ART. II, § I. — CONTRACTURE DU RCOMBOIDE
tée, trois mois après. Voici ce que je constatai alors. Son épaule droite était beaucoup plus élevée que celle du côté gauche. L'omoplate, qui avait suivi le mouvemcmeut de l'épaule, avait exécuté un mouvement de bascule par lequel son angle inférieur s'était rapproché de la ligne médiane. Au-dessus et en dedans de l'épine de l'omoplate, dont la direction était oblique de bas en haut et de dedans en dehors, on voyait une tumeur dure, due évidemment à la contracture du rhomboïde; audessus de l'omoplate, le tiers moyen du trapèze contracture faisait un
relief considérable. La portion claviculaire du trapèze était dans le relâchement; pendant l'élévation du bras en avant, l'omoplate droite exécutait son mouvement normal, comme du côté sain. Pas de déviation du rachis; pas de déformation du thorax.
La rétraction du rhomboïde se reconnaît aux mêmes signes que la contracture de ce muscle, ce qui me dispense de la décrire. Cependant, je dois rappeler que l'expérimentation électro-physiologique démontre que la contraction artificielle du rhomboïde, et conséquemment sa rétraction, ne permettent pas h l'humérus d'atteindre la direction horizontale. Dans ce cas, le grand rond retient
(*) Attitude vicieuse de l'omoplate, par contracture du rhomboïde et des deux portions supérieures du trapèze.
I,**) Attitude vicieuse de l'omoplate occasionnée par la voussure postérieure du thorav du côté ■correspondant à la convexité dorsale du rachis, dans le premier degré de la scoliuse.
l'humérus, et l'acromion s'oppose à son élévation; d'où il résulte que si alors on coupait le grand rond, l'humérus pourrait, il est vrai, s'élever davantage, mais que ce mouvement ne pourrait se faire sans que la tête frottât contre l'acromion et fût chassée par lui en bas, hors de la cavité glénoïde.
Enfin, l'électro-physiologie démontre, de la manière la plus évidente, que la contraction simultanée du rhomboïde et du grand rond fixe le bras contre le tronc et un peu en arrière, sans qu'il soit possible de l'en détacher.
A. — Il existe une attitude du scapulum, occasionnée par l'atrophie de la portion élévalrice du trapèze, qui offre quelque ressemblance avec celle qui est produite par la contracture du rhomboïde (voy. fig. 183). La ressemblance entre ces deux affections est encore plus grande, lorsqu'en même temps que les deux portions supérieures du trapèze, le grand dentelé a perdu sa puissance tonique, comme on l'observe, par exemple, consécutivement à l'atrophie musculaire progressive. La figure 125, p. 305, représente l'attitude du scapulum qui n'est plus mis en mouvement sur le tronc que par son muscle angulaire. Dans ce cas, le trapèze, les rhomboïdes, les grands dentelés, ont été entièrement détruits par l'atrophie musculaire progressive. Si l'on rapproche cette ligure 125 de la figure 193, on verra que dans ces faits si différents quant à la lésion musculaire, chacune de ces figures représente le scapulum à peu près dans la même attitude vicieuse. Dans ces figures, en effet, l'angle inférieur de l'omoplate est plus élevé et plus rapproché de la ligne médiane; le bord spinal de cet os a la même direction oblique de dedans en dehors, et de bas en haut.
Voici heureusement un signe qui dislingue l'une de l'autre, ces affections en apparence semblables : dans l'atrophie ou dans la paralysie des deux tiers inférieurs du trapèze, qu'elle soit ou non compliquée de la lésion identique du grand dentelé, le moignon de l'épaule est toujours abaissé, tandis que, dans la contracture du rhomboïde, le moignon de l'épaule se trouve au niveau ou au-dessus de sa hauteur normale.
Ou observe, en outre, dans la contracture du rhomboïde, une tumeur résistante, située entre le bord spinal et la ligne médiane, au niveau du rhomboïde contracture, tumeur qui disparaît dès que l'on fait porter le bras en avant, ou lorsqu'on abaisse l'angle inférieur du scapulum en appuyant sur lui; la difformité occasionnée par l'atrophie de la portion élévalrice du trapèze ne présente aucun de ces phénomènes.