‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 185 sur 505 · CHAT. IV. — PARALYSIE GÉNÉRALE SPINALE SUBAIGUE · texte numérisé non relu

CHAT. IV. — PARALYSIE GÉNÉRALE SPINALE SUBAIGUE

rieures ou l'un de leurs segments, gagnant peu à peu les membres entiers ou les deux à la fois, soit du même côté, soit d'une manière croisée sans fièvre, sans douleurs ni fourmillements, ni engourdissement dans les pieds, ni dans les mains, ni dans les membres; 2° augmentation graduelle de la parésie allant jusqu'à la paralysie complète, affectant des groupes de muscles ou tous les muscles d'une portion de membre, ou d'un membre entier, et de tout le corps dans la période ultime; 3° pendant cette période ultime, ordinairement troubles de la parole et de la déglutition, semblables à ceux de la paralysie glosso-labio-laryngée ; 4° ordinairement affaiblissement ou abolition de la contractilité électro-musculaire, en raison directe du degré de la paralysie musculaire; 5° atrophie en masse des membres, peu de temps après le début de la paralysie musculaire, augmentant graduellement et proportionnellement au degré de la paralysie et de la diminution de la contractilité électro-musculaire ; 6° affaiblissement delà sensibilité électro-musculaire proportionnellement au degré de la paralysie ; mais intégrité ou peu de diminution de la sensibilité cutanée; 7° miction et défécation normales ; 8° quelquefois arrêt de la maladie avant sa dernière période, et alors retour des mouvements volontaires, même avant celui de la contractilité électro-musculaire.

Tels sont les éléments de diagnostic de la paralysie générale spinale antérieure subaiguë. Mais il n'en est pas un seul qui soit palhognomonique ; le diagnostic de celte maladie repose sur l'ensemble de ses symptômes et sur leur mode de développement, aussi présente- t-il, au début, des difficultés qui m'ont fait commettre à moi-même des erreurs regrettables, mais ont été pour moi un enseignement.

Je ne traiterai pas ici du diagnostic différentiel de cette espèce de paralysie d'avec la paralysie générale des aliénés. A l'époque de mes premières recherches, cette question a soulevé en 1852, dans la Société de médecine de Paris, une discussion importante. Aujourd'hui, elle a perdu de son intérêt et de son opportunité. Le lecteur la trouvera d'ailleurs assez longuement exposée dans les précédentes éditions.

Les autres affections musculaires, aveclesquellcs cette première variété de paralysie générale spinale subaiguë peut être confondue, sont principalement : 1° l'atrophie musculaire progressive; 2° la paralysie saturnine ; 3° la paralysie spinale aiguë de l'adulte par atrophie des cellules antérieures de la moelle dans la période chronique. J'agiterai ces diagnostics différentiels des deux premières espèces d'affections musculaires, dans les chapitres qui leur seront consacrés; je ne m'arrêterai qu'a celui de la paralysie spinale aiguë de l'adulte d'avec la paralysie générale spinale décrite danscctarlicle.

ART. V. — ÉTI0L0G1E. — PRONOSTIC. 47 9

Bien que ces deux dernières affections (et aussi la paralysie alrophique de l'enfance) se ressemblent par leurs symptômes pris isolément, elles se distinguent, en général, facilement entre elles, par la différence de leur processus morbide et surtout du mode de développement de leur paralysie qui dans l'une, est envahissante ascendante ou descendante et qui augmente graduellement, tandis qu'au début, dans l'autre, elle se montre tout à coup à son maximum et va ensuite en décroissant, pour se localiser dans plus ou moins de muscles qui s'atrophient ou dont la texture s'altère. Mais l'espèce de paralysiegénérale spinale dont il est ici question, at-elle été arrêtée dans son développement, et puis la motilité et la nutrition sont-elles revenues dans la plupart des muscles, tandis que quelques-uns de ceux-ci sont restés atrophiés ou altérés dans leur texture à des degrés divers, alors si l'on ne prend pas garde ou si l'on ne peut obtenir des renseignements sur les antécédents, et surtout sur le mode de développement des phénomènes morbides, il sera absolument impossible d'en établir le diagnostic différentiel d'avec la paralysie spinale aiguë de l'adulte et de l'enfance par atrophie des cellules antérieures.

Les symptômes (douleurs méningitiques spinales, troubles de la sensibilité cutanée, paralysie de la vessie et du rectum, eschare au niveau du sacrum ou des fesses) qui, dans la paralysie générale spinale diffuse subaiguë, s'ajoutent aux phénomènes paralytiques, atrophiques et électro-musculaires, observés dans la première variété de la paralysie générale subaiguë, forment un ensemble d'éléments de diagnostic qui rendent impossible toute confusion de la seconde variété avec une autre espèce de paralysie ou d'atrophie. Aussi estil superflu d'en agiter le diagnostic différentiel.

§ III. — Étiologie. — Pronostic.

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