‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 269 sur 505 · CI1AP. IX. — PARALYSIES SATURNINES ET VEGETALES · texte numérisé non relu

CI1AP. IX. — PARALYSIES SATURNINES ET VEGETALES

ralysie. Il était évident que ce mode d'expérimentation devait être décisif. Eh bien, malgré les conditions désavantageuses où elle se trouvait placée, la faradisalion localisée a presque toujours triomphé la où j'avais vu échouer les traitements les plus énergiques. A l'appui de ce que j'avance, j'ai recueilli des observations très-nombreuses en une vingtaine d'années ; je me bornerai à en rappeler quelques-unes.

Observation CXXVIII. — Le cas le plus remarquable est assurément celui de M. X... qui, depuis deux ans, avait vu échouer successivement les bains sulfureux, les vésicatoircs et la strychnine à laquelle il avait dû renoncer à cause des accidents qu'elle avait occasionnés. Quand il vint me consulter, ses bras pendaient le long du tronc, sans qu'il pût les écarter ; il fléchissait avec heaucoup de peine l'avant-bras sur le bras; l'usage de ses mains était entièrement perdu. On était obligé de l'habiller, de lui porter les aliments à la bouche; ses deltoïdes étaient atrophiés; la face postérieure de l'avant-bras était tellement atrophiée, que la peau était littéralement collée aux os. Enfin, M. X... en était arrivé à désespérer de sa guérison, et voulait abandonner son commerce. — Je le faradisai chaque jour, pendant trois semaines; je portai l'excitation surtout sur les muscles de la région postérieure de l'avant-bras et sur les deltoïdes. Je ne né^li^eai pas de faradiser les autres muscles des membres supérieurs dont la force était affaiblie, et dont la nutrition avait évidemment souffert, bien qu'ils possédassent leur contractilité électrique normale. Après trois semaines de traitement, l'élévation du hras, la flexion et l'extension de l'avant-bras sur le bras étaient entièrement rétablies. Les fléchisseurs des doigts et les interosseux avaient plus de force, le membre paraissait mieux nourri ; mais les extenseurs du poignet, des doigts et du pouce étaient restés dans le môme état. Il ne fallut pas moins de six mois de traitement, les séances ayant lieu jour à autre, pour obtenir la guérison ; l'extension du pouce n"est pas entièrement revenue.

Que l'on parcoure les observations de paralysie saturnine qui ont été rapportées dans la précédente édition (de 1861); on verra que Pasloli (obs. LX, p. 331) n'a été guéri complètement qu'à la vingtdeuxième séance (ces séances étaient pratiquées trois fois par semaine); que Guillemart (obs. LXI, p. 333) ne s'est senti assez tort pour reprendre son état qu'à la cinquantième séance (ces séances avaient également lieu trois fois par semaine); que chez Gervais, fondeur en caractères (obs. XLVN, p. 308), qui, pendant les trois premières semaines de son séjour à la Charité, avait été traité sans résultats par les vésicatoircs, les bains sulfureux et la strychnine à l'intérieur et par la méthode endermique, la guérison n'a été complète qu'à la quarante-cinquième séance.

Dans le traitement de la paralysie saturnine, la faradisalion doit être pratiquée de manière à exciter des sensations douloureuses ; j'en dirai bientôt la raison; il en résulte que l'on est forcé quelque-

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