‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 434 sur 505 · ART. I. — SPASMES FONCTIONNELS DE LA TÊTE · texte numérisé non relu

ART. I. — SPASMES FONCTIONNELS DE LA TÊTE

Observation CCV. — J'ai vu un tourneur chez lequel les fléchisseurs du pied sur la jambe se confracturaient dès qu'il l'appliquait sur la planche pour faire mouvoir son tour. Cependant, ce phénomène n'apparaissait pas dans les mouvements de la marche ou dans les autres mouvements volontaires.

Observation CCVI. — M. le professeur Andral m'a dit avoir été consulté, en 1835, par un monsieur de Rouen, dont la tête tournait à droite par la contraction des muscles rotateurs, lorsqu'il lisait, jusqu'à ce qu'il eût rejeté son livre. Ce monsieur était également atteint de la crampe des écrivains. 11 aimait passionnément la leclure et en a abusé toute sa vie.

Observation CCVII. — Un savetier éprouvait également des contractures dans le splénius et le deltoïde droits et dans quelques muscles de la face, dès qu'il se mettait au travail (1).

Observation CCVllI. — J'ai été consulté en 1853 par un savant qui avait fatigué sa vue, pendant plusieurs années, en déchiffrant des manuscrits. Depuis six mois, dès qu'il lisait ou regardait fixement un objet, il éprouvait les accidents suivants : sa vue avait toujours été bonne et n'était nullement troublée, si son regard était vague; mais, quelques secondes après que ses yeux s'étaient arrêtés sur un objet, il voyait double. Il était facile de constater alors que ce phénomène morbide dépendait de la contracture spasmodique du droit interne de son œil gauche, contracture qui cessait dès qu'il ne regardait plus fixement.

Observation CC1X. — Un étudiant de Strasbourg , se préparant à passer ses examens pour le baccalauréat, s'était livré à un travail forcé et continu. Cette trop grande contention d'esprit et les efforts qu'il faisait pour vaincre le sommeil provoquaient, disait-il, un serrement douloureux dans ses tempes, son front et ses yeux, ce qui l'avait forcé de discontinuer ses études. 11 ne pouvait se livrer à la lecture sans en être empêché, bienlôt après, par le retour de ces troubles fonctionnels dont il m'a rendu témoin. J'ai constaté qu'alors ses sourcils étaient élevés par la contracture de ses muscles frontaux, et que ses paupières se fermaient par la contracture des orbiculaires ; que sa face s'injectait et que ses veines temporales étaient gonflées. Cet état a duré plusieurs années et n'était provoqué que par la lecture. Ce jeune homme, que je n'ai pu guérir, s'est tué de désespoir.

Observation CCX. — J'ai rapporté (2) l'histoire d'un paveur dont les deuxsterno-mastoïdiens se confracturaient pendant la contraction instinctive des muscles qui maintiennent la tête en équilibre entre la flexion et l'extension. Cette contracture était telle que sa tête se fléchissait avec une force extrême. Il suffisait que sa tète fût appuyée pour que la contracture

(1) J ai fait sur ce sujet un grand nombre d'expériences icono-photographiques, lorsque j'ai commencé mes recherches sur le mécanisme de la physionomie humaine. Il a été représenté fréquemment dans le livre que j'ai publié sur cette question (Mécanisme de la physionomie humaine, etc., 1866). Il travaillait au moins 12 heures sur 24, ce qui avait provoqué ses spasmes fonctionnelse. Je le fis entier à l'hôpital de la Charité, dans le service de M. Briquet, où j'ai essayé de le traiter par la faradisation des antagonistes des muscles contractures. C'est pendant ce traitement que j'ai fait mes expériences électro-physiologiques sur sa face. II a été guéri.

(2) Duchenne (de Boulogne), Élect. k., 1861, obs. CCXXXIV.

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