‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 299 sur 505 · ART. I, § II. — FARADISATION LOC. DANS LES AFF. CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

ART. I, § II. — FARADISATION LOC. DANS LES AFF. CÉRÉBRALES

réflexes et qui cependant a été rapidement et considérablement amélioré parla faradisation localisée.

A l'époque où je fis cette expérience, je ne croyais pas qu'une excitation musculaire localisée pût modifier une paralysie dont la cause me paraissait siéger uniquement dans le centre nerveux. J'avais choisi avec intention ce cas rebelle aux médications ordinaires, comme un défi jeté 5 la faradisation localisée. Je disais, avec tous ceux qui observaient cetle malade, que si, dans un cas pareil, l'excitation éleclro-musculaire parvenait à modifier l'état de la paralysie, l'action thérapeutique de la faradisation localisée, dans la paralysiecérébrale, serait définitivement jugée. Élait-il possible, en effet, d'agir dans des conditions plus défavorables? La paralysie était resiée stalionnaire après six mois, malgré une médication très-active, au point que la malade ne pouvait se mouvoir dans son lit, et cela chez une femme sexagénaire. Avant le traitement quelques contractions réflexes s'étaient provoquées par les mouvements volontaires dans les membres atteints d'hémiplégie. Cependant elfes n'ont pas empoché l'amélioration considérable de la paralysie par la faradisation localisée; mais si, dans ce cas, la guérison n'a pas été complète, c'est sans doute que la lésion centrale était encore trop grande, pour rendre une entière liberté à l'action du cerveau ; celte lésion centrale était annoncée par la persistance de ces mouvements réflexes.

G. — La contracture permanente des muscles annonce un travail irritaiif central, qui contre-indique V emploi de la faradisation localisée. — La contracture permanente des fléchisseurs, contracture quelquefois accompagnée de douleurs, me paraît être, lorsqu'elle est portée très- loin, le signe d'un travail que j'attribuais avec les auteurs à l'étal inflammatoire des parois du kyste, mais que l'on sait aujourd'hui symptomatique d'un processus irritatif,d'une sclérose fasciculée descendante de la moelle. 11 ne faut pas confondre cetle contracture avec la roideur que présentent certains muscles, par exemple (les fléchisseurs des doigts, de l'avant-bras sur le bras, les pronateurs, enfin les muscles moteurs du bras sur l'épaule) par le fait du raccourcissement dans lequel ils se sont longtemps trouvés. Ainsi, chez la malade dont il a été question ci-dessus, les bras étaient restés constamment rapprochés du corps; l'avant-bras et les doigts étaient dans une demi-flexion continue. Cet état de raccourcissement musculaire avait, à la longue, raidi, pour ainsi dire, les muscles et les ligaments articulaires. Il m'a suffi d'une élongation forcée et souvent renouvelée, pour vaincre leur résistance.

Ce n'est pas certainement avec un tel moyen qu'on parviendrait à vaincre la résistance opposée par la conlraclure continue, occasionnée par le travail irrilatif secondaire du cordon antéro-latéral opposé au kyste hémorrhagique. J'ai eu l'occasion de voir les incon-

bicittNNt. — 3e édition. 47

73 8 CI1A1'. XII. — AFFECTIONS CÉKÉBKALES ET CEHÉBELLEL'SLS.

vénienls et même le danger de son application, chez un jeune étudiant dont l'histoire a été rapportée précédemment (obs. V, p. 113), et qui était affecté d'une hémiplégie avec contracture évidemment symptomatique d'une sclérose spinale secondaire. On était parvenu à maintenir dans l'extension, à l'aide d'une attelle et d'une bande roulée, son avant-bras qui était constamment fléchi depuis plusieurs jours; mais, un quart d'heure après, la douleur était devenue intolérable, et la contracture musculaire avait gagné tout le côté, qui était comme tétanisé.

L'existence de ces contractures permanentes me paraît contreindiquer l'emploi de la faradisation localisée. Je puis affirmer, dumoins, qu'il m'est arrivé plusieurs fois des accidents, quand alor& je l'ai appliqué ; je me suis assuré que ces accidents ne pouvaient être attribués à une autre cause qu'à ces excitations inopportunes.

H. — La faradisation guérit, en général, facilement l'hémiplégie faciale et la paralysie de la langue qui accompagnent la paralysie des membres ; mais cette médication expose, dans ces cas, les malades à des accidents cérébraux nouveaux. — L'hémiplégie l'aciale et la paralysie de la langue persistent quelquefois après la résorption de l'épanchement sanguin; la première occasionne une légère distorsion des traits; la seconde fait éprouver aux malades une grande gêne pour parler et pour manger.

La faradisation localisée guérit facilement cette paralysie de la face et de la langue; j'en ai rapporté des exemples dans la précédente édition.

Cet heureux effet de la faradisation localisée sur les paralysies de la face et de la langue est contre-balancé par les risques que celte opération fait courir au malade atteint de paralysie cérébrale, surtout lorsque celle-ci est récente, ou que le malade a conservé une prédisposition à de nouvelles congestions du cerveau (I). En voici sommairement un exemple :

Observation CXLVI. — Ctiarilé, salle Saint-Ferdinand, n° 19 (service de M. Cruveilhier, mars 1848). — Hémipléyie droite, conséculive à une hémorrkagie cérébrale, datant de deux ans et demi, chez un liomme âgé de trente-huit ans, et qui a eu plusieurs attaques.

État du malade avant la faradisation: la commissure des lèvres est plus abaissée du côté droit que du côté gauche; la langue est déviée à droite; la parole est difficile; contracture active, intermittente du grand pectoral, du fléchisseur du bras, del'avant-bras etde la main, contracture disparaissant par la chaleur du lit et pendant la nuit, et augmentant lorsque

(1) Je démontrerai, par îa suite, que la faradisation des muscles de la face, pratiquée dans les paralysies de la septième paire, produite par un courant d'air froid ou frais ne fait courir aucun danger.

Page 1