CHAI'. XVII. — SPASME ET IMPOTENCE FONCTIONNELS
cessât. Jamais, celle-ci n'apparaissait, lorsqu'il était couché ou renversé, ou si sa tête était appuyée sur le dos d'un fauteuil.
Observation CCXl. — J'ai constaté aussi l'existence d'une contracture fonctionnelle, analogue dans un des sterno mastoïdiens, chez une demoiselle. Mais je reviendrai sur ces deux faits, quand j'en serai à la question thérapeutique.
Observation CCXII. — M. le professeur Verneuil m'a adressé, en 1869, une dame dont le sterno-mastoïdien droit se contracturait, dès qu'elle était debout ; le spasme cessait lorsque sa tête était appuyée.
Observation CCXllI. — Voici maintenant un cas de spasme des mouvements expirateurs (le plus curieux que j'aie observé), qui me paraît pouvoir être classé seulement dans les spasmes fonctionnels. Je n'en rapporterai que le sommaire.
En 1859, j'ai observé, chez un curé de campagne, les troubles suivants dans le mécanisme de la respiration : à chaque inspiration, tout le côté gauche de son abdomen se déprimait, pendant que du côté droit l'épigastre était soulevé normalement. M. Gimelle, membre de l'Académie de médecine, qui me l'avait adressé, avait diagnostiqué une paralysie de la moitié droite du diaphragme, dont j'ai rapporté des exemples dans mon mémoire sur les fonctions de ce muscle; mais cette paralysie n'était qu'apparente. Ce trouble de la respiration était dû uniquement à la contraction spasmodique et douloureuse des muscles de l'abdomen du côté droit, et surtout du grand oblique. A chaque inspiration, en effet, on sentait ce muscle se durcir; on distinguait même, à travers la peau, qui était très-amaigrie, la direction de ses faisceaux contractures. Ce spasme était si violent, que le tronc en éprouvait, à chaque inspiration, un mouvement de torsion de droite à gauche. 11 était douloureux; c'était une véritable crampe qui durait tout le temps de l'inspiration. Ce conflit entre les muscles inspirateurs et expirateurs s'opposait au développement de l'épigastre et de la partie inférieure du thorax, du côté droit, et conséquemmenl à l'expansion du poumon. Il en résullait que la respiration était extrêmement gênée et que le malade étouffait toujours. Cette affection était apyrétique ; c'était une névrose qui depuis deux ans résistait à toutes les médications (1).
Nous verrons bientôt que le spasme fonctionnel se localise quelquefois dans certains muscles moteurs du pied sur la jambe.
(1) La faradisation cutanée fit d'abord disparaître pendant quelques heures ce spasme fonciionnel de la respiration , mais bientôt ce modificateur fut sans action. La faradisalion des muscles de l'abdomen du côté opposé produisit un résultat analogue. Je noterai ici que, dès que lacontraction artificielle du grand oblique gauche était pratiquée synergiquement avec le spasme de celui du côté droit, l'abdomen était déprimé des deux côtés, et le tronc ne tournait plus de droite à gauche. Mais lorsque le spasme du côté droit avait cessé, la faradisatien énergique du grand oblique gauche imprimait au tronc un mouvement de torsion de gauche à droite. Je dus bientôt renoncer à ce mode de traitement dont l'action modificatrice fut bien vite épuisée. Enfin, la faradisation directe et à intermittences rapides des muscles affectés a été également appliquée sans succès. Cet ecclésiastique avait une passion pour jouer du serpent. Il avait abusé de cet exercice auquel il attribuait avec raison, je crois, sa maladie. Pendant qu'il jouait de cet instrument, ses spasmes lui en faisaient tirer des sons qui égayaient les paroissiens. C'est ainsi disait-il, qu'il s'était aperçu du début de sa maladie.