‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 135 sur 505 · COÀP. I. — PARALYSIES CONSEC. AUX LES. DES NERFS MIXTES · texte numérisé non relu

COÀP. I. — PARALYSIES CONSEC. AUX LES. DES NERFS MIXTES

La figure 92 a été dessinée d'après la photographie que j'ai faite de la main du petit malade, après son traitement. Si on la compare h la figure 91 photographiée et dessinée ensuite avant le traitement, on remarque que la griffe n'existe plus, c'est-à-dire que les deux dernières phalanges se sont étendues et que les premières se sont un peu fléchies. Ce rétablissement de la forme normale de la main était dû au développement des interosseux. Les éminences s'étaient également développées ainsi que les muscles atrophiés de l'avant-bras. Les troubles fonctionnels, causés par les spasmes réflexes qui avaient lieu pendant les mouvements volonlaices, étaient restés à peu près ce qu'ils étaient avant le traitement. Il est vrai que les mouvements du membre supérieur avaient gagné en force et en étendue, mais ils n'avaient pas recouvré leur indépendance. Le jeune malade ne pouvait les localiser; ils étaient toujours gênés parla lésion cérébrale. J'avais cependant l'espoir qu'à l'aide de certains exercices gymnastiques prescrits par moi, ces spasmes réflexes diminueraient ou disparaîtraient avec le temps. Deux ans plus tard, ce jeune garçon est venu me montrer que cet espoir s'était réalisé; il se servait presque aussi bien de cette main que de l'autre.

En résumé, ce fait, intéressant à plus d'un titre, démontre qu'alors même que l'on trouve réunies, chez le môme individu et sur un même membre, deux paralysies, l'une de cause cérébrale, et l'autre par la lésion obstétricale des nerfs, on peut encore en faire le diagnostic différentiel, à l'aide de l'exploration électro-musculaire (I).

II. — LUXATION SOUS-ÉPINEUSE OBSTÉTRICALE (SOUS-ACKOMIALE DE MALGAIGNE) COMPLI- QUANT OU OCCASIONNANT LA PARALYSIE INFANTILE DU MEMBRE SUPERIEUR.

La luxation sous -épineuse , très-rare jadis, a été trouvée plus fréquente dans ces dernières années, sans doute, parce qu'on savait mieux la diagnostiquer. Malgaigne dit en avoir réuni 34. Mais aucune de ces luxations n'a été produite par les manœuvres de l'accouchement. Celte dernière cause de luxation sous-épineuse ne doit pas être cependant très-rare, si toutefois j'en juge d'après mon observation personnelle. En moins d'un mois, en effet, il s'en est présenté quatre à ma consultation, et toutes m'étaient adressées comme des paralysies congénitales du membre supérieur. Voici la relation d'un de ces cas.

Observation XLIV. — En mars 1857, un jeune garçon, nommé Théo- Ci) Au point de vue thérapeutique, ce fait n'est pas moins important, car il nous montre la guérison par la faradisation localisée d'une paralysie atrophique traumatiquc, datant de la naissance, chez un enfant âgé de sept ans.

philo Bigot, figé de six ans, m'est présenté pour être traité d'une paralysie congénitale du membre supérieur droit. Les mouvements de ce dernier étaient, en effet, tellement gênés depuis sa naissance, qu'il ne pouvait s'en servir. Tous les muscles répondaient normalement à l'excitation électrique. Son épaule droite était déformée ; l'attitude du membre supérieur de ce côté était anormale (voyez la figure 93, dessinée d'après la photographie que j'en ai faite). On remarquait sur la face postérieure du moignon de l'épaule, un peu au-dessous de l'angle postérieur de l'acromion, un relief arrondi qui indiquait, dans ce point, la présence de la tête de l'humérus ; ce que, du reste, l'on reconnaissait parfai-, tement par le toucher. En avant, le moignon de l'épaule offrait une dépression sous-acromiale légère, mais sans relief apparent de l'apophyse coracoïde, et l'on ne retrouvait plus la tôle de l'humérus dans sa place normale. Celte tête de l'humérus paraissait être à cheval sur le bord postérieur de la cavité glénoïde. Llle n'était certainement pas dans la fosse sous-épineuse ; on se l'expliquait difficilement ; mais ce qui était incontestable, c'est qu'elle était restée ainsi incomplète pendant six ans. Le coude porté un peu en avant était écarté du corps et ne pouvait en être rapproché ; les tentatives faites pour l'obtenir provoquaient de la douleur. L'humérus était maintenu dans la rotation en dedans, et l'on ne pouvait lui imprimer mécaniquement le moindre mouvement en sens contraire, sans

arracher des cris à l'enfant. L'avant-bras était un peu fléchi sur le bras sans que l'on pût l'étendre complètement. Les mouvements volontaires du bras étaient faibles et limités comme ceux de I'avant-bras.

Fig. 93. — Luxation sous-épiucusc obstétricale.

Trois autres enfants m'ont été adressés, vers la même époque, avec la même déformation de l'épaule et avec les mêmes troubles dans les mouvements du bras sur l'épaule. On reconnaissait, chez tous ces petits malades, les signes caractéristiques de la luxation scapulohumérale, dite sous-acromiale eu sous-épineuse. La cause de celte luxation paraissait, dans tous ces cas, identique. Les parents des enfants racontaient en effet que leur naissance avait été laborieuse; que, pour les extraire, on avait dû exercer des tractions longues et violentes, à l'aide d'un doigt ou d'un crochet passé sous l'une des aisselles, et que le membre exposé à ces tractions avait été privé de mouvements après leur naissance. C'était justement de ce côté qu'existait la luxation dont la production s'explique très-bien par les violences exercées sur l'aisselle.

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