ART. I, § II. — FARAD1SATIUN LOC. DANS LES AFF. CÉRÉBRALES
toires, les purgatifs et la strychnine avaient été successivement employés. Eh bien ! voici les résultats généraux que j'ai obtenus : dans un très-petit nombre de cas, j'ai vu guérir presque radicalement la paralysie; assez souvent elle a été plus ou moins améliorée ; plus fréquemment encore, je suis forcé de le reconnaître, je n'ai observé aucune espèce d'influence appréciable.
Il me semble que la gravité des désordres occasionnés par l'hémorrhagie cérébrale rend parfaitement compte des différences de résistance que la paralysie oppose alors à la faradisation localisée. Je suppose qu'un épanchement sanguin, qui s'est fait dans le cerveau, se résorbe promplement et qu'il soit bientôt remplacé par un kyste peu volumineux; qu'à la longue le siège du foyer hémorrhagique soit seulement indiqué par une cicatrice; enfin que la sclérose cérébrale, ou spinale secondaire qui s'était développée soit guérie ou qu'elle n'ait pas existé, voici les principales hypothèses qui me paraissent possibles, dans ces cas, 1° ou l'influx nerveux, en revenant aux muscles, les trouvera prêts à obéir à son excitation, et alors la paralysie guérira rapidement par les seuls efforts de la nature (c'est heureusement ce que l'observation clinique m'a quelquefois forcé d'admettre); 2° ou les muscles, trop longtemps privés de l'action cérébrale, auront perdu leur aptitude à réagir, lorsque ce stimulus leur arrivera librement. C'est dans ce dernier cas que l'on verra triompher complètement la faradisation localisée.
Les dernières conditions dont je viens de supposer l'existence, dans une paralysie cérébrale hémorrhagique, sont les plus favorables que l'on puisse rencontrer. Mais, ainsi que je l'ai déjà dit, ce sont les plus rares. Voici en effet ce qui probablement arrive ordinairement : un certain point du cerveau peut avoir éprouvé une altération profonde ou étendue. La paralysie étant alors symptomalique d'une telle lésion centrale, on conçoit que la faradisation localisée sera d'autant plus impuissante que cette lésion sera plus grande. Si, après la résorption de l'épanchement, il ne reste qu'un kyste peu volumineux ou une simple cicatrice qui ne gêne plus que faiblement l'action cérébrale, la faradisation localisée pourra amender la paralysie ; mais en général elle ne la guérira pas entièrement.
E. — Données sur lesquelles on peut s'appuyer pour diagnostiquer approximativement l'état du foyer hémorrhagique, après le terme ordinaire de la résorption et de l'enkystement, ou pour prévoir les résultats de la faradisation localisée, appliquée au traitement de l'hémiplégie cérébrale.— Il serait donc très-important de pouvoir diagnostiquer ces différents états du foyer hémorrhagique, lorsque, dans les conditions ordinaires, le temps nécessaire à la résorption du caillot ou à la formation du kyste ou de la cicatrice s'est écoulé. Ainsi, une hémiplégie persistant cinq, six ou huit mois, est-elle uniquement
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locale, ou, en d'autres termes, dépend-elle de ce que les muscles ont perdu leur aptitude motrice, par suite de la suspension de l'excitant cérébral? Ou est-elle symptomalique d'un kyste qui exerce sur les parties environnantes une compression trop considérable pour que l'influx nerveux puisse arriver librement aux muscles? En un mot, annonce-t-elle que le cerveau ainsi que la moelle épinière ont subi une grande perte de substance ou quelque autre lésion grave secondaire ?
Je ne crois pas qu'il soit jamais possible de reconnaître d'une manière exacte quel est, dans ces différents cas, l'état ou le degré de la lésion anatomique du cerveau. Cependant, voici, d'après mes observations cliniques, des faits qui peuvent, dans ces circonstances, servir sinon à établir un diagnostic précis, conduire au moins à des indications thérapeutiques. C'est sur ces données, que je m'appuie, lorsque j'ai à me prononcer sur l'opportunité ou sur les résultats probables de l'application de la faradisation localisée.
Les malades qui, cinq, six, huit mois et plus après le début d'une hémorrhagie cérébrale, ont conservé une paralysie plus ou moins complète, mais sans la moindre contracture, ontguéri, pour la plupart, rapidement par la faradisation localisée. Ceux dont les jointures des membres affectés étaient devenues raides et ceux dont certains muscles se contracturaient sous l'influence d'une impression quelconque, ou lorsqu'ils voulaient faire un mouvement volontaire, n'ont tiré aucun profit appréciable de la faradisation localisée. Je m'abstiens d'exposer la trop longue liste des insuccès que la faradisation localisée a enregistrés, dans ces conditions (1).
F. — // existe des degrés intermédiaires de lésions cérébrales dans lesquels on obtient une amélioration plus ou moins prononcée par la faradisation localisée. — Entre les deux extrêmes que j'ai choisis pour établir le diagnostic, ou plutôt le pronostic de l'hémiplégie cérébrale, après cinq à six mois de durée, on-conçoit qu'il y ait des degrés intermédiaires qui permettent d'attendre de la faradisation localisée une amélioration plus ou moins grande.
J'ai rapporté, dans la première édition (2), un cas de paralysie cérébrale datant de six mois, dans lequel le sujet (une femme âgée de soixante et un ans) présentait, à un certain degré, ces phénomènes
(1)A l'époque où, dans l'édition précédente, j'exposai ces résultats de mes re cherches cliniques sur la valeur thérapeutique de la faradisation localisée dans l'hémiplégie de cause cérébrale, on ne savait pas que le travail irritatif de certaines parties centrales du cerveau pouvait provoquer, par extension de l'irritation formatrice, des scléroses secondaires du cerveau ou d'un faisceau postéro latéral de la moelle. J'ai essayé d'expliquer les insuccès du traitement, électrique, dans ces cas, par des considérations physiologiques ou par des hypothèses qui n'offrent plus aujourd'hui d'intérêt, en présence des récentes découvertes de l'iinatomie pathologique.
{'!) Ducheune (de Boulogne), Èlect. lue, Obsmation GXXX1X, p. "17.