CI1AP. I. — PAHAL. CONSÉC. AUX LÉSIONS DES SERFS MIXTES
qu'on a vu, dil-on, des paralysies consécutives à des luxations scapulo-humérales guérir spontanément et avec le temps. Dans ces dernières paralysies, les muscles, sans aucun doute, avaient dû perdre très-peu de leur contraclilité électrique, c'est-à-dire que leurs nerfs n'avaient pas été gravement lésés. Mais, quant à Vanbelle, je crois pouvoir affirmer que la temporisation lui eût été fatale ; on en verra la preuve dans les observations que je rapporterai bientôt. Si d'ailleurs, l'action thérapeutique réelle de la faradisation localisée, dans cette espèce de paralysie, n'était pas complètement démontrée, les succès que j'en ai obtenus, dans certains cas analogues, où elle est intervenue très-lard, à une époque où la paralysie et l'atrophie étaient depuis longtemps slationnaires, porteraient dans les esprits la conviction sur l'utilité, je puis dire môme sur la nécessité de l'emploi de cet agent thérapeutique, dans les paralysies consécutives aux lésions traumaliques des nerfs.
Je noierai un dernier phénomène, des plus importants au point de vue thérapeutique et non moins curieux au point de vue scientifique : c'est que, malgré l'absence des contractions électro-musculaires, l'action thérapeutique de la faradisation ne s'en est pas moins manifestée dans les muscles de Vanbelle. Enfin, ces mêmes muscles ont longtemps joui de leurs propriétés principales (de leurs mouvements volontaires, de leur force et de leur nutrition), avant de recouvrer leur aptiludeà se contracter sous l'influence de l'excitation électrique. — Ce fait que j'ai vu se produire dans toutes les paralysies truumatiques des nerfs modifiées par la faradisation localisée se trouvait en opposition avec les idées qui régnaient dans la science ; car on n'aurait jamais prévu qu'un muscle vivant pût ne pas se contracter ou ne se contracter que faiblement par l'excitation électrique, . alors qu'un muscle mort se contracte encore quelques heures après que la vie l'a abandonné. (Je me réserve de traiter spécialement, dans le cours de ce livre, ce curieux phénomène).
Observation XXII. — Sommaire. Paralysie atrophique du membre supéiicw, par lésion traumatique des plexus cervical et Irachial. - Diagnostic différentiel et pronostic déduit, pour chacun des muscles paralysés, de l'état de la contractililé électro-musculaire. — Faradisation localisée, appliquée plusieurs mois après le début; guérison lente dans les muscles qui ont été lésés dans leur contraclilité électrique. (Voir, pour les détails, Éleclrisation local., Ve et 2e édit., obs. VIII.)
Réflexions. — Chez ce malade, tous les muscles qui meuvent le membre supérieur avaient également perdu la faculté de se contracter sous l'influence de la volonté. Un mois après la blessure qui avait occasionné cette paralysie, rien encore ne pouvait faire soupçonner
que les muscles paralyses fussent inégalement affectés, ou, en d'autres termes, que les nerfs qui prennent leur origine dans les plexus cervical et brachial fussent inégalement lésés. C'est la faradisalion localisée qui m'apprit que, en raison de la diminution ou par l'absence de leur contraclilité électrique, le trapèze, le deltoïde, le biceps, le sous-épineux, ou plutôt leurs filets nerveux, étaient seuls gravement lésés, ce qui permit d'établir pour chacun d'eux un diagnostic local et un pronostic différentiel dont l'exactitude fut vérifiée par les résultats thérapeutiques. On a vu, en effet, que les muscles de la main, de Pavant-bras et du bras, ,à l'exception du biceps brachial, ont recouvré promplemenl leurs mouvements; tandis que les autres muscles du membre se sont atrophiés et n'ont éprouvé que lentement l'influence thérapeutique de la faradisalion. Si le malade s'était soumis à ce traitement, pendant un temps suffisant, il n'est pas douteux qu'il n'eût été complètement guéri, et probablement assez rapidement; car les résultats heureux, obtenus en si peu de temps, annonçaient que la lésion des nerfs n'était pas profonde. Enfin on a remarqué, comme dans l'observation XVIII, qu'une sorte d'hypéreslhésie, avec augmentation de la calorificalion, s'est développée sous l'influence de la faradisalion des muscles dont l'irritabilité était diminuée, et que ces phénomènes ont été le signe précurseur du retour des mouvements volontaires.
Observation XX. — Sommaire. Paralysie atrophique du membre supérieur, consécutive à la luxation se apmlo- humer aie en bas et un peu en avant, )>roduite par une chute sur la partie postérieure et supérieure de Vhumèrus, vers le milieu de la région deltoïdienne. — Dingnostic et pronostic différentiels, portés sur le degré de lésion de chacun des muscler paralysés, au moyen de 1 1 faradisalion localisée. — Faradisalion appliquée quelques jours après le début. — Retour rapide des mouvements dans les muscles qui jouissent de leur contraclilité électrique et lent dans ceux qui l'ont perdue. — Le malade est en voie de guérison. (Voir, pour les détails, Èleclrisation local., 2e édit., ohs. IX.)
Celte observation est intéressante, surtout au point de vue du diagnostic et du pronostic qui furent établis avec une grande exactitude pour chacun des muscles paralysés. En effet, ayant fait mon exploration électrique, en présence du professeur Roux et des élèves présents à la visite, j'annonçai immédiatement que, parmi les muscles du membre qui paraissaient également frappés de paralysie, un certain nombre recouvreraient leurs mouvements spontanément, mais plus rapidement par l'excitation faradique, et que ces muscles étaient ceux qui n'avaient pas souffert dans leur conlractilité électrique; mais qu'au contraire, les autres muscles qui étaient lésés dans leur contraclilité et leur sensibilité électriques s'atrophieraient, quoi qu'on fît, et cela d'autant plus qu'ils se contractaient moins. Ils ne devaient, selon moi, recouvrer leurs propriétés
LUCiiENNE. — 3e édition- "21