C11AP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES
à son état normal. Cet effet thérapeutique s'est constamment produit dans les faits que j'ai rapportés.
Il faut un peu plus de temps pour développer la circulation capillaire et veineuse.
§ III. — Action de la faradisation localisée sur la nutrition.
La nutrition ressent, à son tour, l'influence de l'excitation faradique. Bien que cette action thérapeutique soit graduelle et la plus lente de toutes, il est cependant facile de le constater par la mensuration du volume du membre, avant et après le traitement. D'ail-
Fia. 95. — Avant le traitement (*).
F,0i oc. — Après le traitement.
leurs, les malades ne manquent jamais d'en faire eux-mêmes la remarque.
C'est surtout à la main, où les veines dorsales sont les plus apparentes, que l'on voit ces dernières grossir à vue d'œil. C'est ce que l'on peut constater sur les figures95 et 96dessinées d'après les plâtres
de la main d'un sujet dont les interosseux avaient été paralysés et s'étaient atrophiés consécutivement à la blessure du nerf radial. (La relation en a été exposée dans la première édition, p. 219, obs. XXX.) Avant le traitement, ces veines dorsales étaient tellement
petites, qu'on ne pouvait les apercevoir (voy. la figure 95). La ma.n était desséchée, les espaces interosseux en étaient profondément creusés, et la peau était flétrie et terreuse. Sous l'influence de la
n Déformation spécial, de la main consécutivement à la paralysie atrophiée des interosseu,
Dar la lésion traumatique du nerf cubital. i«*.i;.^«
' n Même main guérie de cette paralysie atrophique par la farad.satwn localisée.
faradisation, les veines dorsales de celte main se sont développées progressivement (voy. la figure 96). La nutrition et les mouvements sont revenus dans les muscles atrophiés, et la peau a recouvré sa finesse et sa coloration normales. J'ai photographié et fait mouler quelques mains sur lesquelles on ohserve les mêmes résultats électro-thérapeutiques.
Pendant que la calorification, la circulation et la nutrition éprouvent une influence thérapeutique aussi manifeste, la motililé ellemême ne tarde pas à revenir (voir, chap. m, art. 4, § 2, p. 133 et suivantes, pour la théorie physiologique de l'action thérapeutique de la faradisalion localisée sur les circulations locales, la calorification et la nutrition).
§ IV. — Action «le la faradisation localisée sur la contractante
musculaire.
I. — Le retour des mouvements volontaires est toujours précédé de celui de la
tonicité musculaire.
Afin de démontrer celle proposition, je choisirai un exemple. On sait, que, consécutivement à la lésion du nerf radial, les extenseurs du poignet et des doigts paralysés sont entraînés, pendant le repos musculaire, dans l'élongation, par la prédominance tonique de leurs antagonistes. Sous l'influence de l'excitation faradique, on voit d'abord le poignet se relever et les premières phalanges des doigts se relever bien avant que le malade puisse faire exécuter les moindres mouvements volontaires par ses muscles paralysés. Ce retour de l'attitude normale du poignet et des doigts annonce évidemment le rétablissement de la tonicité dans les muscles radiaux, cubital postérieur et extenseurs des doigts. Mais bientôt lacontraetililé volontaire reparaît à son tour, quoique lentement et graduellement.
U. — L'action thérapeutique de la faradisation localisée parait se manifester d'autant plus vite, dans un muscle, que ce dernier est plus rapproché du centre nerveux.
J'ai déjà dit, en parlant du pronostic de ces paralysies traumatiques des troncs nerveux, que l'action thérapeutique de la faradisation localisée est d'autant plus efficace et plus rapide que le muscle a moins souffert dans sa contraclilité électrique; je dois encore signaler un autre phénomène non moins intéressant et que j'ai quelquefois observé, c'est que l'influence thérapeutique de la faradisation localisée s'est manifestée d'autant plus rapidement que /es muscles étaient plus rapprochés du centre nerveux. Le malade de l'observation VII en est un exemple; en effet, son bras