C. — Contracture du trapèze
ï. Portion inoyemxe. — S'il n'existait pas déjà dans la science des exemples de contracture de la portion moyenne du trapèze, on en trouverait certainement les signes dans la relation des expériences électro-physiologiques c[ue j'ai faites sur ce faisceau musculaire. En effet, élévation du moignon de l'épaule, direction un peu oblique de dedans en dehors et de haut en bas de l'épine du scapulum qui est plus rapprocliée de la ligne médiane, écartement de l'angle intérieur de cet os de la ligne médiane (voy. fig. 158), corde musculaire résistante au niveau de la portion moyenne du trapèze, direction de la clavicule plus oblique de dedans en dehors et de bas en haut (voy. fig. 159), tels sont les caractères principaux de la contracture du trapèze.
Mais ce n'est là que le premier degré de cette maladie ; car lorsque le faisceau moyen du trapèze est plus contracture, aux phénomènes que je viens d'exposer s'ajoute l'élévation en masse du scapulum, comme dans la figure 158.
Je n'insiste pas sur cette espèce de contracture qui est très connue, et qui a été décrite sous le nom inexact de contracture de la partie supérieure du trapèze.
Par cette dernière dénomination, on a voulu comprendre avec la contracture de la portion moyenne du trapèze celle de la portion claviculaire de ce muscle, et cependant on ne trouve, dans les exemples qui en ont été rapportés, aucun des signes quiappar-
CONTUACTIHIE I)C TilAl'hZK. KS9
tiennent à celle dernière all^.'Clion, sij^nes «Mahlis par rcxpéiiniciilation éleclro-pliysioloj^iciue.
II. Portion rliwicnlfurc. — La poiHon clavicnliiiiT' du liMpèzc, ai-je dit, incline la tèl<! du C(Hé cxcilé et un peu en ai rij-rc, ijciidant qu'elle lui inipiiiiic un niouveinenl (h; rolalion pai" l(.'(pi(l le iiicnloii est tourné du c(Ut' ()[)p()S(''.
('es signes de la coiili-aclui^; ai'liliciclle de la pDition claviciilairo du trapèze 3C i'eti\)iivent d.ins un lail de conlraeture palliolo^iipjp
FlG. 158.
FiG. 159.
de cette même portion musculaire, que j'ai conmnini(iué en 1S52 à la Société de médecine de Paris. Voici l'observation de cette contracture ([ui a été rédigée en partie par le père de la jeune malade, praticien distingué de Paris.
Oiîsi-.RVATioN CCV. — « Mademoiselle X.. ., â;,H'e de Iroize ans el demi, d'iino bonne constilulion, non réglce, n'avait jamais ou de rhiimalisme, ni d'alVectinn nerveuse ou ronvulsive, lorsque débuta la maladie suivante, qui se déclara au milieu d'une santé parfaite.
({ V.n septembre 18,"jl, elle resta exposée à un froid assez vif, et dès le lendemain il survint un torticolis avec roideur des muscles postérieurs du cou, et une léfrère an^^ine lonsillaire. F/affection paraissait entièrement guérie, lorsque quinze jours après le début, cette jeune personne retourna à sa pension, à quinze lieues de Paris. Mais là, à la suite d'un nouveau
890 SPASMFS.
rofroidijîsonKMil, \o tnrlirolis ro|innil cl fui (•(msidnr (xinlaiu (|uc!(|mi» lomps cninmo iino .'ilVcclion (\o. \h'\\ d iiiiporliiiicc, Co n'oslqiuî lorsqu'on \il |»» my| porsislor iino l'on rojnnuMu;;) à s'en pri'ornqjpr ; dos ri'Viilsifs cxlornos cl dos poniinndos ri'soliilivos ftironl mis on usn;:o, ol. les mouvcmont» do la lôl(î no rovinreiil qiio très inronipir'leinrnl : in n(»\ion rti avant cl la rotation sur ^on axo en dehors à droite étaient tout à fait iini)Ossil)lcs. Tel était l'étal do la malade lorsqu'elle revint à Paris, deux mois après le début do la rechute, t|ui date aujourd'hui do treize mois. A son iirrivée, la lélo était inclinée à droite vers l'épaule, cl un peu en arrière vers le scapulum du môme côté; elle ne pouvait qu'à "poinn la l)aisser (mi av;inl et nullement l'incliner latéralement à droite, et ces tentatives de mouvements provoquaient des douleurs très vives dans la partie postérieure du cou, vers les attaches supérieures du trapèze droit. Le déj)lacemenlde la léto par inclinaison était alors le seul qu'elle |)résentAt; la colonne cervicale conservait sa rectitude, et les omoplates et les épaules un môme niveau. Pendant plusieurs mois, des vésicatoircs volants, promei:és sur la partie postérieure du cou, des frictions belladonisées, puis deux fumigations de vapeur, ne produisirent qu'une amélioration légère: la tête put s'incliner davantage en avant, mais non se tourner en dehors. Il y a quelques mois, je m'aperçus d'une déviation de l'axe du cou qui s'inclina à gauche, comme pour conlre-balancer le déplacement du centre de gravité do la tète inclinée à droite. Des glandes assez nond)reuses et peu volumineuses s'étaient développées sur les parties latérales du cou ; le trapèze restait roide, mais comme je ne voyais pas le sterno-mastoidien gauche se contract-er, et qu'il n'avait qu'un très petit volume, je crus à une atrophie de ce muscle, et pendant trois semaines je l'éleclrisai avec l'appareil à relation de M. Duchenne (de Boulogne). Une amélioration momentanée suivait chaque électrisalion ; mais la tôle, au lieu de s'incliner à droite, ne pouvait que s'incliner vers l'épaule correspondante ; du reste, le sterno-mastoïdien gauche fut évidemment plus développé après le traitement électrique, et son tendon sternal ne fit aucune saillie sous la peau qu'à partir do ce moment ; jamais à droite le sterno-masioïdien ne produit un relief semblable. »
» Il y a deux mois, quelques symptômes de chlorose nécessitèrent l'emploi de ferrugineux ; les glandes disparurent, et la malade était depuis dans l'état où vous l'avez vue lors de votre première consultation, le 5 du mois courant. »
Lors(p.ie je vis mademoiselle X... pour la première fois, son état était absoUimeiit le même que celui qui vient d'être si bien décrit par mon honorable confrère.
L'attitude vicieuse de la tête (voy. fig. 160), et l'impossibilité de la faire tourner de gauche à dixnte, dépendaient évidemment de la
(;()NTU.v<:ti'iie i>i' tuaim:/k.
portion claviculairc du tr;i|)(7.('
(Iniil 011 vovail lu
coMlracliirc de la
corde tendue, et dont on sentait la résistance.
La saillie <lu st(»riK)-mastoïdien (|ui existait du côlr (^audie pouvait être artilicielleinent produite du (MUé droit, où le muscle homologue était liabituellenicut dans le relâchement, eu portant la téteen mass(» de gauclie à droite, sans lui iniprimer de inouvenu'ut rolaloire, et do manière à placer lii verticale de la tête à droite do la verticale du troue ; alors le sterno-mastoidien {^auelie
tombait dans le relâchement et n'était plus en relief. Si ensuite on plaçait la verticale de la tête
sur le même plan que celle du tronc, les deux sterno-mastoïdiens faisaient une saillie égale do chaque côté.
11 était donc bien évident que la saillie habituelle du sternomastoïdien gauche que l'on remarquait chez notre jeune malade dépendait du déplacement en masse de la tète à gauche, déplacement qui s'était produit, ainsi (pie l'a fait judicieusement remarquer le pèi'e de la jeune fille, connnc pour contre-balancer le déplacement du centre de gravité de la léle inclinée à droite.
Et d'ailleurs, il suffit de la moindre attention pour reconnaître les signes qui distinguent le torticolis de la portion claviculairc du trapèze de celui du sterno-mastonlien. Dans le premier, la tèle est penchée en arrière et du côté contracture, elle tourne sur son axe et du cùU\ opposé, et le faisceau de la i)ortion claviculairc du trapèze du même côté forme une corde temlue sous la peau, tandis (pie les sterno-mastoïdiens sont dans le relâchement (1); dans le second, la tète tourne aussi sur son axe et du côt('' opposé à la contracture du sterno-mastoïdicn, mais elle s'incline avant et latéralement, et le sterno-mastoïdicn lait un relief considérable du côt«'' incliné.
Enfin, si la contracture avait envahi le tiers moyeu du tr.ipèze,
(i) La fiijuro IGO ne iepr(^scnt(^ pas exactement la tt'nsion de la portion clavirniaire »ln trapè/r.
892 SPA^MKS.
IV'naillc cÙl «'It' plus clcvic «pic du nWr oppox', ce (|iii n'cxishiil pas clic/, matlciiioix'llc X... (1).
111. I^ortion iufrriemr. — La (oiiliactiirc Ai' la pnrlimi inlV-iiciircî (lu trapc/.c cl des lil)rcs i\i' ce i\\\iM'\r. (pii s'allaclicnl a la m()ili<'; inlcriK' (le {'('pinc du scapiduiii doit ('l!*' caracU'risi'c |);(r Ir rapprocliiMUcnl du hord spinal du scajuduni (\c la li;;iic lucdiaiic, cl par uu \v'^OY abaisscnuMit t\r l'angle iutciiic de cet os. L'cpiue du sca- ])uluiii et le l)()rd spiual de cel os u'oiiL plus leur direction normale: l;i piemière est j)lus oliTupie de; dedans en dehors et de bas en haut; le second est [)lus oblicpie d» haut en l)as et de dedans en dehors. Mais, n'ayant pas encore eu l'occasion d'ol)servei' cette contracture palhologi(iue, je dois avouer (pie je tire ces signes diagnosti(iues (le l'expérinientation ('Ici tro-physiologiciue, en ajoutant (pie je n'en suis pas moins confiant dans leur exactitude.
I). — Contracluro du spk^nius.
borscjue l'on place les rhéophores d'un appareil d'induction à hitermittences rapides sur l'un des splénius, au niveau du point où il est sous-cutané, la tète tourne de son côté en se renversant en ar- Yiève. — Au moment de la contraction on voit, à la partie postérieure du cou et du côté excité, la peau attirée de bas en haut et former (|uel(iuos plis vers l'attache supérieure de ce nmscle. — Si les deux splénius sont faradisés simultanément, la tète est renvers(';e directement en arrière, et la peau de la partie postérieure du cou forme plusieurs plis transversaux au-dessous de la nuque.
Grâce à la connaissance de ces phénomènes électro-physiologiques, j'ai pu diagnostiquer la première contracture du splénius qui s'est olferte à mon observation, et établir les signes qui la différencient des autres contractures de la même région.
Inclinaison de la tête en arrière et du côté contracture (voy. la fig. 161, — l'observation du sujet représenté dans cette figure sera relatée bientôt); gonflement et durcissement du splénius, sensible au toucher, dans son tiers supérieur: tels sont les signes que j'ai observés constamment dans une dizaine de cas de contracture du splénius.
La contracture du splénius (fig. IGl) offre, il est vrai, quelque point de ressemblance avec la contracture de la portion claviculaire du trapèze (fig. 160). Dans les deux cas, eu effet, la tête est inclinée
(1) Cette jeune personne a été guérie par la faradisatiou localisée dans le faisceau claviculaire du trapèze du c<Jtc opposé. Je reviendrai sur ce fait thérapeutique.
CONTHACnilK DU DKI/K >lDK. N9;;
en iii'i'iri'c (1 (lu côli' coiifiMcliif»'' ; in.iis la piv'iiiicrc la (((iiliachiic (lu snl(';Miiis) s(! (listini^iu; (le la seconde! en va (\\ù'\\i^ lait tounici- la l(Ho (l(j son (:ol('' (1), tandis (jiie dans laiitro la t(Mo tourne sur son axe du (-ÙU) {)\)\n)M) ;• la conti'acture. .l'ajoutciai (ju*; la diiïért'nce des rclicls musculaires suffirait pour distinguer ces deux contractures l'une de l'autre.
La contracture du slerno cléido-niastoïdien, de nu^me que celle du sphMiius, incline la tète de son côté. Mais dans la première la tète est pencli(»e en avant et la tète tourne du côté opposé, tandis (pielle est renversée en arrière dans la seconde et tourne du côté contracture. Est-il besoin de dire rpie chacune de ces contractures se distingue de l'autre par le relief et la dureté du muscle contracture?
Une fois seulement, il m'a paru ([ue la contracture était parfaitement localisée dans le splénius ; car on co!n[>reud (pie je ne saurais dire si les })etits muscles rotateurs de la tète (jui sont profonth'ment situés, étaient ou non conlraclurés. Quehpiefois, ou l'an-^ulaire de l'omoplate, ou la portion élevatric e du trapèze, ou le deltoïde, (îtc, étaient en même temps C()nlractur(''s simultan(''ment du même côté. Alors les signes ([ui caractérisent ces contractures s'ajoutaient à ceux ((ui sont [)ropres à la contracture du splénius.
Forcé d'abréger cet article, je ne rapporte i)as ici les faits iult':ressants de contracture; du splénius (pie j'ai recuediis. Je nVn relaterai (pi'un cas, en traitant tle l'éleclro-thérapie des contractures.
E. — CoiilracUiro du (Iclloidc.
(Ml savait fpie le deltoïde est l'agent princij)al de lelev.itinii du bras; on savait (ju'en faisant mouvoir celui-ci sur lesLapulum. il en
(I) Si celle figure I (il avait ('II* (IcssiiR'c de face conune pour la ligure 1^8, on verrait (^ue la ihQ est touriK'e à droite.
.S«)/| Sl'AMIKS.
prodiiil IV'c.ii Iniiciil (lu lioiic (Hi en (l<'lior,s avec mui |ici^ moyen, (iii (Il a\.iiit et «'Il (Iclaiis avec, .-on lirrs aiilci'icur, ou m arri«'ru cl cil dedans avt'f son lii'i's |iosli'ri('iii' ; lllai^ on i^Miorinl ^\\\^• la con- Iraclion isoU'c de n- niux'lc oi'odiiil (\{"^ (h'sordi'es cijnsidcralilcs dans l'alliludu do l'unioplalc.
Voici, vn t'IVc't, ce (juc uioiilr»; rc\[»(Minuîiilali()n cIccli'o-pliN ^lolo-
yi(lU('.
IV'ndaut que le nicnihro siipiTicnrcst ccarli' du tronc jjar la con-
Iraclion is(»|('c du (Itdtoldc, il |)('sc (le tout son poids sur l'angle externe du scapuluin, lait exécuter à celui-ci deux mouvements: 1" un mouvement de bascule, par le([uel l'acroniioii est déprimé, tandis que l'angle intérieur B, fig.162, s'élève et se rap[)roclie de la ligne médiane; 2° un mouvement de rotation sur un axe vertical fictif j)lacé au niveau de l'angle externe, mouvement(|ui éloigne son bord spinal du thorax. Entre ce bord spinal et le point correspondant du thorax, on voit se l'ormer une gouttière i)lus ou moins profonde.
Puisque cette action perturbatrice du deltoïde sur l'attitude de l'omoplate était ignorée avant mes recherches électrophvsiologiciues , il n'est pas FiG. 1(>2. - Mouvement pathologique du étonnant (juc la contracture de scapulurn droit occasionne par la para- ' i a i
lysic du grand dentelé, pendant Télé- Ce muscle, OU plutOt le tnecavation du liras. — Même mouvement nismc ct la cause des désordres anormal du scapulurn gauche par l'exci- -, , ^, ^^casioune aient
tation électrique du deltoïde gauche, i >■
été également méconnus; la
description de la contracture du deltoïde était donc encore à faire, j'ai observé un cas do contracture en masse de tout le deltoïde. Le bras était constamment écarté du tronc, en dehors, et le scapulurn ofïVait l'attitude vicieuse que l'on produit artificiellement par la faradisation de ce muscle, comme je l'ai décrite et représentée ci-dessus dans la figure 162. Le sujet pouvait rapprocher l'humérus
co.NTUACiruli iji; DKi.nuoi;. s<j.j
(lu troue, piii' la coulracrKm de la iinrlioii cxlrrin' du i^raiid d(tr.^al cl (l{j la [)()rrK)U iidciicurti du ^Maiid iJccloial, saus louleloiN l'appli- (jucr cuJitro lui. Alors on voyait l'an^k; iulV-rifur du scapuluui so rapprocher (hivanla{;(; de la li«^iie iiicdiauc, laudis (pie S(jn angle externe s'abaissait. S'il devait le bras eu avant, le scapuluin reprenait à l'instant son attitude normale, c'est-à-dire ([ue son bord spinal s'ap[)li(juait contre le thorax; puis cet os exécutait le niouvenient de bascule (|ue l'on observe dans le second temps de l éh*vation du bras (r(''hjvalion au-dessus de la li-^ne liori/oiitale); sou angle interne ('tait attir»* en avant et en thîhors pendant (pie son angle externe s'(''levait, et cela gràe(î à l'action du ^l'aiid denteh; (lui se contracte toujours synergi([uement avec le deltoïde pour produire réhnation volontaire du bras.
Sans aucun doute la contracture du deltoïde doit être rarement aussi limit(îe.
Oiisr.iivATiUiN CCVI. — Jo l'ai vue rticemnicnl coexister avec une? contracluro du sous-scapulaire, chez une jeune fillo âg(30 do neuf ans, pour huiuelle j'ai été consulté», ainsi que M. Bouvier. La contracturo du deltoïde était localisée dans le tiers antérieur de ce muscle ; il en résultait que le bnis était porté en dehors et en avant, et ne pouvait être rapproché du tronc. Cette contracture était modérée; l'attitude du scapulum n'en était pas considérablement troublée. Cependant le bord s[)inal do l'omoplate était écarté du thorax à peu près de 2 centimètres, de manière que la peau s'enfonçait dans leur intervalle on l'ormant une petite gouttière, et son angle interne était plus rapproché de la ligne médiane. Cette attitude vicieuse de l'omoplale qui est roprésenléo dans la figure 163, et qui est produite par un (h^gré moyen de contracture du tiers antérieur du deltoïde, on peut donner une idée as.scz
exacte, linfin l'humérus était fortement maintenu dans la rotation en dedans; ce qui démontrerait l'existence d'une contracture du sous-sca|uilairo. La rotation do l'humérus en dedans augmentait le mouvement d'iibduction du coude.
L'atrophie du grand denteU'; imprime à l'omoplalo, pendant l'élévation tlu bras, un mouvement [)athologi(pie semblable à celui (pii est i)roduit [)ar la coniraclure du deltoïde. 11 ne pouvait en être
Miitrciiicnt, car dans ri\ti'o|ilnc du ;:i-aii(l (Icntclc le dcItoKic se (tmitiaclc ivolfiiiciil (vont/ à la |tai;(' lOi), l'cxplicalioii de ce \':\\[ |)alli()l(i|^i(|ur). Malf^Mc ce |i(»ii!l de rcsscudtlaiicc, on ne smi'ail ciinrinidrc ( es deux allt'cliniis dillcrciilcs, car dans l'alioidiic dn ^'land dcnlfhla ddonnation de l'omoplate n'apparaît (pu! pendant rdr-vatioii du luiis, tandis (|\i(' dans la conlracturr elle existe an repos musculaire cl dispaiait ou diminue pendant l'élévation du hias. On constate vu outre, à l'exploration (''le(Uri(pu', l'intc-^M'itt' du j^iand deiitel<'.
1'. — Contrnrliirc du lon^ |)éroni(T laltiral, ou pied croux v,'ilf;us par coiilradurc (Ju loiiji pcronici latéral (pied hot non encore déeril).
Le jour où [)oui' la première lois j'ai mis en conlractiou continue le long péronier latéral à l'aide de la laradisation localisée, j'ai découvert cpi'il devait exister en pulholoi>ie une espèce de pied creux valgus par contracture de ce muscle, pied bot non encore décrit. Qu'on relise, en effet, dans mon mémoire publié en 1856, la relation de mes expériences électro-pbysiologifpies sur l'action propre du long jjéionier latéral, dans les Archives (jôiu'ralcsdc luf'-dt'ciuo^ et l'on y trouvera la descrii)tion exacte des symptômes observés dans les faits patliologiques (pie j'ai recueillis un an plus tard.
Symptômes. — Ayant longuement décrit dans le travail citéci-dessus et ayant résumé précédemment i chap. XIX, art. ui, p. 799) le mécanisme des mouvements articulaires du bord interne de l'avant- pied et de Tarticulatiou calcauéo-astragalienne, mouvements propres à l'action du long péronier latéral , il sera facile de comprendre la genèse de l'espèce de pied creux valgus dont on trouvera les symptômes dans l'observation suivante.
Observation CCVII. — Pied creux valgus par contracture du long ipéronicr
latéral.
En mai 1847, Eugénie Diekman, demeurant rue du Faubourg-Poissonnière, 84, a été affectée, h l'âge de neuf ans, de mouvements choréiques légers du côté gauche, dont elle a été guérie en vingt jours parla gymnasli([ue. Ses parents remarquèrent alors que son pied déviait et tournait un peu en dehors. Comme elle n'en éprouvait ni douleur ni gêne dans la marche, ils n'y attachèrent d'abord aucune importance. Cependant la déformation du pied saggravant progressivement, ils se décidèrent enfin, en mai 1858, à la conduire à la consultation de M. Bouvier, à l'hôpital des Enfants, rue de Sèvres. Mon honorable confrère voulut bien me l'adresser immédiatement, et je pus ainsi constater chez elle l'existence d'un pied
COMKACTlhK IH Lu.N<i II lUJMEK 1-AlElUi.. 897
creux viilgus |»nr conlr.niiirLMlii lon^' piMonier lal(^ral. En V(»ici Il'> piiiuipaux caruclùrc-,
1'* La voùkî phmtjii .' (^iij-;. I ù i) Ll;iii beaucoup plus pron()iM;ru (pKî (Jii cuU; vsain, par U) fail du l'abaisscinciU des (liHùrciiU'a pièces oaseuses (jui toni-LitiieiiL le boid iiilorne de ravanl-[)ied ; la Ilècho de sa courbe inesurail '^ ceiilimèlres el I à 2 inilliinelies. Le dianièlre transversal de l'avanl-pied (lig. IGo) avait diniiiuié d'un denii-cenlinièlre, au niveau do la lôlo des niétaiarsiens; cel avanlpied avait éprouvé un nioiiveinenl de torsion sur l'anière-piod, et l'on voyait à sa face plantaire des plis cutanés obliques de dedans en dehors et d'arrière en avant. Le pied était repver.-é en dehors sur son bord interne (voy . la lig. 1 67) , et son extri'milé antérieure était (fi' tournée en dehors. Ce mouvement d'abduction du pied, qui s'était passé dans l'articulation calcanéo-astragaliennc, avait conséquemment fait saillir considérablement la malléole interne. En
TiG. 1G4.
examinant le pied, pendant qu'il est suspendu et au repos, l'extrémité antérieure du bord externe de l'avanl-pied était plus élevée que la saillie sous-métatarsienne (le 3 centimètres et demi à 4 centimètres. Celte élévation était le résultat de l'abaissement de la tète du premier métatarsien au-dessous des autres métatarsiens et de la rotation du pied sur son bord interne, dans l'articulation sous-astragalienne. Le talon n'était plus dans Taxe de la jambe ; il avait une direction oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Le tendon du lonj.^ j-éronier latéral était saillant au-dessus de la malléole externe (voyez la figure 1 6!)), et rab>ence de tension du court péronier, à son attache au dernier métatarsien, me permettait de dia^::no^tulue^ la contracture isolée de ce muscle. Je faradisai, en etîet, le court [)éronier, et à l'instant je sentis sous mon doigt le tendon de ce muscle ?e soulever et se tendre, ce qui conlirmail le diagnostic précédent. L,\ marche, la station prolongée et môme le saut ne ])rovoquaient point de douleur; celle-ci ne se faisait sentir (jue lorsque l'on voulait raiiu-ner le pied à sa position normale. Le long jiéronier s'o[)posait d'ailleurs a ces efforts de réduction.
Je songeai à expérimenter, dans ce cas, un moded<' iraileuient électrique (juej'ai institué, depuis plusieurs années, contre les contractures idiopathiuLcmi^l^L. 57
sus SI'ASMKS.
(jii(<-^ locak'S, cl qui t'sl passô dans la praliiiuu : jo veux parler do la faradis.iliondu luusclti anla^'oiiislo au inusclocoulraclun"! chez ma malade. J étais encourajj;é à lairc crllo lenlalivo par la connaisbanco d un cab de guérison
FiG. iGG.
du long péronier latéral, obtenue par M. Debout, en faradisant lejambier antérieur dans un cas semblable. En quelques séances, la contracture du
FiG. 1G8.
long péronier latéral avait disparu ; la courbe de la voûte plantaire avait diminué, et cependant le pied avait conservé son attitude de valgus. On sen-
coNTRAcrnu; m long piîromkh [atkkai.. 809
ttiil (juc le long péroiiicr no s'opposait i)lus ù la réduction . Certain des lors (juo la rési.-laiico à cette réduction venait seulement d anciennes brides qui avaient dû >e former pendant les deux années où le pied était resté dans cette altitude vicieuse, je rompis brusquement ces brides en j)esant sur lo membre en sens contraire du valgus, et la réduction fut immédiate et œmplète. Cette réduction très douloureuse fut maintenue par lo sim[)le bandage (jue javais aj)pli(juc antérieurement avec succès a])rès la réduction d'un
FiG. Ki'J.
FiG. 170.
pied platvalgus (voy. l'observation CXCVII). Huit ou dix jours après être restée en repos et ayant conservé ce simple bandage, Eugénie Dieknuin était complètement guérie, comme le prouvent les ligures '1 6G, 1 68 et 1 70, qui ont été dessinées d'après son plâtre.
On v«/it donc, dans ce l'ait pathoIogi(|uc, ([uc la contracture du long péronier produit nécessairement l'exagération de la voûte plantaire en même temps (pie le valgus ; ce que, du reste, l'expérience électro-pliysiologiciue avait déjà démontré.
On remarque encore que ce valgus, ([uoique des plus prononcés et datant de deux ans, n'a jamais provoqué de douleur ; qu'il n'a pas même occasionné le plus léger trouble dans la marche. Ce tait me semblerait démontrer que ces douleurs siégeant au niveau de la partie antérieure et externe de l'articulation sous-astragalicnne ne sont pas produites par le valgus, mais bien plutôt par l'écrasement de certains points {\v<> surfaces de cette articulation sousastragaliennc sur la((uelle porte, ainsi (jue j'en ai donné l'explication, dans l'étude du pied plat valgus douloureux, tout le poids du
!)00 .s|'A>MKS.
corps, |)(Mi(lîiiil la sl.ilinii. ()i\ cet (■ciasrmciil ne jumiI avoir lien dans le pied creux v.ili^iis j);u' coiiliacliiic du loii;; piTonici-, car alors le pii'd reposant sur son point iioiiiial ^le talon et la saillie sous-inelalarsienne), le])oi(ls(lu (i)i'ps et la l'c.si^tanei! du sol exercent piMMcipalement leni' action sni* rartienlalinii tihio-tai'sieinie.
(Jue l'on ne eioie |»as eejx'iidant (pie le j)ie(l creux val^Mispnr cnntracture du lon^ peroniei' l.itt'ral soit toujours indolent. Tout récennnent, M. liouvier m'en a fait observer un (tas dans l(M|uel l'abduction étant telle (pie le pied rej)osait principalenienl sur la lace interne du scai)lioi(le, la peau était devenue dans ce point très douloureuse à la pression ; ce ([ui eni})(}chait le sujet de se tenir debout ou de marcher. Dans deux autres cas, j'ai observé (ju'il existait des douleurs rliuinatoides (pii me paraissaient è[iv. la cause de la contraclure et (pii an^^uientaient par la marche.
l)(}siranl abréger autant que possible cette étude sur le pied creux vali-us pal' contracture du long péronier latéral, je n'exposerai [►as d'autres laits anaktj^ues à celui ({ue je viens de relater et (jue j'ai recueillis après lui.
Voici en rt'sumé les sympliunes i)rincipaux (jue j'ai observ(''S dans tous ces faits, et qui caractérisent le pied creux valgus par contracture du long péronier latéral : 1" abaissement de la saillie sous-métatarsienne et augineiilation de la voûte plantaire (voy. la fig. 16'i) ; T diminution du diamètre transverbe de l'avant-pied, au niveau des tètes des métatarsiens et torsion de l'avant-pied sur l'arrièrepied, produisant des plis obliques à la l'ace plantaire (voy. la hg. 105) ; o° mouvement de valgus dans l'articulation calcanéo-aslragaliemie (voy. la lig. 167); W saillie du tendon du long ptîronier latéral audessus delà malh'ole externe (voy. la lig. 169); 5" enfin la contracture du court })éronier et du long extenseur des orteils complique quelquefois la contracture du long péronier latéral.
Diagnostic. — Le diagnostic de la contracture du long péronier est certes des plus l'aciles, et cependant on pourrait, si l'on n'y prenait garde, confondre la déformation du piecl qu'elle produit avec une affection toute contraire: le pied plat valgus. On se contente en effet, généralement, d'examiner les sujets affectés de ces espèces de valgus dans la station debout ou pendant la marche. Alors, comme dans la contracture (lu long péronier latéral, le bord interne du pied semble toucher le sol dans toute sa lou-^ueur, parce que le poids du corps et la résistance du sol diminuent la courbure de la voûte plantaire en pressant sur ces deux extrémités, on ne u}anque pas alors de diagnostiquer l'existence d'un pied plat valgus. Si, dans ce cas, on examhie le pied pendant qu'il est suspendu et au
CONTUACTURE DU LUN(i PÉUONIEK LATÉIUf,. 901
ropos musculaire, on rocoimait bien vite, luix signes décrits cidessus, que le i)ie(I plat n'était (|u'ai)[);n(iil ; (pie c'est, au contraire, un pied creux valgusi)ar contracture du loiij,^ péronicr. J'ai vu commettre cett(.' erreur de diaguoslic par des lioinines d'un j^rand savoir, erreur (pi'ils eussent (îvitée si, connaissant les signes propres au pied creux valgus par contracture du loiii,^ pf-ronier latéral, ils eussent été sur leurs gardes.
11 est ressorti des laits (jue j'ai exposés sur les paralysies et sur les contractures des muscles moteurs du pied, (piil existe trois espèces de pied creux : 1" le pied creux par contracture du long pi'--
TiG. 171.
FiG. 172.
renier latéral ; 2° la griffe pied creuxjpar excès d'action des extenseurs des premières phalanges, consécutivement à la paralysie des muscles] interosseux, ilécliisseur et |
adducteur du| gros orteil (voy. la fig. 171) ou|ji la contracture du triceps sural (dans l'écpiiu) (voy. la fig. 172); ?>" le pied creux talus par inflexion de l'avant-pied sur l'arrièrc-pied , consécutiveuïcnt à la paralysie ou à l'atrophit^ du triceps sural (voy. la lig. 17:)). Tous ces pieds creux ont entre eux (piehpu^ ressemblance, et (pioicpie leur genèse soit essentiellement dilh'rente, Kig. 173. ou pourrait, au premier abord, attribuer la voûte plantaire à l'excès d'action du long ^x'ronier hléral. Il est donc nf'cessaire de faire ressortir ici les signes qui distin-
00 'J SPASMKS.
piKMit ]o pird (M'CMX ])nr coiilnichin^ dr» vo. dci'iiirr inimclc, dc^ luitn's espères de pied creux.
Dans la i;rinn pied crriix coiisiMMilivo à la pai'alysic dc^ iiuisch's iiilcrossciix (li^'. 171), addurtcnr et court H/'cliisscur du gros orlnl, dont le mcr,anisme.iétôcxi>li(jU''' ailleurs, la courho delà voùlo plantaire n^sseinhlo à eeliocpu est produite ])ar la coulracture du lo!i{^' péronier latéral (voy. la lij;. 16/»). t)ii comprend (pi'il en doit être ainsi, car l'exagération do cette voûte résulte ici do rabaissement de la tèto du iiremior métatarsien ; seuleuiout les deux, voûtes dirfèrent entre elles par la manière dont elles sont produites. Dans l'ime (fig. 171), la tête du premier métatarsien aété refoulée de haut en bas parlaprcmièrephalangcdugros orteil, subluxée en haut sur le premier métatarsien, tandis que dans l'autre (fig. 10^), c'est le premier métatarsien qui est mis en mouvement de haut en bas dans son articulation avec le premier cunéiforme. Mais la direction des forces qui, dans ces doux cas, motteni le premier métatarsien en mouvement, est différente, et permet d'en établir le diagnostic différentiel. Ainsi l'une agit directement en bas et ne meut que le premier métatarsien dont elle déprinie la tète ; l'autre agit, en outre, obli(piement de dedans en dehors sur cet os; de sorte qu'en abaissant ce dernier, ainsi que les autres os du bord interne de l'avant-pied, elle diminue le diamètre transversal de l'avant-pied et place le pied dans l'abduction (voy. la fig. 16/*). Ces mouvements obliques en dehors distinguent le pied creux par contracture du long péronier latéral, de la griffe pied creux consécutive à la paralysie des muscles interosseux, adducteur et court fléchisseur du gros orteil. Enfin, on n'observe pas, dans le premier, la griffe des orteils, ni, dans la seconde, la saillie tendineuse du long péronier latéral.
Personne ne confondra la contracture du long péronier latéral avec celle du triceps sural. Celle-ci (fig. 172) se distingue de la première par l'équinisme, par la résistance du tendon d'Achille à la flexion du pied sur la jambe, et par l'absence des signes qui sont propres à l'autre contracture. On sait que la griffe pied creux consécutive à l'équin n'est pas produite par la contracture du long péronier. J'ai aussi expliqué ailleurs (cliap. VII, art. m, § 5) le mécanisme de cette espèce de griffe pied creux; j'y renvoie le lecteur.
Lorsque l'équin a été réduit par la ténotomie ou à l'aide de moyens mécaniques, la griffe pied creux persiste encore, parce que les tissus qui environnent l'articulation déformée (ligaments, muscles) s'étant accommodés à l'attitude pathologique longtemps conservée, se sont rétractés dans le sens de la flexion et allongés dans le sens contraire. Cette griffe se distingue encore du pied creux par contracture du
CONTHACTinE DI' LONG PKRON'irH I.ATKKM.. 905
long p(''roni('r, par ra!)S('nc(; do l'alxliictioti du pird, di; la saillie; du toiidon du loui; p^Tonier au-dossus do la nmllôole et do la torsion i\v ravant[)iod sur ran'iorr-iticd, ((tus si'jMics rpii ^«uii pi-nprc^ à cette dernière contracture.
Conséculivciueiit à la paralysie ou à l'alropliie du trice[)s surai, le talon s'abaisse proyressiv(Mnent, et en même temps l'avaiit-pied s'infléchit sur l'arrière-pied, dans l'articulation médio-tarsienne. Le pied creux talus ^pii en résulte ne saurait être confondu avec le pied creux par contracture du long péronier latéral; il s'en distingue par la chute du talon, par l'impossibilité ou la difticulté d'étendre le pied dans l'articulation tibio-larsienne, ou de faire saillir le tendon d'Achille par un effort d'extension du pied.
Lorsque la contractui'e du long péronier latéral survient chez un sujet déjà affecté d'un pied plat congénital, ses signes diagnosti(iues diffèrent un peu de ceux que j'ai exposés et sont ])eaucoup moins prononcés; cependant ils ne peuvent échapper à un observateur attentif. J'ai eu occasion de les observer dans le fait suivant.
Observation CCVIIl. — En 1853, un jeune homme, ôgédevingtotun ans, et présentant un double pied plat congénital, est entré à l'hôpital do la Clinique, dans le service do M. Nélaton. pours"y faire traiter, disait'il, d'une foulure du pied droit, qui datait de plusieurs semaines et qui l'empêchait do marcher. Du côté droit, au niveau de l'articulation du premier métatarsien avec le premier cunéiforme et sur la faco dorsale, la peau était rouge, gonflée et très douloureuse au toucher. La douleur, ainsi que la petite tumeur et le gonflement qui entouraient l'articulation du premier métatarsien et du premier cunéiforme, avait augmenté progressivement. Dans ce point, le premier métatarsien était subluxé en bas sur le premier cunéiforme dont le bord antérieur et supérieur était saillant d'un demi-centimètre environ audessus du bord supérieur de l'extrémité postérieure du premier métatarsien. L'extrémité antérieure de ce dernier était conséquemment beaucoup plus abaissée que du côté opposé. Lorsque l'on cherchait à relever cet os, on provoquait uno vive douleur dans son articulation avec le premier cunéiforme, et l'on sentait alors une résistance très grande opposée par le long péronier latéral, dont le talon saillant au-dessus de la malléole externe s'étendait encore davantage pendant ces efforts. Le pied était aussi dans l'attitude du valgus, et les efforts de réduction que ion exerçait sur lui tendaient tr»>s fortement le tendon du long péronier, et provoquaient de la don. leur dans l'articulation du premier métatarsien avec le premier cunéiforme. — Le tendon du long péronier a été ténotomisé. Après cette opération, le valgus a été réduit, et l'on a pu relever le premier métatarsien dans son articulation avec le premier cunéiforme. Quanta la douleur de cette articula-
OOa SPASMES.
tion ol (lu p(.inl do la peau ^ui était soiilovùo par le bord aniéricur pl supt^-
rieur du prrmirr ciiiiôifoiine, ello a cédé assez vilo à di'S applicaii'n- d<>
cataplasmes.
Mm somme, une e()iili'aetiire du loiii: pi-innier laltTal dut/, un adulte alTect«î de i>ied plat cou{^'énital |hmiI ahiùsM-r pro^ressive-r ment le premier rniHalarsieu, (ju'elh^ siddiixe sur le premier <'Un«''il"oi'me. Mais conuncî les liiiamenls dorniux des autres aitieidatioiîs du i.oi'd interne du [)ied suit it'ti'aetés, eos dernières articulations résistent à l'action du loni; péronier; celle du premier métatarsien avec le piemier cunéilorme, sur lacpielhî ce muscle n'^\t plu? rapidement, est la seule (pu alors cède à la contracture de ce muscle. Par le fait du tiraillement r[u'ellc éprouve, cette articulation devient douloureuse et s'endamme, ainsi (pie la ])eau qui l'entoure, et bientôt le malade ne peut plus supporter la chaussure ni appuyer sur ce pied. Le pied n'est plus plat, puisque la saillie sousmétatarsienne est abaissée par la contracture du long péronier ; mais cet abaissement du premier métatarsien ne produit pas une voûte plantaire?; cet os est comme infléclii à angle aigu sur le i)remier cunéiforme : tels sont les caractères de la contracture du long péronier latéral, chez un sujet déjà alFecté de; pied plat.
Avant le cas de pied creux valgus par contracture du long péronier latéral, dont j'ai relaté l'observation (obs. CCVII), j'en avais observé plusieurs autres analogues. — Tout récemment, M. i>artlieza soumis à mon diagnostic un jeune garçon nommé Charles, couché au n" ti de la salle Saint-Jean, hôpital Sainte-Eugénie, et qui présentait aussi un pied creux valgus par contracture du long péronier latéral, caractérisé par les mêmes symptômes. (Je signalerai un autre point de ressemblance avec le fait que j'ai relaté, c'est que chez le petit malade de 31. Barthez la contracture est survenue également à la suite de la cliorée.) — Mon ami M. Debout a relaté un cas semblable dans le Bulletin. — Enfin M. Chassaignac a présenté récemment à la Société de chirurgie une jeune fille affectée de pied creux valgus par contracture du long péronier latéral, dont il a pratiqué la ténotomie. 11 est donc probable que le pied creux valgus par contracture du long péronier latéral n'est pas une affection rare, et que l'on a pu jusqu'à présent confondre dans la pratique un assez grand nombre de ces pieds bots avec le pied plat valgus par faiblesse ou par paralysie du long péronier latéral.
CONTBACTUUE DU I)lAl>llUA(iMi:. 90.
(]. — Coiilrafluic du «lia;)liraf:mo.
La roiitraclioli spasniO(li(jiu;('t clonKjiiLMlii (li.i[)lirii^ino produit \(t li()(jiu't ou uiic sorte (rahoicnKîJit ou do s'miplL's s(;(;oJisst;> sans bruit. Ces syiTi|)tonus uo sont (juc rhs ôpiplit^uoiiicnos dt; ditr^-rc^itos aiïectious, et ne pi'ésentent en euxinè.'nes aucune ;^ravil('.
Mais si le s|)asnie du diaphragme est plus eoutijui, la eontLaction (le ee muselé ne durât-elle (lu'une ou deux, minutes, e(i spasme devient évidemment une contracture, et alors on voit si! produire des accidents cpii n'ont [)as encore été décrits, et (pi'il importe d'autant plus de faire connaître, «qu'ils peuvent se terminer ra[)ideinent [»ar la mort.
Je vais essayer d'exposer, aussi fidèlement (jue pos>i])l(.', la série des phénomènes morbides dont j'ai été témoin pendant la contracture du diaphragme.
Si/nf/j(ômes. — A l'instant oii le dia[)liragine se contracture, la moitié intérieure du thorax s'agrandit, surtout transversalement; l'épigastre et leshypochondres se soulèvent; la suiïocation est extrême; le malade essaye, mais vainement, de resserrer la base de son thorax, et de refouler ses poumons de bas en haut, en contractant énergiquement et d'une manière continue ses muscles abdominaux. Les viscères comprimés alors en sens contraire par le diaphragme et par les parois abdominales, s'échappent de chaque coté dans leshypochondres, et augmentent ainsi mécaniquement le diamètre transversal de la base du thorax, déjà agrandie par l'action du diaphragme sur les côtes inférieures. Alors la respiration n'<''tant })lus possible que dans la moitié supérieure de la poitrine, le malade contracte avec la plus grande énergie tous les nuiscles ([ui en produisent la dilatation ; sa tête se renverse; ses épaules s'élèvent, et l'on sent ou plutôt l'on voit se contracter la portion claviculaire des trapèzes, les sterno-mastoïdiens, les sca'ènes, le tiers supérieur des grantls pectoraux, etenlin leï> grands dentelés. La j)oitrine, agrandie notablement dans sa moitié supérieure, revient sur elle-même, par le relàch<Mnent brust[ue de ces nnis<'les. (Vest idnsi (jue s'accomplit la respiration, qui se conq)os(3 d'une inspiration brusque et d'une expiration courte, pendant la dilalation permanente de la moitié inlérieure du thorax, ('es mouvements rt^spiratoires partiels sont d'abord trè's rapprochés, mais bicntcH ils s'alï'aiblissent et se ralentissent ; et alors apparaissent tons les symptômes de l'asphyxie (pi'il est inutile de (h'crii'e. On conçoit (jue si alors ce siuisme c<.>ntinu du diaphragme se prolonge, la mort en est la lin inévitable. — La con-