‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 140 sur 505 · CHAP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES · texte numérisé non relu

CHAP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES

guérit d'abord ; puis quelques mois après, c'est le tour de son avant-bras; enfin les muscles de sa main ont éprouvé, en dernier lieu, l'action salutaire de la faradisalion localisée. Pour chacune de ces régions, le malade a passé par la même série de pbénomènes, à savoir : l'hypéreslhésie musculaire, puis une plus grande activité de la circulation locale, le retour de la calorification, de la nutrition, de la contractilité musculaire tonique et enfin de la contractilité volontaire.

III. — La lésion de la contractilité électro-musculaire persiste après la guérison, malgré le rétablissement des mouvements volontaires.

J'appelle l'attention des observateurs sur un phénomène des plus nouveaux et des plus inattendus, et certainement l'un des plus importants au point de vue physiologique : sur l'abolition de la contractilité électro-musculaire, qui persiste dans un muscle, après qu'il a recouvré les mouvements, la nutrition et la force par la faradisation localisée.

Quelle est donc l'importance réelle de celte contractilité électromusculaire, de cette irritabilité que l'on a considérée si longtemps comme une propriété fondamentale et inséparable de la vie, sur laquelle ona tant écritet discuté, propriété quel'on retrouve encore, pendant un certain temps, dans un muscle de cad.'vre et dont cependant peut se passer un muscle vivant, tant intéressé, en apparence, à sa conservation? Ce l'ait si imprévu ébranle évidemment certaines vérités fondamentales de la science. Celte question, qui doit faire, par la suite, l'objet d'un article, est ici élrangèreà mon sujet; je ne la signale qu'en passant. Cependant il est opportun de dire que, jusqu'à présent, j'ai toujours vu revenir la contractilité électro-musculaire, mais incomplètement et plus ou moins de temps après le rétablissement des mouvements volontaires et de la nutrition musculaire.

§ V. — L<a faradisation localisée guérit, dans la majorité des cas, les paralysies consécutives aux lésions I raumatiques des nerfs.

Il ne peut venir à l'esprit de personne que l'électricité doive toujours triompher des paralysies consécutives aux lésions (raumatiques des nerfs. Il n'existe, d'ailleurs, aucun agent thérapeutique qui possède cette vertu merveilleuse. Mais je puis affirmer, en m'appuyantsurune expérimentationcontinuée pendant plusde vingt ans, que la paralysie traumatique des nerfs guérit ou est amendée très-notablement par la faradisalion localisée, dans la plupart des cas. La paralysie dont il est ici question est assurément de toutes

les paralysies celle sur laquelle la faradisation exerce la plus heureuse influence.

Je crois bien que la proportion des guérisons de paralysies traumatiques, que j'ai établie sur des faits recueillis dans ma pratique, paraîtra exagérée à certains praticiens; je crains même qu'ils n'obtiennent pas exactement les mômes résultats. Qu'on n'en accuse pas la faradisation localisée, mais plutôt l'inobservance des règles que j'ai établies, et le plus souvent les difficultés sans nombre d'un traitement qui exige beaucoup de temps et de patience. C'est à tort, en effet, que l'on a cru longtemps et qu'on s'imagine encore, dans la pratique, que l'action thérapeutique de l'électricité doive toujours se manifester rapidement.

§ VI. — Durée du traitement des paralysies traumatiques des nerfs mixtes par la faradisation localisée.

La durée moyenne du traitement faradique des paralysies traumatiques des nerfs mixtes est de deux à trois mois; mais il en est qui exigent plusieurs années. Je citerai, comme exemple, cet ouvrier (obs. XVIII) chez lequel une luxation scapulo-humérale a produit la paralysie et l'atrophie du membre supérieur et qui n'était pas encore entièrement guéri après deux ans de faradisation. J'écrivais en 1851, c'est-à-dire deux ans après le commencement du traitement : « Son bras et son avant-bras étaient guéris; à la main, les muscles de l'éminence thénar ne sont pas encore entièrement revenus. Combien de temps faudra-t-il encore pour refaire ces derniers muscles ? Je ne doute pas cependant que l'éminence thénar ne guérisse aussi bien que le bras et l'avant-bras, parce qu'on y observe les mêmes phénomènes thérapeutiques que dans les autres régions (1). »

Il est incontestable qu'un certain nombre de paralysies traumatiques guérissent avec le temps, ou spontanément, ou par les remèdes ordinaires. Dès lors, on serait autorisé à penser que celles qui ont exigé un aussi long traitement électrique que chez le malade de l'observation XVIII, auraient pu guérir également avec le temps. Mais ces paralysies traumatiques des nerfs mixtes, qui peuvent guérir avec le temps et sans traitement, sont celles dans lesquelles les muscles ont conservé complètement ou presque entièrement leur contractilité électrique.

Que l'on ne s'appuie pas sur ces guérisons spontanées des para-

(1) « Depuis que j'ai porte ce jugement, le malade a suivi son traitement pendant plusieurs mois encore, mais d'une manière, incomplète et irré^ulière. II se faisait faradiser à peine une fois par semaine. Le court abducteur du pouce est resté paralysé et atrophié ; les autres muscles de la région thénar sont revenus à peu près complètement. » Elect. /oc, lre édit., 1851.

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