CIIAP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LES. DES NEUFS MIXTES
On comprend que la luxation de l'épaule dont ces enfants étaient affectés depuis leur naissance, ait pu être méconnue (plusieurs d'entre eux avaient été présentés aux consultations des hôpitaux), et que les troubles de la motilité du membre luxé aient été attribués à une simple paralysie, car les signes de cette luxation sont si obscurs, qu'il m'a fallu les voir disparaître après sa réduction, pour être bien certain de son existence réelle. J'ai en effet adressé tous ces enfants à M. Chassaignac qui a réduit facilement leur luxation. Un bandage de corps approprié et porté pendant cinq à six semaines a maintenu parfaitement la réduction de cette luxation qui depuis lors ne s'est plus reproduite. On retrouvait alors la tête dans ses rapports normaux.
Cette luxation était si peu apparente, qu'elleavaitéchappéd'abord
à mon attention, qui avait été attirée principalement par les troubles de la locomotion. Je ne pouvais cependant expliquer complètement ces désordres fonctionnels par la paralysie du membre. Ce fut seulement après avoir observé, peu de temps après, trois autres cas analogues dans lesquels le membre présentait la même attitude et l'épaule la même déformation, que je reconnus, à un examen attentif, que la tête de l'humérus ne se trouvait pas dans ses rapports normaux avec la cavité glénoïde.
Les désordres occasionnés, chez ces enfants, dans les mouvements etdans l'attitude du membre, par la luxation sous-acromiale, peuvent bien faire croire à l'existence d'une paralysie cérébrale congénitale du membre supérieur; dans l'un et l'autre cas, l'élévation du bras est difficile et limitée; en outre, la main est dans la pronation et le bras en rotation en dedans; enfin les mouvements en sens contraires sont difficiles ou impossibles.
S'il n'y avait eu que les troubles de la locomotion propres à la luxation sous-acromiale, Terreur de diagnostic eût été difficile ; mais, chez tous ces enfants, il existait, de plus, une véritable paralysie qui avait été occasionnée par la lésion du plexus brachial el qui était plus ou moins complète et plus ou moins grave. Ainsi, chez l'un d'eux (Jules Tête-d'Homme, Agé de huit mois, quelques muscles étaient atrophiés ou répondaient faiblement à l'excitation
Fig. 94. — Déformation tle la main, consécutivement à une luxation sous-acromiale obstétricale de l'enfance.