ART. Y. — PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Mais il est une autre région où il semble que l'on doive mieux triompher du spasme fonctionnel; il n'en est malheureusement pas toujours ainsi, comme me l'a prouvé un cas de spasme fonctionnel des deux sterno-mastoïdiens qui se produisait chez un ancien paveur, pendant la station assise ou debout, et dans lequel la faradisation a échoué. Cette observation a été longuement exposée dans la précédente édition (1).
Il ressort de mes observations que la faradisation localisée, de quelque manière que je l'aie pratiquée, n'a exercé, en général, aucune influence curalive sur le spasme, fonctionnel, bien qu'elle ait paru quelquefois améliorer momentanément l'état des malades.
Cet insuccès de la faradisation localisée concourt à confirmer la théorie du spasme musculaire fonctionnel, que j'ai exposée précédemment, et qui fait dépendre ce trouble de la locomotion d'une lésion morbide d'un point du centre nerveux. On comprend donc que celte excitation toute périphérique et localisée dans un muscle soit incapable de modifier ou de faire disparaître un trouble fonclionnel symptomatique de cette lésion nerveuse centrale.
Si, au contraire, le point de départ de la maladie siégeait dans les muscles affectés par le spasme musculaire fonctionnel, il est probable que la faradisation localisée aurait plus de prise contre elle et agirait comme dans la contracture idiopathique. J'ai démontré, en effet, que celte dernière affection guérit, en général, par la faradisation des muscles antagonistes. J'ai même rapporlé dans la précédente édition (°2) un cas de guérison par ce mode de traitement, de contracture du splén'us gauche compliquant une crampe des écrivains, ou plutôt qui avait été provoquée par les efforts que faisait le malade pour écrire malgré sa crampe des écrivains. La faradisation, qui avait guéri cette espèce de contracture secondaire, n'avait cependant exercé aucune influence sur son spasme fonclionnel primitif de la main. Il essaya une fois, en effet, d'écrire avec sa main droite, depuis la guérison de la contracture idiopathique de son splénius, ce qu'il n'avait pu faire depuis longtemps. Les premières lignes furent faciles et assez nettes; mais bientôt il sentit revenir la roideur de sa main et puis ses crampes. Voulait-il lutter un instant contre cette difficulté, la contracture musculaire du cou commençait déjà à reparaître. Il a eu la sagesse de s'arrêter à temps et de ne pas répéter cet essai imprudent, qui aurait rappelé infailliblement la contracture secondaire dont il est heureusement guéri. Il exerce aujourd'hui un état qui n'exige qu'une signature à donner à de rares intervalles.
(1) Diichenne (de Boulogne1, Ekct. loc, :S6I, obs. CCXXX1V.
(2) IbUL, obs. (JC.\I![3 p. 923.