SUR L'ÉPAULE
§ I. — Contracture ilu rhomboïde.
I. Symptômes. — La contracture du rhomboïde produit une déformation de l'épaule que les auteurs ont attribuée à une autre lésion, à la paralysie du grand dentelé, par exemple. Dans les premières expériences électro-physiologiques que je fis sur le rhomboïde d'un sujet dont le trapèze était atrophié et chez lequel je mettais ce muscle en contraction continue, au moyen d'un courant d'induction à intermittences rapides, j'ai annoncé que l'attitude imprimée à son scapulum, pendant ces expériences, devait être nécessairement semblable à celle qui est produite par la contracture du rhomboïde. J'ai tiré immédiatement de celle expériences les signes diagnostiques de la contracture du rhomboïde* Depuis lors j'ai eu l'occasion de constater l'exactitude de ces déductions, dans des cas de contracture du rhomboïde.
Ces fails intéressent au plus haut degré la pathologie et la thérapeutique des affections musculaires de l'épaule, c'est pourquoi j'exposerai l'un d'eux avec quelques détails.
La jeune fille dont il va être question a été présentée à la Société de médecine de Paris, dans une des séances de l'année 1852, avant la guérison de la difformité dont elle était affectée. J'ai établi alors le diagnostic différentiel de cette difformité à l'aide d'expériences électro-physiologiques, faites comparativement sur elle et sur un autre sujet dont le grand dentelé était atrophié .
Observation CXC. — En février 1S49, Aglaé Prude, d'une bonne constitution, figée de treize ans, demeurant à Bagnolet, sentit pour la première fois, sans cause connue, une douleur dans la partie moyenne et latérale droite. du cou. Celle douleur augmentait par la pression ou lorsqu'elle portait la tête du côté opposé. Le médecin de la localité y constata un gonflement léger qu'il attribua à un mouvement lluxionnaire. La petite malade souffrant peu, et n'éprouvant aucun trouble dans sa santé, il crut ne devoir prescrire aucun traitement, cspéranl que cet étal se dissiperait spontanément. A dater de cette époque, on ne lit plus aucune attention à la gêne continuelle qu'elle éprouvait, surtout dans certains mouvements de la tête. La personne chez laquelle elle demeurait, et qui, chaque matin, assistait à sa toilette, affirmait que, jusqu'au mois d'octobre 18o0, époque à laquelle Aglaé fut mise en pension, il ne se manifesta aucune modification dans l'attitude normale de son épaule. Entrée