G CUAP. XI. — AFFECTIONS MUSCULAIRES HYSTÉRIQUES
dit qu'elle trouverait des soins spéciaux. Je la soumis une seule fois à la faradisation cutanée et elle guérit en quelques séances de cette paralysie jusqu'alors si rebelle! Ici point de doute sur la réalité des phénomènes accusés par la malade, car elle n'avait évidemment aucun intérêt à les simuler, comme le font quelques hystériques ; elle avait fait tous les sacrifices d'argent pour obtenir sa guérison ; et puis elle sortit avec une grande joie de l'hôpital, aussitôt qu'elle fut guérie.
Ce fait et d'autres analogues ont vivement impressionné les personnes qui les ont observés. Si le hasard ne leur faisait rencontrer que des cas semblables, on conçoit qu'il y aurait de quoi leur inspirer une foi bien grande dans ce mode de traitement électrique ; mais la conGance qui peut naître de pareils faits, diminue singulièrement, lorsque Ton voit, comme dans le cas suivant, cette même médication échouer complètement dans des paralysies en apparence identiques avec celle dont on vient de la voir triompher si facilement.
Observation CXXX Vil I. — En 1852, je vis, en consultation avec MM. Blache et Rayer, une jeune personne demeurant rue Joubert, à Paris, et qui, depuis une année, était entièrement privée des mouvements des membres inférieurs. Sa paralysie était survenue à la suite d'un saisissement, elle était compliquée de phénomènes hystériques. On avait eu recours à des moyens très-variés et énergiques qui n'avaient point amélioré son état. On lui avait même appliqué des moxas sur le trajet de la colonne vertébrale, d'après le conseil de Hayer qui avait attribué la paralysie à une myélite. Lorsque je fus appelé par M. Blache à essayer l'influence thérapeutique de la faradisation localisée, je constatai que les muscles paralysés possédaient leur conlractilité électrique normale, et que les excitations les plus fortes de la peau et des muscles n'occasionnaient pas la plus légère sensation. Il existait de plus une hypereslhésie cutanée et profonde, au niveau des gouttières verlébrales. Il était impossible, en présence de ces symptômes joints à l'histoire de la maladie, de méconnaître l'existence d'une paraplégie hystérique. M'appuyant sur des faits semblables où la guérison avait été obtenue par la faradisation localisée, j'espérais que cette paralysie guérirait facilement. Eh bien ! ce traitement, appliqué pendant un mois, n'exerça pas la moindre influence sur l'état de la paralysie; l'excitation électro-cutanée avait seulement rappelé légèrement la sensibilité de la peau. La résistance opposée par cette paralysie à tous les moyens thérapeutiques semblait justifier le diagnostic de myélite, porté par l'un des médecins appelés à donner des soins à cette demoiselle, lorsque l'obstacle à l'action nerveuse motrice, que n'avait pu vaincre la faradisation localisée, disparut tout à coup et complètement, bien qu'on n'eût rien fait de nouveau pour combattre la maladie. Voici l'espèce d'émotion qui paraît avoir opéré cette guérison ; elle fut considérée par quelques personnes comme un miracle. I. a jeune malade ayant une grande foi religieuse avait fait une neuvaine, à la fin de laquelle