‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 315 sur 505 · G CÏ1AP. XIII. — PARALYSIE DE QUELQUES PROPRIÉTÉS MUSCUL · texte numérisé non relu

G CÏ1AP. XIII. — PARALYSIE DE QUELQUES PROPRIÉTÉS MUSCUL

ans en 1848, ayant été maltraitée parles maîtres chez lesquels elle était en apprentissage, elle eut, pour la première fois, une attaque d'hystérie quidura vingt-quatre heuresetne futsuivie d'aucun dérangement dans sa santé. Lorsque la menstruation apparut la première fois (à l'âge de quatorze ans), elle eut une deuxième attaque d'hystérie. Depuis lors, des crises hystériques revenaient fréquemment (àpeu près tous les huit jours) et duraient peu de temps (dix minutes à un quart d'heure). Elles étaient caractérisées seulement par de l'étouffement, des envies de pleurer, quelques mouvements nerveux, sans perte de connaissance. Sa santé était du reste excellente ; elle éprouvait seulement des douleursàl'épigastre et dans le côté gauche, au niveau du scapulum.«Sa menstruation revenait irrégulièrement, à des intervalles de deux à trois mois, peu abondamment et ne durait qu'un ou deux jours; pas de pertes en blanc. En juillet 1851, se promenant en canot avec sa maîtresse, elle tomba à l'eau et en fut retirée immédiatement, mais elle perdit connaissance pendant deux heures. A la suite de cet accident, ses crises n'en devinrent pas plus fréquentes. — En mai 1852, les attaques hystériques se rapprochant et durant deux ou trois heures, avec perte de connaissance, elle dut entrer à la Pitié, au n° 29 de la salle du Rosaire (service de M. Gendrin). La sensibilité de la peau était alors seulement perdue aux membres supérieurs, excepté à la pulpe des doigts; mais elle n'éprouvait aucun trouble dans ses mouvements. Elle fut traitée par des bains froids quotidiens, par l'opium à haute dose et par l'éther. — Après seize mois de ce traitement, elle n'avait encore éprouvé aucune amélioration. A dater de ce moment, dit la malade, les attaques s'éloignèrent peu à peu et devinrent de plus en plus courtes. JN'ayant pas eu une seule attaque pendant deux mois, elle se crut en état de sortir de la Pitié, le 17 novembre 1833. Mais huit jours ne s'étaient pas écoulés, depuis sa sortie de l'hôpital, que des attaques nouvelles, très-fortes et très-longues, reparurent tous les deux ou trois jours et furent bientôt suivies d'insensibilité générale. Elle était très-maladroite de ses mains, et ne pouvait marcher qu'en regardant ses membres inférieurs. Elle se sentait cependant assez forte et pouvait rester debout sans fatigue; mais, après un certain temps, ses jambes tremblaient. La nuit elle ne pouvait remuer dans son lit, et, le jour, elle se retrouvait dans la position où elle s'était placée en se couchant; alors seulement il lui était possible de se mettre sur les côtés, de se lever et de marcher. Une nuit, ayant eu une courte attaque, elle fut jetée de son lit sur le parquet, et dut, quand elle revint à elle, rester dans une position très-génanle, jusqu'à ce que le jour vînt lui permettre de se relever. Elle se fit conduire alors à l'hôpital de la Charité, où elle est entrée le 2 décembre i 853, au n° 49 de la salle Sainte-Marthe. Quelques jours après son entrée, M. Briquet m'invita à examiner ce cas qui lui paraissait offrir, quant aux troubles de la sensibilité, beaucoup d'analogie avec ceux que nous observions journellement dans son service. Ainsi, il avait constaté que Désirée avait perdu la sensibilité tactile et la sensibilité à la douleur sur toute la surface du corps; qu'elle ne sentait même pas l'excitation électro-cutanée; que les tissus placés sous la peau (muselés, os, troncs nerveux) étaient aussi insensibles que la peau, excepté dans un point limité du côté gauche du

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thorax où la pression était douloureuse, et dans lequel se faisaient souvent sentir des douleurs spontanées; que la face était également insensible à toutes les excitations ; que l'odorat était perdu, et enfin que la vue était très affaiblie à gauche. Quant aux mouvements, nous avions retrouvé les phénomènes que nous avions déjà notés sur les malades frappés, comme elle, d'insensibilité générale et profonde. Lui donnait-on la main, par exemple, elle la serrait avec assez de force; elle fléchisssait ou étendait de même l'avant-bras sur le bras, etc. ; mais elle ne pouvait modérer ses contractions musculaires, de sorte quelle serrait toujours avec la même force, si on lui disait de prendre légèrement la main qu'on lui offrait ; elle ne pouvait non plus faire de différence entre w\ corps léger et un corps pesant ; elle ne sentait pas la résistance qu'on opposait à ses contractions musculaires; phénomènes qui caractérisent la paralysie de la sensibilité musculaire et articulaire. Depuis son entrée à la Charité, la force musculaire avait encore diminué dans les membres inférieurs, de sorte qu'elle ne pouvait se tenir debout sans trembler. Enfin, il est encore un autre phénomène que nous avions observé, M. Briquet et moi, dans ces cas d'insensibilité générale et profonde, et qui existait chez elle : c'est qu'on pouvait frapper violemment ses membres, les agiter, les secouer fortement, les changer de place, sans qu'elle en eût conscience; puis, comme elle ne sentait pas le lit dans lequel elle reposait, elle éprouvait des saisissements continuels, au moment de son réveil, se croyant alors menacée d'une chute ; elle n'était complètement rassurée que lorsqu'elle se voyait réellement couchée dans son lit.

En me livrant à l'examen de cette malade, j'avais découvert qu'elle présentait, au plus haut degré, le phénomène qui fait l'objet spécial de cet article. Ainsi, m étant penché de manière à l'empêcher de voir sa main, au moment où je lui disais de la fermer, cette main était restée immobile, bien qu'elle crût l'avoir fermée ; ensuite, pendant que je lui avais fait étendre et fléchir l'avant-bras sur le bras, ayant détourné son regard de ce membre, le mouvement s'était arrêté tout à coup, et le membre était resté dans cette position, comme s'il eût été tétanisé. J'ajouterai que la malade, que je voyais pour la première fois, ignorait ce que je cherchais à constater. Je me décidai alors à livrer à l'observation publique ces phénomènes que j'avais vus assez souvent se reproduire de la même manière, depuis plusieurs années, pour être bien certain de leur réalité. Je fis donc constater par les personnes présentes à la visite ce que je venais d'observer chez Désirée, et j'essayai de rendre même ces phénomènes plus saillants en variant les expériences suivantes.

1° Après avoir masqué la vue de cette malade, lui disait-on de fléchir l'avant-bras sur le bras ou de l'étendre, quand on l'avait placé dans la flexion, et de fermer ou d'ouvrir la main, le membre restait immobile à droite comme à gauche ; on voyait seulement, dans ce membre, quelques mouvements irréguliers et limités qui annonçaient les efforts auxquels elle se livrait pour faire les mouvements qu'on lui commandait. Elle croyait les avoir exécutés, et manifestait un étonnement mêlé de chagrin, lorsqu'on lui laissait voir que son membre était resté inerte. Je variai ces expériences aux membres inférieurs comme aux membres

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