‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 365 sur 505 · ART. I, § II. — PARALYSIE DU GRAND DENTELÉ · texte numérisé non relu

ART. I, § II. — PARALYSIE DU GRAND DENTELÉ

trice et élévalrice du trapèze, on trouve réunis les signes diagnostiques de chacune de ces affections, que je viens de décrire isolément. Dans ces conditions, l'épaule semble prête à se détacher du tronc ; le poids du membre supérieur occasionne souvent, dans les points correspondants aux attaches du trapèze, des tiraillements douloureux qui obligent quelquefois le malade à se coucher afin de se soustraire à l'action de cette pesanteur du membre supérieur.

Je dois dire, en terminant ce qui a trait à la pathologie du trapèze, que son atrophie ne dérange en rien les mouvements du bras, si l'on en excepte toutefois l'élévation verticale de ce dernier, mouvement, qui paraît seulement un peu affaiblie parla perle de la portion moyenne de ce muscle.

§ II. — Atrophie et paralysie du grand dentelé.

On a compris ou plutôt confondu, sous le nom de paralysie du grand dentelé, une affection complexe dans laquelle un ou plusieurs muscles ou faisceaux musculaires se trouvent ou atrophiés, ou paralysés, ou contractures. C'est ce dont on se convaincra facilement, en relisant les observations de paralysies du grand dentelé qui ont été publiées (1), quand on aura pris connaissance des signes qui caractérisent chacune de ces lésions musculaires, signes qu'il m'a été permis d'établir, après en avoir constaté l'existence à l'aide de la faradisalion localisée.

Afin de faciliter et de rendre plus claires ces éludes de diagnostic différentiel, j'exposerai d'abord les signes qui n'appartiennent qu'à l'atrophie ou à la paralysie du grand dentelé, me réservant de grouper autour de celle-ci, soit les affections qu'on a faussement intitulées : paralysies du grand dentelé, soit celles qui les compliquaient ordinairement et qui cependant ont été méconnues.

C'est en faisant imprimer certains mouvements volontaires au membre du côté malade, que l'on voit se démasquer les signes vraiment pathognomoniques de la paralysie du grand dentelé. Je vais les décrire.

A l'instant où le malade écarte le bras du tronc, et principalement lorsqu'il le porte en avant, on voit le scapulum exécuter deux mouvements principaux: 1° un mouvement de rotation sur son axevertical, de telle sorte que le bord spinal B (fig. 186 et 187) de cet os s'éloigne des parois costales; 2° un mouvement de bascule par lequel l'angle inférieur A (fig 486), s'élève en se rapprochant de la ligne médiane, pendant que l'angle externe D est déprimé.

L'étendue de ces mouvements pathologiques du scapulum, pen-

(l) La Gazette des hôpitaux, du 21 juin 1845 au 5 juin 1848, a publié quinze observations de ces prétendues paralysies du grand dentelé.

940 CnAI*. XVI. — PARALYSIES ET CONTRACTURES DES MEMBRES, ETC.

dant l'élévation du bras, est en raison directe du degré de paralysie ou d'atrophie du grand dentelé. Ainsi au degré le plus avancé de celte lésion, le scapulum se détache du thorax, sous la forme d'une aile, en soulevant la peau qui se replie dans l'espace compris entre son bord spinal et la paroi costale, de manière à former une sorte de gouttière profonde (B, C, flg. 187) de 4 à 5 cen-

FlO. 186 ;*).

Fia. 187 (♦*).

limôtres, ou qui, lorsque le trapèze et le rhomboïde sont également atrophiés, s'enfonce entre la face antérieure du scapulum et les côtes, comme si un vide se faisait sous elles, et y forme une vaste excavation, dans laquelle on peut loger la main tout entière presque jusqu'au creux de l'aisselle (voy. CB, fig. 188). Pendant ce mouvement de rotation sur l'axe vertical du scapulum, la dépression de l'angle externe de cet os est telle que le bras atteint à peine la

(') (**) Mouvement du scapulum pendant l'élévation du bras, par l'action du deltoïde, dans la paralysie du graod dentelé (fig. 186, côté droit) sous l'influence de l'excitation électrique du deltoïde (fig. 187, coté gauche). — L'angle inférieur A, fig. 186, se rapproche de la ligue médiane, et le bord spinal B s'éloigne du tronc. Ce mouvement pathologique contraste avec le mouvement normal du scapulum opposé A, fig. 188, pendant l'élévation physiologique du bras. — Voy. obs. XXIII, p. 284.

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