Mais ce serait donner trop d'extension à cet article, car il me faudrait alois ex[)oser toute lélectro i)hysiologiiî musculaire, ce (pii, d'ailleurs, doit faire le sujet d'un autre livre ampiel je renvoie le lecteur (1). Je me bornerai à exposer le diagnostic des contractures (pii, parmi celles (juc j'ai eu l'occasion d'observer, ont été méconnues ou i\\)U[ pas clé conjprises, ou n'ont pas encore été décrites.
A. — Coimacturrs (k\s muselés de la face.
J'ai dû traiter dans un même article de la conliaclure dca muscles de la seplième paire et de la paralysie de ce nerf, parce (pie la premi('rc étant, comme je l'ai démontré, niu! terminai>on ou plut()t une complication frcVjiieiite de la seconde, ces (h^ix élmles étaient inséparables. Je renvoie donc le lecteur à cet article (chap. XNJII,
SSO M'ASMKS.
art. I, v;\. |). ()7'2. (.oïliliic celte (•(tiilliictiiic csl, cil ^('iifral, loeali^ee (lilli> illl petit liolllltre (l(> Iilliscles, et soiiveiil IIM-Iiie diilis llli M'iil iiiiiselc, il est iit'cessiiii'i', pdiircn ctal)!!!' le (li;i}^ii(»sli( , de coiiiiaitrt' raclioii propre; des muscles (l(i la face et l(;s modilicilioiis/pit; ciiHcmi do CCS derniers iiiijuinie ii la pliysidiiomie, (lelte élude ne peut trouver ici sa place; elU; sera loii;^ueiiieut exposi'e dans mon livre sur réleclropliysioloj^ie musculaire.
B. — Contracture du rlioîiiboïdc.
I. Si/mpfôincs. — La contracture du rhondjoide produit une dili'oriiiité de l'épaule que les auteurs ont attribuée à une autre lésion, à la paralysie du grand dentelé, par exemple. En 1851, faisant quelques e\i)ériences électro-physiologiques en présence de la Société médicale du 1" arrondissement, j'ai mis le rhomboïde d'un sujet en contraction continue, au moyen d'un courant d'induction, et j'ai annoncé que l'attitude imprimée à son scapulum, pendant celle expérience, devait cire nécessairement semblable à celle qui est produite par la contracture du rhomboïde. J'ai tire immédiatement de cette expérience les signes diagnostiques de la contracture du rhomboïde. Depuis lors j'ai eu l'occasion de constater Texactitude de ces déductions dans cinq cas de contracture du rhomboïde.
Ces faits intéressent au plus haut degré la pathologie et la lliérapeuti(pie des affections musculaires de l'épaule, c'est pourquoi j'exposerai l'un d'eux avec quelques détails.
La jeune fdle dont il est question dans l'observation que je vais rapporter a été présentée à la Société de médecine de Paris, dans une des séances de l'année 1852, avant la guérison de la difformité dont elle était affectée. J'ai établi alois le diagnostic différentiel de celte difformité à l'aide d'expériences électro-physiologiques faites comparativement sur elle et sur un autre sujet dont le grand dentelé était atrophié.
Observation CCIL — Aglaé Prude, d'une bonne constitution, âgée de treize ans, demeurant à Bagnolet, n'a jamais eu de mouvements convulsifs, ri aucun trouble fonctionnel dans la musculation, avant laffeclion que je vais brièvement exposer. En février 1849, cette jeune fille sentie pour Ja première fois, sans cause connue, une douleur dans la partie moyenne et latérale droite du cou. Celte douleur augmentait parla pression ou lorsqu'elle portait la tête du côté oppose. Le médecin de la localité constata un gonflement léger qu'il attribua à un mouvement tluxionnaire. La petite malade souffrant peu, et n'éprouvant aucun trouble dans sa santé, il crut
COMHACTI'IIE DU HIIOMBOlUE. 881
no devoir piH'scrifL' aucun Irailcinonl. esiicranl qua rt3t clat se dissi[)erail s|)onlaiiômLMil.
A dater de cette époque, ou ne lit plus aucune attention a la gêne continuelle qu'elle éprouvait, surtout dans certains mouvements de la tète. La personne chez hKjuelle elle demeurait, et qui, chaciue matin, présidait à sa toilette, aflirinait (pie, jusqu'au mois d'oclobro 18.j0, éj)oque a laquelle Agiac l'ut mise en pension, il ne se manifesta aucune modilicalion dans l'attitude normale de son épaule.
Entrée en pension, elle fut moins observée, malgré la gène des mouvements du cou. Ce fut seulement en avril 1852, épociue à laquelle Aglaévint passer quelques jours à liagnolel, chez sa mère adoptive, cpie celle-ci s'aperçut de lu diirormité de son épaule droite. Elle se décida alors a con-
FiG. loi. FiG. i:i,j.
duirc cette enfant à la consultation de M. Marjolin. En présence d'une difformité de l'épaule qu'il rencontrait pour la première fois, M. Marjolin crut devoir adresser la petite malade à son collègue M. Bouvier, comme un cas de diagnostic intéres.^^ant.
Dans le but de favoriser mes recherches sur les muscles de l'épaule, M. Bouvier donna rendez-vous à la malade dans mon cabinet, afin de poser le diagnostic de cette difformité à l'aide de l'exploralioii électro-musculaire.
Les liras tombant sur les côtés du tronc, et la malade se tenant debout ou assise, l'angle inférieur D (lig. I jo) du scapuUim droit était remonté au
Dl'CHENNE. 5G
NS'J .sl'ASMIiS.
|Miiiil (lo 80 IrouvtM- nics.iiic im nivoaudd l'auglo cxlern»!, et Irès lapprochô (K' la li^nu iiuMliaiu'. ('.«'l aii^Mc; l'aisail mu; saillit! ronsidriahlo sons la peau, lui appuyant sur lui jo parvenais à l'abaisser, et a placer lo scapuluni dans son alliUido nornialo ; mais il fallait employer alors uno grande force, et silôt ipio jo cessais la compression, l'an^do inférieur remontait vivement, comme s d avait élé mù |)ar un ressort, et lo scapulum reprenait son attitude vicieuse. Lorsipio Ion imprimait ces mouvements au scapulum, on senlail et l'on entendait un cracpiemcnt cpii paraissait se passer entre la faco anlériourodo cet os et les parois thoracicpies. Au-dessus du bord spinal du scapulum, qui était devenu oblique do dedans en dehors et de bas en haut, on voyait une tumeur assez considérable B (l)(pii était due au relief du nmsclo rhomboïde contracture. Cette tumeur se reliait avec un autre soulèvement situe sur l'épaule droite, lequel élait dii à l'angle interne du scapulum que l'on sentait distinctement sous la peau, et au relief A de l'angulaire qu'on voyait so prolonger jusqu'au sommet du triangle sus-claviculaire, où il faisait une saillie très apparente. • — Enfin, la léle était penchée légèrement à droite, et en l'inclinant du côté opposé on provoquait une sensation douloureuse qu'Aglaé rapportait à la tumeur de l'espace susclaviculaire.
Qui ne reconnaît, dans celte altitude pathologique du scapuluni et dans l'inclinaison latérale de la tête, l'attitude que je produis à volonté en faisant contracter le rhomboïde et l'angulaire de Toinuplate par l'excitation électrique dirigée, soit sur chacun de ces muscles, soit sur tous les deux à la fois.
Rien n'y manque, pas même les reliefs musculaires caractéristiques. Aussi n'hésitai-je pas, quand je vis cette jeune fille pour la première fois, à diagnosti(juer une contracture du rhomboïde et de l'angulaire.
Je me refusai à reconnaître dans cette disposition du scapulum un signe de paralysie ou d'atrophie du grand dentelé, bien que ce fût la pensée de la plupart des confrères éclairés qui avaient examiné Aglaé avant moi, et qui ne voyaient dans cette contracture du rhomboïde et de l'angulaire que le résultat de la perte de l'antagonisme musculaire, comme on l'observe dans certains pieds bots consécutifs à la paralysie de quelques muscles.
L'observation m'avait enseigné, en effet, que le muscle grand
(l) Cette tumeur, qui a une grande importance au jjoint de vue du diagnostic différentiel, n'est malheureusement pas bien rendue dans la figure lo3. Elle est parfaitement rendue dans la figure 1.j6 (gravde d'après la photographie), bien que la contracture du rhomboïde fut moindre que dans la figure 153.
CoNTUACil UE DU UlloMBOÏDK. .SSii
(It'iitoh'! [)ciil ("'lie c'iitiùrcnKîMt atroplii»', sans (jiio poui' cela il i(jit ciili'aiiié par la pn'donuiiaiKH; toiiKiiic du ilioinboïdc, son anta^Mjiiislc. Je vais en loni'iiii' la prouve la pins inéeusable. Lescapuluin (lu sujet re[)résente dans les ligures 101 et 102, p. 707, eliap. \1\, et dont le grand dentelé est paralysé, conserve son attitude noiniale (punit à la direction de son bord s[)inal et à sa distance des parois tlioraci(jues, pendant le repos musculaire, c'est-à-dire lorsque ses bras tombent sur les côtc'îs du tronc, et cela malgré l'intégrité de son rliondjoïde. Seulement son scapulum est plus bas et [)lus éloigné de la ligne médiane que celui du c(5lé opi>osé (voyez Hgure 105, p. 709, clia[). XIX); ce qui dépend de l'atropliie du Ira- [mze, comme je l'ai démontré pn'jcédemment.
Il iaut donc plus ([ue la prédominance tonique du rhomboïde pour entraîner le scapulum dans une altitude vicieuse ; il Iaut une contraction palliologicpu;, un spasme continu, ce (juc l'on désigne, en un mot, sous la dénomination de contracture. C'est ce qui a lieu chez la jeune Aglaé.
H n'était pas impossible que la contracture du rhomboïde et de l'angulaire lût compliquée de la paralysie du grand dentelé ; il importait donc de s'assurer de l'état de ce muscle chez ma jeune malade. Je lui fis en conséquence porter les deux bras en avant, et je vis son scapulum droit, obéissant à l'action du grand dentelé, reprendre son attitude normale, et exécuter les mêmes mouvements de rotation cpie du côté sain (voy. fig. \5U).
Que l'on rapproche maintenant l'une de l'autre la contracture du rhomboïde et l'atrophie du grand dentelé, ou ([ue l'on colnpare les deux ligures qui représentent leurs etïéts respectifs à l'état de repos et à l'état de mouvement, et l'on verra ([ue, dans la première, la dilTormité se produit seulement pendant (lue le bras pend le long du corps (lig. 155) et disparait dans l'élévation du bras ((ig. \5U); tandis que dans la seconde, la diirormité apparaît lorsque le malade écarte son bras du tronc (lig. 101 et 102), et n'est pas visible à l'élat de repos (lig. 105).
Contracture du rhomboïde, tel lut donc mon diagnostic. L'inclinaison de la tète du côté de la dillormité, et la saillie de l'angulaire dans le triangle sus-claviculaire,(iue l'on observaitchez Aglaé, m'autorisaient aussi à admettre (jne ce dernier nuiscle était également contracture. La contracture du rhombtjïde et de l'angulaire était i)rimilive et de cause rhumatismale; cela me parait établi par Thistoire même de la maladie. Le grand dentelé avait pu être all'aibli const'h cutivoment à l'élongation ([u'il avait dû subir par le fait de la déviation du scapulum; mais il n'était pas paralysé. (J'exposerai daii^
SS'\ >rv«sMr.s.
l'arliclc Mii\;iiit li' iiintlc de lariKli^alioii (|iif |Viii|il(»\iii |Miiir ;jiii''rii'
crlic ((iiili'acture.)
La (•(Hitractiii'c du ilioiiilioidc ou de l'ani^ulau'c ne [mmiI pas pi'o- (Inirc l'a])aissi'iiniit du luoi^^iion de l'('|)aul('. C-cll.' [U'oposition «'ùt cil' antinliysi(>l()^i(|ii(' avant mes rcclicrchcs, car on avail ima;^'iiM'', je ii(! sais sur (juclle douiH'c, (pic \vs mn.-cics faisaient louinfM" le scapuluiii sur un .ix(! liclif central, de manière (pie l'angle externe* (levait s'abaisser pendant (jU(,' les deux antres angh;^ sV-levaient. Oi\ re\p«M'i!nentati(Hi ('iectro-physiolouiipH; a ('lahli (pie, sous rinllnence du ili()nd)oide cl de l'aui^ulaire, 1(; scaj)uluiu lounie sui' son an^Ie externe (pii reste fixe, et (ju'an moment de la contraction cet os s'c'Une en masse, ('.es laits pliysioloyi(]ues sont conlirnif's par l'observation patlK)lo^n(pie. Kn effet, chez la petite Agi a (', le moi'^non de l't'paule n'(''lait pas abaisse*.
Mais pourcjuoi ce mouvement d'('!l(3Vation en masse n'a-t-il pas eu lieu chez cette malade? Est-ce (jue le rliondjoïde et l'angulaire n'etait'ut pas ariivi's à leur maximum de contraction? Ou bien cela tiendi'ait-il à ce (jue le grand denteb'', qui avait subi ix'iidant longtem[)s une grande édongation, n'opposait })lus assez de n'sistance toni(pie à ces muscles pour produire, à l'aide de son action combinée avec celle du rhomboïde et du triangulaire, l'edévation en masse, comme le mé'canisme en a été exposé dans les études électrophysiologi(tues? Cette dernière explication me paraît s'ai)proclier davantage de la vérité.
J'ai encore observé d'autres cas analogues de contracture du rhomboïde et de l'angulaire, (\m ne différaient entre eux (jue par leur degré de difformité ou de maladie. Je ne les rapporterai pas ici, parce qu'ils ne seraient que la confirmation des faits et des signes diagnostiques que j'ai exposés plus haut.
En résumé : l" Elévation plus ou moins grande de l'angle inférieur du scapulum, avec rapprochement de la ligne médiane, sans abaissement du moignon de l'épaule; 2" direction oblique de bas en haut et de dedans en dehors du bord spinal du scapulum ; 3° tumeur située en dedans du bord spinal du scapulum, et se prolongeant vers la fosse sus-épineuse; U"" quelquefois crépitation appréciable par l'ouïe et par le toucher de cette tumeur pendant les mouvements imprimés au scapulum ou au bras ; 5^ enfin, disparition de la difformité du scapulum et des tumeurs pendant l'élévation volontaire du bras du c(jté malade: tels sont les signes qui caractérisent la contracture du rhombo'ide.
La contracture de l'angulaire de l'omoplate, compli(iuant celle du
(•.(t.MHACTi'HK m: lUIoMUoilti;. ^8.*)
rlioinboïdc, iijoulL' aux sYin|)l<)in<'> jimùdciils riiirliiiaisoii lal/'iale de lu tèlc, ainsi (ju'oii l'a vu dans l'observation ci-dcs^us rclali-f (obs. CCIl).
Dans plusit'Uis cas, j'ai constalt' la conlraclurc sinndtanéc du rbomboïde et des deux portions su|M''ri(Mn(;s du trapr/c. Alors aux signes propres k la contracture du rhomboïde se joint l'élévation considérable du moignon de ré[)aule et la rotation de la tète du coté opposé. La iigure !;")() (dessinée d'après une pbotoyrapiiie) représente un cas de contracture du rhomboïde et du tiers moyen du tra[)èze (portion élévatrice),
Obskrvation ('('III. — La joAino fille représentée dans la figure I "iG, ftp^ée (le ([iiatoize (ins, avant été exposée ii un courant d'air, ressonlil bienlùl une
FiG. i:iG.
V\r.. loT.
flouUnir dan? lo côté droit de la partie postérieure du cou el dans quelques muscles de l'épaule droite, douleur au;j:menlée par certains mouvements de la léle et du membre supérieur. Rienlol après lanière s'aperçut que son épaule se déft^rmait. Une application de sanj^sues et plusieurs vésicaleires avaient diminué les douleurs; mais la contracture avait persisté jusqu'au moment où cette jeune fille me fui présenlée trois mois après. Voici ce
SS(i SPASMFS.
cpio jo coiisliitai alors. Son épnulo droilo ôlnil bcnuroup plu? ôIovcV qiin du côlù j^aucho. 1/onioplalo, qui aviiil suivi l(> mouvouionl du Tôpauln.avail cxô' rul('' uii luouvomont do bascule» |»ar Icipicl fon an;;lo infi-riour s'ùlait ropprochô do la li;,Mio môdiauo. Au-dessus ol on dedans do rôpirjo (\o jOnioplalf, donl lu dirocliun ôluit. oblique do bas en haut ot do dedans on dohor», on voyait une lumour dure, due évidcmmont à la conlracluro du rhomboïde ; au-dosgusdo l'omoplalo, lo Hors moyen du irapèzoconlraclurc'' faisait un relief considérablo. La portion claviculairo du Irapèzo était dans lo relâchement; pondant l'élévation du bras en avant, l'omoplato droite exécutait son niouvenient normal comme du côlc sain. Pas do déviation du racliis ; pas do déformation du thorax.
La ivtractioTi du rhomboïde se reconnaît aux mêmes signes que la contracture de ce muscle, ce qui me dispense de la décrire. (>■pendant, je dois rappeler que l'expérimentation électro-physiologique (l(*montre que la contraction artilicielle du rliond^oïde, et conséqucmment sa rétraction, ne permettent pas à l'humérus d'atteindre la direction horizontale. Dans ce cas, le grand rond retient l'humérus, ot Tacromion s'oppose à son élévation; d'où il résulte que si alors on coupait le grand rond, l'humérus pourrait, il est vrai, s'élever davantage, mais que ce mouvement ne pourrait se iaire sans que la tête se frottât contre l'acromion et lût chassée par lui liors de la cavité giénoide.
Enfin, l'électro-physiologie démontre de la manière la plus évidente que la contraction simultanée du rhomboïdeet du grand rond fixe le bras contre le tronc et un peu en arrière, sans qu'il soit possible de l'en détacher.
II. Diagnostic. — 1° Il existe une attitude du scapulum, occasionnée par l'atrophie de la portion élévatrice du trapèze, qui offre quelque ressemblance avec celle qui est produite par la contracture du rhomboïde (voy. fig. 98, p. 703). La ressemblance entre ces deux affections est encore plus grande, lorsqu'en même temps que les deux portions intérieures du trapèze, le grand dentelé a perdu sa puissance tonique, comme on l'observe, par exemple, consécutivement à l'atrophie musculaire graisseuse progressive. La figure Ik, p. /i6^, représente l'attitude du scapulum qui n'est plus mis en mouvement sur le tronc que par son muscle angulaire. Dans ce cas, le trapèze, les rhomboïdes, les grands dentelés, ont été entièrement détruits par l'atrophie musculaire graisseuse progressive. Si l'on rapproche cette figure7/i de la figure 155, on verra que dans ces faits, si différents quant à la lésion musculaire, chacune de ces figures représente le scapulum à peu près dans la même attitude vicieuse.
coNTiivcrrnr Df iiiioMnoïDK. 887
Dans rcs lî^iiivs, o\\ ofTct, l'anj^^lc infÏTiour do Tomoplalo ost plus élov<» eti)lus rapproolK' de la Vv^uo. nK-dianc; lo bord spinal de cri os n la mviwo direction ()l)li(pi(' de dedans en deliors, et d(! bas en haut.
Voici lienronseinent un signe qui dislingue ces afTeelions en a|)parcnee senihlahles : dans l'atrophie on dans la paralysie des deux tiers inférieurs du trapèze, (ju'elle soit ou non compliquée de la lésion identiquedu grand dentelé, le moignon /le Tf'paule est toujows obnisf^f', tandis que dans ht nnitrarture du rhondjo'ideje nioiffnou de rr/ioufe se trouve an niveau ou au-flessus de sa hauteur normale.
On observe, en outre, dans la eoritracture du ilioniboïde, une tumeur résistante, silui'e entre le bord spinal et la ligne médiane, au niveau du rliomboïih' contracture, tumeur rpii dispaïaît (piand on l'ail porter 1(! bras en avant, ou lorsiju'on abaisse l'angle inlV-ricur du scapulum en appuyant sur lui ; la diiroi'mité occasioniK'e par l'atropliiede la portion élévalrice du trapèze ne prt'senle aucun de ces phénomènes.
2" Le scapulum peut encore aflecter une attitude vicieuse qui présente un peu d'analogie avec celle que l'on observe dans les deux ulTections précédentes (la contracture du rhomboïde et l'atrophie de la portion élévalrice du trapèze): c'est lorsque le sus-épineux est contracture, ou dans certaines ankyloses do l'articulation scapulohumérale. Cependant avec un peu d'attention il est encore facile d'éviter alors une erreur do diagnostic; cardans ces deux derniers cas, les mouvements de l'humérus sur le scapulum sont limités ou quelquefois impossibles; tandis que si ces mômes mouvements sont parfaitement libres, on a certainement affaire à une atrophie de la portion «'lévatrice du trapèze, ou à une contracture du rhomboïde.
3" L'attitude vicieuse que l'omoplate aHecle dans la première pi'riode de la scoliose pourrait éli'iî altribui-e à la contracture du rhomboïde, et cela d'autant plus facilement ([u'à celte période la courbure dorsale du rachis n'a i)as encore (>hangé la direction des apophyses épineuses, qui sont, comme à l'état normal, sur la même ligne. L'anatomie pathologique montre qu'alors les corps des vertèbres seuls ont subi une inclinaison latérale, et ((ue le mouvement de rotation (pie la colonne vert(''brale en éprouve sur son axe déforme le thorax de telle sorte que du coté de la convexih' dorsale ce dernier est voûté en arrière et aplati en avant, et vice versn pour le c(Mé opposé. C'est cette voussure postérieure du thorax qui change l'allilude de l'iunoplate. On en voit un exemple dans la ligure \')1.
SS}> SPASMKS.
OnsRRVATioN (T.IV. — I.a fif^uro 157 riipn'scnln uno jeuno fille, *il'<'(' flo quin/o ans, dont rt''j)aulo droite s'était ainsi déforuK'Hî progrosHivciiM'iil en un an, sans cause connue, sans (lu'ello eût jamais éprouvé la nioiridn? douleur, ni la moindre géno dans les niouvemonls du membre supérieur de ce côté. Son thorax présentait à droite et un arrière une voussure due ii la déformation des côtes, et qui soulevait son omo[)lale droite dont l'anf^lo inférieur était beaucoup plus saillant et plus élevé cpic celui do l'autre côté. lui avant et à droite, le thorax était au contraire aplati. I.o côté gauche du thorax était aplati en arrière et bombé en avant. Le sein gauche était plus rapproché de l'aisselle que le sein droit. En dedans du bord spinal du scapulum il n'existait aucun relief qui annonçât une contracture musculaire ; enfin son liane droit était plus creux que celui du côté opposé.
A reiiseinl)lo de cc^s signes on ne saurait méeoiuiaîli'e ([ue le changement d'allitude de l'omoplate était orcasionné par la délornialion du thorax, eonsécutivenient à la courbure latérale du rachis et jion à la contracture du rhomboïde.