ART. I, § II. — FARADISATION LOC. DANS LES AFF. CÉHÉBRALES
te malade est impressionné; même contracture dans le membre inférieur droit, occasionnant de la douleur et tournant le pied en dedans : absence complète de mouvements dans le membre supérieur droit, depuis la première attaque; mouvements assez étendus dans le membre inférieur et qui permettent au malade de marcher avec une crossetle. Pendant la marche, le membre inférieur fauche considérablement, et tou* les mouvements sont raides et saccadés, à cause de la coniracture. Le pied ne peut porter à plat sur le sol. — Faradisation du trapèze, du deltoïde et des muscles antagonistes pendant dix séances. Après quelques séances, le malade écarte le bras du tronc presque à. angle droit, porte la main au front, étend un peu les doigts, fauche moins en marchant et pose mieux le pied sur le sol. Mais alors dut être suspendue la faradisation, à cause d'un accident grave et inattendu. La faradisation des muscles de la face et de la langue du côté droit ayant été pratiquée avec assez d'énergie, le malade fut presque immédiatement frappé d'une nouvelle attaque d'apoplexie, qui nécessita plusieurs saignées.
La faradisation des muscles de la face me paraît avoir été ici la cause probable des accidents cérébraux qui ont mis la vie de ce malade en grand danger. Sur dix cas d'hémiplégie faciale de cause cérébrale, dans lesquels j'ai eu l'occasion d'appliquer la faradisation localisée, pendant les années 4847 et 1848, trois fois j'ai vu des phénomènes cérébraux plus ou moins graves suivre l'opération.
La faradisation localisée des muscles de la face est une opération des plus délicates, qui exige la connaisance du degré d'excitabilité de ces muscles et l'emploi d'un appareil qui se gradue sur une échelle d'une assez grande étendue. On remarquera que les accidents cérébraux dont je viens de parler, sont arrivés à une époque oùj'avais encore peu l'habitude de la faradisation localisée.
Quoi qu'il en soit, malgré la connaissance que je possède aujourd'hui du degré d'excitabilité de chacun des muscles de la face, et malgré la précision de mes appareils qui me permettent de leur administrer exactement la dose qui leur convient, ce n'est jamais sans hésitation et sans crainte que j'excite les muscles de la l'ace ou de la langue, dans l'hémiplégie de cause cérébrale.
I. — Nécessité de distinguer l'hémiplégie faciale, de cause cérébrale^ de la para/t/sie de la septième paire, en raison de la différence de traitement à opposera chacune de ces paralysies. — Les dangers auxquels on expose un malade atteint de paralysie cérébrale, en pratiquant la faradisation à la face, font comprendre la nécessité de distinguer l'hémiplégie faciale, de cause cérébrale, de la paralysie de la septième paire qui peut être soumise à la faradisation localisée sous le moindre inconvénient, et qui souvent même ne guérit que par ce mode de traitement.
7 40 CHAI'. XII. — AFFECTIONS CEREBRALES ET CÉRÉBELLEUSES.
Avant que Gh. Bell eût fait connaître (1) les fonctions spéciales de la septième paire, et que le professeur Fh. Bérard (2) eût démontré la fréquence delà paralysie de ce nerf, toute hémiplégie faciale, quand elle n'était pas accompagnée de la paralysie des membres, était attribuée à une hémorrhagie ou à une lésion quelconque du cerveau. Mais, depuis que ce travail a vulgarisé la connaissance de la paralysie de la septième paire, un mouvement en sens contraire s'est opéré dans les esprits, et toute hémiplégie limitée à la face n'est souvent considérée que comme symptomatique d'une lésion de la septième paire. C'est une erreur fâcheuse, car l'hémiplégie de cause cérébrale et limitée à-la face n'est pas infiniment rare; cette erreur est grave, en raison de la différence des indications thérapeutiques à remplir.
Quels sont donc les signes qui distinguent l'hémiplégie de cause cérébrale, de la paralysie de la septième paire?
Dans l'une et l'autre paralysies, on observe une distorsion des traits, pendant le repos musculaire et pendant les mouvements; la parole et la mastication sont également gênées. Comme signe dislinctif, on observe que l'orbiculaire des paupières n'est pas paralysé dans l'hémiplégie de cause cérébrale. En conséquence, toute hémiplégie faciale dans laquelle l'orbiculaire des paupières est paralysé, ne peut être rapportée à une lésion du cerveau, et dépend uniquement d'un état pathologique du nerf facial (3). Mais de l'absence de la paralysie de l'orbiculaire des paupières, dans une hémiplégie faciale, on ne peut conclure à l'existence d'une paralysie de cause cérébrale, par la raison suivante: dans une paralysie de la septième paire, le filet nerveux qui anime les paupières, n est pas toujours compris dans la lésion du nerf facial, et cette paralysie peut bien alors revêtir les signes extérieurs de l'hémiplégie cérébrale. Les paralysies partielles de la septième paire ne sont pas très-rares, en
(1) Bell, Journ. de phgs. expériment., t. X, p. 6, et Exposé du système nat. des nerfs, trad. de Gecest, p. 88 etsuiv.
(2) Béiard, Sur les fonction* du nerf facial et la paralysie faciale Journal des connaissances médico-chirurgicales, 1834, p. 354).
(3) Récamier le premier a dit que l'orbiculaire des paupières n'est pas paralysé dans l'hémiplégie faciale, de cause cérébrale, et il en a fait un signe distinciif de la paralysie de la septième paire, dans laquelle ce muscle est paralysé. Il est incontestable que cette observation est très-juste dans la grande majorité des cas. Mais le signe diagnostique indiqué par Kécamier a perdu beaucoup de sa valeur depuis la publication d'un travail intéressant publié par M. Duplay (De la paralysie faciale produite par une hémorrhagie cérébrale chez le* vieillards, in Union médita/r, 28 août i85T,dans lequel cet excellent observateur rapporte plusieurs cas d hémiplégie faciale, où la cause cérébrale a été démontrée par l'autopsie, et dans lesquelles cependant l'orbiculaire des paupières était paralysé.
Ces f.iits font encore mieu* ressortir la valeur du signe diagnostique différentiel île l'hémiplégie cérébrale de la face et de la paralysie de la septième paire signe ti.é de l'état de la contractilité électro-musculaire.