CHAT. XVII. — SPASME ET IMPOTENCE FONCTIONNELS
J'ai obtenu aussi la guérison d'un spasme fonctionnel du slernomasloïdien parla contraction volontaire, continue des muscles antagonistes, provoquée et entretenue par une résistance élastique, espèce de gymnastique que j'avais eu l'idée d'expérimenter dans un cas de spasme fonctionnel. Cette affection datait de trois ans, elle avait été rebelle à une médication active et à la faradisation des muscles antagonistes appliquée pendant six mois; en voici la relation.
Observation CCXIX. — 11 s'agit d'une demoiselle d'Orléans, âgée de vingt-quatre ans, pianiste, qui est venue me consulter en 1855. — Depuis trois ans, elle était affectée d'un torticolis contre lequel des médications très-variées avaient échoué jusqu'alors, bien qu'elles eussent été prescrites par les hommes spéciaux les plus habiles. Elle est rumine restée six mois de l'année t 854 dans l'établissement orthopédique de M. Bouvier, où pendant cet espace de temps on essaya, concurremment avec les moyens mécaniques, la faradisation localisée des muscles antagonistes des sternomasfoïdiens, sans obtenir la moindre amélioration. M. Bouvier était d'autant plus surpris de cet insuccès, qu'il avait été témoin de la guérison obtenue chez d'autres malades au moyen de la faradisation des muscles antagonistes.
Mais je découvris bientôt que cette contracture était un spasme fonctionnel. Elle n'apparaissait, en effet, que pendant la station et cessait dès que la tête trouvait un point d'appui, soit dans le décubitus dorsal, soit lorsqu'elle était renversée sur le dos d'un fauteuil. Je compris alors la raison de sa résistance à une médication qui triomphe habituellement des autres espèces de contractures.
Je fis chez cette malade les mûmes expériences que dans les cas relatés précédemment, et j'obtins des résultats identiques. En effet, au moment où le spasme se produisit pendant la station, je lui fis repousser ma main appliquée contre sa nuque, et ce spasme cessa immédiatement. Mais voici un autre phénomène curieux, qui se manifesta dans cette expérience : lorsqu'elle était dans la station, elle ne pouvait tourner la tête à droite; pendant son séjour à l'établissement d'orthopédie, on n'obtenait les mouvements de latéralité à droite qu'au prix des plus grands efforts, et encore ces mouvements étaient-ils très-limités. Eh bien I pendant qu'elle s'efforçait de vaincre la résistance que j'opposais à l'extension de sa tête, elle exécutait ces mouvements de latéralité de la tête en tous sens avec la plus grande facilité. La possibilité de les faire surprit d'autant plus mademoiselle X..., qu'on lui avait témoigna, disait-elle, la crainte que la difformité des surfaces articulaires et de leurs annexes ne fût la cause réelle de l'obstacle à l'étendue de certains mouvements latéraux de la tête. L'expérience que nous venions de faire non-seulemenl nous rassurait sur ce point, mais encore démontrait, comme dans les cas précédents, que la contraction volontaire des antagonistes des muscles contractures faisait cesser instantanément le spasme musculaire.
Je mis à profit la découverte de ce phénomène dynamique, en conseillant à mademoiselle X... des exercices gymnastiques analogues à ceux