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intensité moyenne, n'ont cédé qu'aux appareils agissant le plus énergiquement sur la sensibilité cutanée.
§ IV. — Tout appareil de faradisatiou doit posséder un mode de graduation qui permette île mesurer les doses électriques exactement et proportionnellement au degré d'excitabilité «les organes, degré variable dans l'état de sauté et de maladie.
I. Les considérations- dans lesquelles je suis entré (chap. u), pour ce qui a trait au degré d'excitabilité spéciale dont jouissent chacun de nos organes, chacun des mucles et des nerfs, chacune des régions de la peau, excitabilité qui varie encore suivant l'état de santé et de maladie, ces considérations, dis-je, devraient suffire à la démonstration de l'importance et de l'exactitude de la proposition que je viens de formuler.
Comment, en effet, limiter la puissance électrique dans les organes, si l'appareil n'est pas construit de manière à pouvoir distribuer à chacun d'eux la dose qui lui convient? Afin de me faire mieux comprendre, je citerai encore quelques exemples. À l'état normal, la sensibilité du col de l'utérus, delà vessie, du rectum, est peu excitable; les courants les plus faibles agissent, au contraire, énergiquement sur la sensibilité des muscles de la face. Entre ces extrêmes, il existe des degrés d'excitabilité intermédiaires, propres aux autres organes. Pour s'en convaincre, que l'on compare seulement la différence de sensibilité et de contractilité, existant entre les muscles de la face dont le moins excitable Test encore infiniment plus que ceux des autres régions, et l'on verra que chacun d'eux est doué d'un degré d'excitabilité spéciale, qui exige une dose électrique au delà de laquelle on ne doit pas aller, si l'on veut obtenir des contractions partielles, sans provoquer de trop vives douleurs. (Je ne reviendrai pas à ce propos sur ce que j'ai déjà dit, dans le chapitre n, du degré d'excitabilité individuelle des muscles de la face.) On comprendra enfin la nécessité absolue de donner aux appareils faradiques une graduation exacte et qui se fasse sur une échelle d'une étendue suffisante, si Ton se rappelle que le degré d'excitabilité de la sensibilité varie dans chacune des régions et même dans chacun des points de la face. Lorsque, en outre de ces différences d'excitabilité des organes, on considère les différences qui existent dans l'état analomique des tissus sur lesquels on agit (la plus ou moins grande épaisseur du derme, de la couche celiulo-graisscuse souscutanée et des aponévroses a traverser, ou de la couche musculaire dans laquelle on doit localiser l'excitation), état analomique qu'il faut connaître, lorsque l'on veut produire, à coup sûr, les recompositions électriques à telle ou telle profondeur.
II. Mais la graduation ne serait pas exacte, s'il n'y avait pas proportionnalité arithmétique entre les divisions du gradualeur et la force progressive de l'appareil.
La graduation doit s'opérer sur une échelle d'une étendue suffisante, en mesurant tous les degrés d'intensité des courants, proportionnellement au degré d'excitabilité de chacun des organes.
Il faut pour cela que l'appareil faradique puisse être converti en appareil très-fort ou très-faible, suivant les indications à remplir, à l'aide d'un système indépendant du graduateur et destiné à mesurer ou à distribuer exactement les courants forts et les courants faibles.
11 faut enfin, si c'est un appareil volta-éleclrique, que la force initiale de la pile agisse au même degré d'intensité, ou du moins qu'elle soit connue de l'opérateur. On sait, en effet, que la pile qui anime les appareils volta-faradiques, est plus ou moins constante, suivant que ses acides sont plus ou moins concentrés, suivant qu'elle se polarise ou qu'elle s'épuise plus ou moins vite, ou qu'elle s'engorge plus ou moins de sels cristallisés et mauvais conducteurs. On conçoit qu'avec de telles variations dans la force initiale, la mesure des doses électriques devienne illusoire, et en conséquence qu'il soit impossible de formuler exactement les doses électriques qu'il convient d'administrer à chacun des organes. >
Telles sont les propriétés principales que l'on doit trouver réunies dans tout appareil faradique destiné à des études électro-physiologiques et pathologiques médicales et à la thérapeutique. Il est d'autres conditions encore qu'il est très-important de rechercher dans les appareils faradiques. Ainsi ils doivent être portatifs, d'un maniement facile et d'un prix modéré. Comme ces questions n'ont rien de scientifique, je n'ai pas jugé opportun de les discuter dans cet article, me réservant d'y revenir par la suite; quoique secondaires, elles intéressent, au plus haut degré, la pratique de l'électricité médicale.
Dans la première édition, j'avais joint à l'étude des propriétés différentielles des divers courants des appareils d'induction, l'examen critique des appareils faradiques alors en usage dans la pratique médicale; j'avais démontré que ces derniers ne réunissaient pas l'ensemble des conditions nécessaires à la faradisation localisée ou à l'application de cette méthode d'éleclrisation à mes recherches électro-physiologiques et qu'ils ne répondaient pas aux besoins de l'électro-thérapie.
Cet examen critique a porté ses fruits. En effet, l'utilité de l'application de la faradisation localisée à l'étude de la physiologie et de la pathologie musculaires, et la vulgarisation de l'électrothérapie ont imprimé une grande activité au commerce des appareils d'induction. Il en est résulté que les physiciens et les fabricants, les uns dans
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un but de progrès, les autres pour s'attirer la préférence des médecins, se sont appliqués à corriger ou à perfectionner leurs appareils. Aussi le nombre de ces appareils d'induction, perfectionnés ou modifiés, s'esl-il tellement accru en France et à l'étranger, que, pour les examiner ou les critiquer, il me faudrait entrer dans des développements qui me feraient sortir des limites que je me suis imposées. Ces efforts louables ont produit quelques appareils très-ingénieux. Malheureusement les inventeurs s'étant attachés particulièrement à diminuer leur volume et leur prix, ne se sont pas tous assez pénétrés des nouveaux besoins de la science et de la thérapeutique, besoins nés de la création de la méthode de faradisation localisée et de la découverte des propriétés différentielles des courants de diverses hélices.
Les observations critiques que j'avais faites sur les appareils, en général, m'avaient été inspirées par la longue expérience de ceux qui alors étaient les plus usités. Mais j'avais pensé qu'un nouveau devoir m'élaitimposé par la sévérité môme de celte critique, celui d'essayer de faire mieux. C'est pourquoi je m'étais livré avec ardeur à un nouveau genre de recherches peu en harmonie avec mes habitudes, et qui m'eussent été bien pénibles, si je n'avais eu quelque aptitude et quelque goût pour la mécanique, et surtout si je n'avais eu constamment présente à l'esprit la réalisation d'une idée ; la localisation de la puissance électrique dans les organes et son application aux sciences médicales.
Je m'étais donc mis à fréquenter les ateliers où j'avais appris bientôt les secrets de la fabrication ; après bien des essais, j'avais pu produire des appareils construits de mes propres mains, quoiqu'auparavant je n'eusse jamais manié la lime ni le marteau. C'est d'après ces modèles que j'avais tracé le plan des appareils voltafaradique et magnéto-faradique, qui ont été exécutés avec talent par MM. Charrière et Deleuil. Depuis lors, ils ont subi de nouvelles et importantes modifications; j'en vais donner la description dans l'article suivant, me réservant de passer en revue dans un autre article les appareils électro-médicaux les plus usités, et d'en faire l'examen critique.
ARTICLE H
GRAND APPAREIL VOLTA-FARADIQUE A DOUBLE COURANT DE M. DUCHENNE (DE BOULOGNE).
Mon appareil volla-faradique à double courant était assez compliqué à son origine; il subissait le sort de tout appareil nouveau. La multiplicité de ses contacts en rendait la description difficile à comprendre, et bien que sa mise en action fût très-simple, elle oc-
casionnait do fréquents dérangements. L'usage de cet appareil primitif ra'ayant bientôt fait connaître tous ses défauts, je lui ai fait subir successivement des modifications importantes qui l'ont ramené à une grande simplicité, et ont diminué conséquemment la fréquence des accidents qui pouvaient en arrêter la marche ou en affaiblir la force.
De plus, l'appareil modifié offre aujourd'hui un système de graduation plus parfait et des moyens plus variés de produire des intermittences plus ou moins rapides.
Afin de faire mieux ressortir l'importance de ces modifications, j'ai représenté (fig. 44) l'appareil primitif et (fig. 45 et 47) les
g. 44, — " Grand appareil volta-faradique à double courant — appareil primitif de M. Duchenne
(de Boulogne).
appareils perfectionnés, l'un (fig. 45) dont les hélices sont cachées pur une enveloppe, et l'autre (fig. 48), dont les hélices sont à découvert.
§ I. — Description.
A. — Grand appareil volta-faradique recouvert, de M. Duchenne (de Boulogne) (dernier modèle).
Le premier modèle de l'appareil volta-faradique (fig. 44) (1) se composait : 1° d'une pile plate 0 ; 2° de deux hélices superposées ; 3° d'un grachiateur formé par l'hélice externe mobile et que l'on faisait marcher sur l'hélice interne au moyen de la tige R, ; 4° d'un rhéomètre magnétique V; 5° d'une roue dentée D fixée sur une petite planche enfermée dans le tiroir U, qui, lorsqu'on voulait s'en servir, pouvait être relevée comme dans la figure 44; 6° d'un trembleur A.
(1) Cet appareil a été présenté à l'Académie des sciences de France par M. le professeur Despretz en 1848.
CHAI'. IV. — DES APPAREILS ELECTRO-MEDICAUX.
Le dernier modèle (1) (fig. 45 el 48) diffère du premier : 1° par la suppression de la roue dentée D {fig. 44), qui est remplacée par une pédale rhéotome Y (fig. 45), dont le mécanisme sera expliqué bientôt ; cette modification a permis de supprimer les contacts trop multipliés de la figure 44 et de simplifier la fabrication de l'appareil ;
Fig. 45. — Grand appareil tolta-faradique recouvert, de M. Duchenne [de Boulogne).
2° par la graduation opérée au moyen d'un cylindre de cuivre B, recouvrant plus ou moins les deux hélices qui constituent la double induction ; 3° par l'emploi d'un tube F rempli d'eau , appelé modérateur, et qui, combiné avec les tubes graduateurs, permet de mesurer les doses électriques plus ou moins petites, de
Fig. 46.— Les deux piles du tiroir supérieur de la figure 43.
Fig. 47. — La pile de sou tiroir inférieur.
même que les doses les plus élevées ; 4° par l'emploi d'un commutateur des hélices E (fig. 48), dont l'usage sera bientôt
(I) Cet appareil modifié a été présenté en 1850 à l'Académie de médecine de Paris. Voy. Rapport de Soubeiran [Uni/, de l'Acad. de méd., 1860, tome XVI, p. G5(j).
exposé; 5° enfin, par une modification importante de la pile.
Voici la description de l'appareil qui a subi les plus récentes modifications. Je me servirai des figures 45, 46, 47, 48, 49, pour en décrire toutes les parties.
L'appareil est mis en action par une pile formée de trois couples. Ces derniers sont renfermés dans les tiroirs U et U' (fi g. 45). Il y a deux couples dans le tiroir supérieur et un couple seulement dans le tiroir inférieur (fi g. 47).
Chaque couple est composé d'un charbon plat CCr (fi g. 46) adhérent à un bac en caoutchouc durci h et d'une plaque en zinc ZZ', ayant la môme surface que le charbon dont il est séparé par un diaphragme en drap.
Les fils de platine destinés à établir les contacts des charbons sont aussi disposés comme dans le couple (fig. 55) du petit appareil, tandis que les contacts des zincs diffèrent dans chacun des couples. Ainsi : 1° Dans le couple du tiroir inférieur V (fig. 45), une lame en fer b (fig. 47), rivée et soudée au zinc Z, est pliée à angle droit en haut, à son extrémité antérieure, de telle sorte que lorsque ce tiroir est rentré (voy. U, fig. 45), il se trouve en contact avec une petite lame en platine fixée à la paroi antérieure de l'appareil, au niveau du bouton L; 2° dans le compartiment postérieur du tiroir supérieur, le zinc Z (fig. 46) est également prolongé par une lame en fer b. Celte lame est pliée à angle droit en haut, à son extrémité antérieure, et, lorsque ce tiroir est fermé, elle peut être mise en contact avec une petite lame platinée fixée à la paroi antérieure de l'appareil dans le point correspondant au bouton G ; 3° enfin le zinc Z (fig. 46) du couple placé dans le compartiment antérieur du tiroir supérieur repose sur un fil de platine qui se replie sur la paroi postérieure du bac après l'avoir traversé, et ce fil de platine se trouve alors en contact avec un double ressort a fixé à la cloison médiane de ce tiroir supérieur, ressort qui, dans le compartiment postérieur, appuie sur le contact en platine du charbon C. La paroi latérale gauche de ce tiroir a été enlevée afin de laisser voir la disposition des parties constituantes de ces deux couples.
2° Les hélices superposées constituant le système d'induction se composent de deux fils de cuivre rouge, différant en diamètre et en longueur, et recouverts par de la soie.
Le fil de cuivre le plus gros (i/2 millimètre de diamètre) et le plus court (100 mètres de longueur) est enroulé sur une botte de fil de fer doux, de manière à former une hélice. Les extrémités de ce fil, qui produit le courant de la première hélice (extra-courant des auteurs), aboutissent aux petites plaques platinées fixées sur l'appareil au niveau des boutons E, L (fig. 45), qui sont les pôles positif et négatif de la pile enfermée dans ies tiroirs U et U'.