‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 470 sur 505 · CVl'HOSt DOHSALt · texte numérisé non relu

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A. Cyphose do rso-cervieule . Quelle est l'influence de l'affaiblisse-

1088 CHAP. WI1I. — l'HOTUESlî MUSCULAJRIÎ l'UYSlOLOGIQUE.

ment ou du défaut d'action des muscles extenseurs de la portion dorso-cervicale sur l'attitude et.'sur la conformation de la colonne vertébro-crânienne? Lorsqu'on a vu les désordres occasionnés par la paralysie des extenseurs des vertèbres lombaires, on pourrait s'attendre à observer un phénomène analogue, consécutivement à la paralysie des extenseurs des vertèbres dorsales et cervicales. C'est cependant le contraire qui a lieu ; i'atrophie musculaire progressive mJa fréquemment offert l'occasion de le constater.

Si, en effet, après avoir détruit, en totalité ou en partie, l'écorce musculaire de la portion thoracique du tronc, cette maladie commence à atteindre les extenseurs dorsaux et cervicaux (le grand épineux du dos , les faisceaux dorsaux de terminaison intertransversaires du long dorsal, les cervicaux descendants, les transversales épineux dorsaux et les interépineux du cou), la portion dorso-cervicale du rachis s'infléchit progressivement en avant, en décrivant une courbe à convexité postérieure, qui a été appelée cyphose. J'ajouterai que j'ai constaté, chez les individus dont les extenseurs spinaux dorsaux et cervicaux étaient ainsi atrophiés, que les gouttières vertébrales se creusaient proportionnellement au degré de l'atrophie de ces muscles et que l'exploration électrique n'en pouvait plus révéler l'existence.

L'individu qui présente celte courbure peut la redresser, lorsque l'atrophie n'est pas trop avancée et si on le lui commande ; niais il n'essaye jamais de le faire, parce que ce redressement exige de sa part un effort qui le fatigue promptement. Aussi sa colonne vertébrale présente4-elle toujours, dans la station debout, une cyphose dorso-cervicale, qui ne disparaît que dans le décubitus dorsal sur un plan résistant.

J'ai vu naître et se développer, chez un jeune homme, une cyphose dorso-cervicale par affaiblissement ou paralysie des extenseurs spinaux dorsaux et cervicaux ; en moins de deux ans, elle était arrivée a former une courbe à convexité postérieure considérable. (J'en ai pris la photographie.)

J'ai observé un autre exemple de cyphose dorso-cervicale, par faiblesse musculaire, survenue depuis trois ans, sans cause appréciable, chez un homme âgé de soixante-six ans, qui se trouvait à l'Hôtel- Dieu, dans le service de M. Noël Gueneau de Mussy. Il pouvait redresser un instant sa colonne vertébrale, mais avec un grand effort qui Pépuisait; il retombait ensuite bien vite dans son altitude vicieuse.

Bien que, dans cette espèce de cyphose spontanée, on n'observe pas de paralysie des membres, il me semble rationnel de l'attribuer à une faiblesse ou à un défaut d'action des muscles spinaux dorsaux et cervicaux.

ART. IV, § II. — PATHOG. ET l'ROTU. DES COURBURES DU HACHIS. 1089

B. Cyphose dorsale. J'ai va plusieurs fois, dans l'atrophie musculaire progressive, la cyphose parfaitement limitée à la région dorsale, et plus tard devenir dorso-cervicale.

Dans la cyphose par atrophie ou paralysie des muscles spinaux dorsaux et cervicaux, une verticale conduite des apophyses spinales les plus saillantes passe très en arrière (quelquefois 10 à 15 centimètres) de la face postérieure du sacrum, de môme que dans la lordose par atrophie des spinaux lombaires, représentée dans la figure 1 16 ; ce qui donne une apparence de ressemblance entre ces deux espèces de déformation du rachis. Je vais démontrer cependant qu'après un examen attentif on ne saurait les confondre.

Par le fait de l'inflexion exagérée en avant de la région dorsocervicale du rachis, le poids des viscères ayant trop de tendance à entraîner le tronc dans la flexion en avant, la ligne de gravité du corps est ramenée plus en arrière, afin que celui-ci se trouve en équilibre. Or ce reculement de la ligne de gravité du corps est obtenu seulement par une plus grande extension du bassin sur les fémurs, sans que la courbure lombo-sacrée physiologique doive être augmentée.

On se rappelle que les choses se passent différemment dans la lordose par aliophie des spinaux lombaires ; que le tronc est renversé en arrière, jusqu'à ce que les muscles de l'abdomen valides aient seuls à supporter le poids du tronc et puissent ainsi prévenir une chute, en soutenant l'effort de la pesanteur. Mais ici, pour que la ligne de gravité du tronc soit assez rejette en arrière, il ne suffit pas que le bassin soit dans une extension extrême, comme dans ie cas précédent, il faut encore que le tronc se trouve dans la plus grande extension, jusqu'à former un angle au niveau des dernières vertèbres lombaires.

On conçoit donc que, dans la cyphose dorso-cervicale par atrophie des spinaux dorsaux et cervicaux, l'attitude et la déformation du tronc doivent être bien différentes de celles que l'on observe dans la lordose par atrophie des spinaux lombaires.

J'ai démontré que la portion supérieure du grand dorsal concourt puissamment à maintenir la rectitude du tronc, en effaçant les épaules, et qu'elle s'oppose surtout à la courbure antéro-postérieure de la portion dorsale de la colonne vertébrale.

On peut tirer parti de cette notion dans l'application des moyens prothétiques et gymnastiques d'un traitement de la cyphose cervico-dorsale. L'emploi des brassières (ceinture des épaules) qui maintiennent les épaules en arrière et les omoplates rapprochées de la ligne médiane est l'un des bons moyens mécaniques à opposer au développement de celte courbure du rachis ; mais cela ne saurait en duchenne. — 3e édition. 69

constituer tout le traitement. J'y ai joint avec succès la faradisation de la portion supérieure du grand dorsale et des muscles extenseurs de la région cervico-dorsale. En môme temps, j'ai fait pratiquer les exercices gymnastiques qui mettent ces muscles en action.

tV. — SCOLIOSE.

A . Quelques considérations physiologiques et pathologiques. — La scoliose est en général produite par la prédominance ou l'action unilatérale des muscles extenseurs lies vertèbres lombaires. La démonstration m'en a été faite par l'observation clinique.— J'ai eu l'occasion de voir la scoliose naître et se développer chez un enfant, consécutivement à la paralysie atrophique de la masse musculaire qui occupait le côté droit de ses vertèbres lombaires. Cet enfant m'avait été présenté vers l'âge d'un an et demi ; je l'ai revu ensuite à l'âge de six ans. La portion lombaire de sa colonne vertébrale s'était infléchie progressivement du côté gauche, en formant une courbure dont la convexité regardait le côté atrophié ; on y voyait un relief formé par les parties latérales des vertèbres lombaires reconnaissables au toucher, tandis que le côté opposé était déprimé. On sentait aussi que le corps de ces vertèbres avait éprouvé un mouvement de rotation sur leur axe. Le tronc était déjeté à droite; la portion dorsale du rachis offrait une courbure en sens contraire, dite de compensation. La scoliose disparaissait presque instantanément en grande partie, lorsque l'on faisait incliner le tronc en avant, et la colonne vertébrale présentait principalement une courbure lombo-dorsale à convexité postérieure; ce qui prouvait que les spinaux lombaires du côté sain n'étaient pas rétractés. Il n'existait point de rachitisme, ni d'inégalité de longueur des membres inférieurs, aucune autre cause enfin que le défaut d'action des spinaux lombaires du côté droit, qui eût pu concourir a la formation de la scoliose. — J'ai observé, dans la paralysie atrophique de l'enfance , plusieurs cas analogues , à des degrés divers, mais bien moins prononcés que le précédent. Tous ces faits m'ont démontré que , consécutivement à la paralysie unilatérale des spinaux lombaires, une scoliose se forme progressivement, sous l'influence de la contraction unilatérale et de la prédominance tonique des spinaux lombaires du côté sain.

Ces faits incontestables donnent gain de cause à quelques-unes des théories anciennes qui expliquaient la scoliose par l'action unilatérale ou inégale des muscles moteurs du rachis, et principalement à celle de Morgagni, qui s'était demandé si cette contraction des muscles d'un côté peut dépendre de convulsions ou d'une plus grande

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