‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 308 sur 505 · ART. II, § II. — DIAGNOSTIC DIFF. DES AFF. CÉRÉBELLEUSES · texte numérisé non relu

ART. II, § II. — DIAGNOSTIC DIFF. DES AFF. CÉRÉBELLEUSES

II. — VERTIGES. DlPLOI'IE AU POINT DE VUE DU DIAGNOSTIC DANS LES AFFECTIONS CÉRÉBELLEUSES.

Les vertiges sont en général les premiers symptômes des affections cérébelleuses. J'ai en effet demandé à un grand nombre d'individus qui en étaient atteints, s'ils éprouvaient des vertiges ; ils m'ont dit que la tête leur tournait, ou bien qu'ils voyaient tout tourner ou danser autour d'eux, et que c'était cela qui les empêchait de se tenir d'aplomb ou de marcher droit devant eux. Leur titubation n'est pas produite par le défaut de coordination des mouvements; elle est causée par les vertiges ; c'est pourquoi je l'ai appellée titubation vertigineuse.

L'alaxie locomotrice, au contraire, ne produit point de vertiges ; les troubles de l'équilibration et la titubation, qui se montrent à une certaine période de cette maladie, ne sauraient donc être attribués à ces vertiges. J'ai constaté ce fait sur plus d'une centaine de sujets. Je leur demandais si, dans la station debout ou en marchant, ils avaient des vertiges; si la vue se troublait alors; s'ils n'en éprouvaient pas des nausées; si, en un mot, ils ne se sentaient pas la tête alourdie ou tourner, comme lorsqu'on a bu un peu trop de vin ou de liqueurs. Ils répondaient que leur tête était parfaitement libre, et que Y équilibration leur manquait seulement dans les jambes. J'en ai vu qui s'étaient enivrés souvent avant l'invasion de leur maladie, et alors ils savaient mieux en faire la différence. Us sentaient bien, disaient-ils, qu'après avoir trop bu, les tournoiements de la tête les empêchaient de marcher droit ou de rester debout, sans se balancer en tout sens, mais que, dans leur maladie les jambes seules leur faisaient défaut pour se tenir en équilibre. L'un d'eux me disait: ((Quand j'avais bu, je ne m'équilibrais pas par la tête ; mais dans ma maladie ma tête est bonne, c'est par le bas que je manque d'équilibre. »

Il est bien entendu qu'alors on doit tenir compte de l'état de la vue, et se rappeler que la diplopie consécutive au strabisme paralytique occasionne aussi des éblouissements, quelquefois des tournoiements pendant la marche, et qu'elle fait dévier de la ligne droite. Mais comme il suffit de clore l'œil affecté de strabisme pour faire disparaître ces troubles, il sera toujours facile d'éviter cette cause d'erreur chez les ataxiques.

En résumé, il est démontré que la titubation, dans l'ataxie locomotrice, n'est pas produite par les vertiges, comme dans les affections cérébelleuses; qu'elle s'explique seulement par la perte de la faculté de coordonner les mouvements. C'est pourquoi je l'ai appelée titubation asijnergique, dont les signes distinctifs sont essentiellement différents, soit dans la station debout, soit dans la marche, de

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ceux de la titubation vertigineuse occasionnée par l'ivresse alcoolique.

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