‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 95 sur 505 · CI1AP. IV. — DES APPAREILS ELECTRO-MEDICAUX · texte numérisé non relu

CI1AP. IV. — DES APPAREILS ELECTRO-MEDICAUX

élève la tige J du modérateur, plus l'épaisseur de la couche d'eau que le courant doit traverser est grande, et conséquemment plus l'intensité de l'appareil est affaiblie. Dans cet état d'affaiblissement, les courants de l'appareil peuventêtre divisés et mesurés par le tube graduateur B.

6° Dans l'intervalle des faradisations, on interrompt le courant en desserrant la vis E afin de conserver la puissance de la pile. Alors les plaques en caoutchouc durci sont placées entre les draps et le zinc que l'on a eu soin d'essuyer, si l'appareil ne doit pas être de nouveau mis en action, avant plusieurs heures. On remarque, après l'avoir essuyé, que le zinc est amalgamé par l'action propre de la pile.

Une pile au bisulfate de mercure, ainsi chargée, peut servir deux à trois semaines, en fonctionnant plusieurs heures par jour, sans que l'on ait d'autres soins à prendre que d:entretenir l'humidité des draps et de remuer un peu, chaque jour, avant de s'en servir, le bisulfate de mercure étendu sur le charbon. Je recommanderai enfin d'entretenir dans un état de propreté les contacts platinés.

Lorsque le bisulfate de mercure est entièrement décomposé (alors la pâte, de jaune qu'elle était primitivement, est devenue verdâtre), on lave le charbon et les draps, et l'on charge la pile avec du nouveau bisulfate de mercure comme précédemment. Si la pile de l'appareil venait à se détériorer, ou avait, besoind'une réparation, on pourrait le faire également fonctionner à l'aide d'une pile quelconque (de Daniel, de Bunsen, ou au sulfate de plomb). Il suffirait alors de mettre les pôles de cette pile en rapport avec les boutons E' et 1/ {fig. 45) qui reçoivent les extrémités des fils delà première hélice.

§ III. — Théorie «îe l'appareil volta-faradique de M.Duchenne

(tle ISoulogiie).

Si la pile étant enfoncée dans l'appareil, aucune interruption n'a lieu, soit par le trembleur, soit par la pédale, le courant de celte pile qui est transmis par les boutons L, E (fig. Ao) au fil de la bobine centrale, est continu et ne donne lieu à aucun phénomène d'induction, mais il produit l'aimantation du fer doux de la bobine.

Dans cet état de choses, laisse-t-on la liberté à la plaque A du trembleur, en desserrant la vis C, cette plaque est attirée par l'aimant de la bobine. A l'instant même, le courant étant interrompu, l'aimantation cesse; le fer doux du trembleur est repoussé par un ressort contre la pointe platinée de la vis S et ferme le courant, qui produit une nouvelle aimantation. Ces aimantations temporaires

et ces solutions de continuité du courant se succèdent avec une extrême rapidité dans l'appareil recouvert (fig. 45) et à volonté avec plus ou moins de rapidité dans l'appareil découvert (fig. 48). Quoique la théorie du trembleur soit connue, j'ai dû la rappeler, aGn d'expliquer le mécanisme de ses différentes pièces.

Au moment où le courant de la première hélice est interrompu, on observe des phénomènes physiques et physiologiques qui se produisent en vertu de deux forces combinées, savoir : l'action inductrice du courant sur lui-même, par l'influence mutuelle de ses spires et par l'influence réciproque de ce courant et du fer doux aimanté de la bobine.

Si les extrémités du fil fin qui recouvre l'hélice centrale sont réunies par un corps conducteur, un courant se produit dans la deuxième hélice et se manifeste, à chaque intermittence de cette première hélice, par les effets physiques et physiologiques qu'il développe dans les corps placés dans son circuit.

Pour la théorie de la graduation par le cylindre métallique B, voyez plus loin, § IV, G.

§ IV. — Exposition des principales propriétés de mou grand appareil Tolta-faradique à double courant, et des principes qui m'ont dirigé dans sa fabrication.

A. — Hélices.

Les deux hélices de l'appareil volta-faradique que je viens de décrire jouissent du maximum de leurs propriétés physiologiques différentielles, grâce aux proportions de diamètre et de longueur que j'ai données à leurs fils, proportions que l'expérience m'a fait connaître comme les meilleures, à ce point de vue.

J'ai professé que la puissance des hélices devait être grande, dans certaines circonstances, mais l'expérience, ou plutôt les besoins de la thérapeutique m'ont obligé à l'augmenter de plus en plus. C'est ce qui explique pourquoi la longueur de mes hélices, qui n'avait primitivement que 8 centimètres, est aujourd'hui à peu près doublée, la longueur de leurs fils ayant été augmentée proportionnellement (jusqu'à 1000 mètres pour le fil fin et 200 mètres pour le fil gros). 11 serait facile d'aller au delà de celte puissance; je n'en vois pas jusqu'à présent l'utilité, et ce serait peut-être imprudent.

Cet accroissement de puissance a nécessairement augmenté le poids de l'appareil représenté dans les figures 45 et 48, mais sans rendre son volume plus considérable.

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B. — Commutateur des hélices.

Dans mes premiers appareils, les extrémités des fils de chaque hélice se rendaient dans les boutons métalliques (deux inférieurs pour la première hélice et deux supérieurs pour la seconde) auxquels se fixaient les cordons conducteurs des rhéophores. Il en résultait que lorsque l'on avait à changer d'hélice, il fallait, chaque fois, déplacer les cordons conducteurs. Cette disposition rendait certaines expériences difficiles et était incommode pour la pratique. Il est, en effet, d'autant plus facile de comparer entre elles les propriétés physiologiques différentielles des courants de la première et de la seconde hélices, que l'on peut passer plus rapidement de Tune à l'autre de ces dernières; de plus, il arrive fréquemment, dans la pratique, que l'on doit appliquer alternativement ces deux courants chez un même sujet. Rien n'est alors plus ennuyeux que d'avoir à changer, à chaque instant, l'attache des conducteurs. C'est en outre une perte de temps. Ces exemples font comprendre l'utilité du commutateur des hélices.

G. — Graduation des courants d'induction.

Si uo appareil très-puissant est nécessaire au traitement de certaines affections, comme je l'ai démontré, ce même appareil est impropre aux études physiologiques et pathologiques, et il devient dangereux, s'il ne peut distribuer l'électricité à chacun des organes, suivant le degré d'excitabilité qui leur est propre.

On doit à M. Rognetla un procédé de graduation qu'il a appliqué à l'appareil électro-dynamique de MM. Breton frères, et qui permet de doser l'excitation électrique d'une manière exacte. Il consiste à enfoncer l'hélice centrale dans l'intérieur de l'hélice externe, ou à l'en retirer, et à induire de cette façon une plus ou moins grande quantité de spires de cette dernière hélice. J'avais adopté ce procédé de graduation pour mon premier appareil volta-électrique (fig. 44), présenté à l'Académie des sciences en 1848, avec cette seule différence que, dans ce dernier, la bobine externe était mobile et que la bobine centrale était fixée, afin qu'elle pût recevoir le système du trembleur (1). Mais j'ai bientôt reconnu que ce procédé de graduation n'était pas sans inconvénient, car la bobine mobile nécessitait aussi l'usage des contacts mobiles qui se dérangeaient souvent, compliquaient la fabrication des appareils, et diminuaient, en s'oxydant, l'intensité des courants, ou interceptaient leur passage.

(1) M. Dubojs-neymond (de Berlin) a adopté ce dernier système de graduation pour sou appareil d'induction.

Un hasard me fit heureusement découvrir un mode de graduation beaucoup plus simple et que je ne lardai pas à appliquer à mes appareils, de préférence à la graduation par l'influence mutuelle des hélices. Voici comment je fis cette importante découverte.

Au début de mes recherches, j'avais recouvert d'une enveloppe de cuivre une forte bobine dans le but d'en garantir les fils. Quelle fui ma surprise, quand je m'aperçus que la bobine avait perdu presque toute sa puissance! Mais j'observai alors, en retirant cetle enveloppe,

que, plusje découvrais la bobine, plus le courant de cette dernière augmentait. Ce fut pour moi un trait de lumière ; car, dès ce moment, la graduation par le cylindre métallique était trouvée. En effet, je' remarquai, après quelques expériences, que ce cylindre mesurait l'intensité du courant, dans sa dernière moitié, avec autant d'exactitude que dans sa première moitié, et que le courant diminuait ou augmentait, dans des proportions arithmétiques, suivant que l'on enfonçait ou que l'on relirait plus ou moins le cylindre.

Voici comment un second hasard me fit découvrir en outre que le tube fendu perd son influence sur le courant de la bobine qu'il recouvre. La coiffe métallique du petit appareil dont j'ai parlé plus haut, étant trop juste pour glisser facilement sur la bobine, je fendis le tube dans toute sa longueur, et. je vis qu'il ne graduait pas le couranl. Je ne m'attendais pas à ce phénomène, car j'avais attribué son action seulement au voisinage de la plaque métallique ; alors je soudai à l'une des extrémités du tube un fil de cuivre très-fin qui en réunit les bords, et à l'instant mon cylindre recouvra presque enlièrement ses propriétés.

Je fis plusieurs autres expériences desquelles il résulta que plus la distance qui séparait de la bobine les parois du tube ainsi réunies par un fil était grande, plus son influence diminuait. J'en conclus donc quo, pour obtenir le maximum de dépouillement par le cylindre métallique, il fallait le rapprocher, aulantque possible du fil de la bobine.

Mais le cylindre extérieur ne neutralisait pas complètement les courants d'induction : et, en effet, lorsqu'il recouvrait enlièrement la bobine, celle-ci possédait encore une force très-notable, de telle sorte que, si l'appareil était d'une grande, puissance, cette force était encore considérable. Il était cependant de toute nécessité de graduer ce reste de puissance, sur laquelle le cvlindre extérieur n'avait aucune action.

Je songeai alors à essayer l'influence d'un second cylindre de cuivre, que je fis glisser dans l'intérieur de la bobine et au centre duquel je plaça, une botte de fils de fer doux. L'excès du courant d'induction qui n'avait pas été neutralisé par le cvlindre extérieur, fut considérablement d.minué, dans cette dernière expérience, par l'influence

DfCHEKNE. — 3e édition.

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du cylindre intérieur. Si alors je retirais lentement ce dernier, je sentais cecourant augmenter proportionnellement. Désirantsavoir si cette action du cylindre intérieur tenait à sa puissance neutralisante plus grande que celle du cylindre extérieur, je plaçai alternativement chacun des cylindres à l'intérieur ou à l'extérieur de la bobine, et, comparant leur influence sur la puissance d'induction, je constatai qu'en effet le premier diminuait beaucoup plus que le cylindre extérieur la puissance physiologique des courants de la première et de la deuxième hélice. Il semblait donc que, le cylindre intérieur une lois enfoncé dans la bobine, le cylindre extérieur ne devait plus exercer d'action sur le courant d'induction; il n'en fut cependant pas ainsi, car je sentis que la puissance assez grande, possédée encore par le courant, diminuait très-sensiblement au fur et à mesure que le cylindre extérieur enveloppait la bobine.

Dans toutes ces expériences, je n'ai pas remarqué que l'aimantation de la botte des fils de fer placée au centre de la bobine eût diminué parallèlement à l'affaiblissement de la puissance physiologique des courants d'induction. Ainsi, une boussole étant placée à une certaine distance de l'extrémité de la bobine, de manière que l'axe de cette dernière fût perpendiculaire à la direction du méridien magnétique, on voyait l'aiguille dévier considérablement à l'instant où le fer doux s'aimantait, lorsque le courant était fermé ; mais elle n'éprouvait même pas la plus légère oscillation, lorsqu'on enfonçait les cylindres sur la bobine, ou alternativement, ou simultanément. Cette expérience prouvait donc que, si l'aimantation avait diminué, Jorsque les cylindres recouvraient le fer doux, cette diminution devait être bien faible. Il ne m'a pas été possible non plus d'apprécier cette diminution de l'aimantation, en faisant porter des poids inégaux à Télectro-aimant, pendant que la bobine était placée sous l'influence des tubesde cuivre. Ce n'est que par les battements plus ou moins bruyants et rapides du trembleur et par l'éclat moins vif de l'étincelle de ce trembleur, que j'ai pu constater que l'aimantation du fer doux central diminue réellement, sous l'influence des cylindres. Cette influence sur l'aimantation est extrêmement faible par le cylindre extérieur, car le bruit du trembleur est très-peu diminué, lorsqu'il recouvre entièrement la bobine; le cylindre intérieur, au contraire, diminue assez l'aimantation pour troubler la marche du trembleur et ralentir la vitesse de ses battements.

Puisqu'il m'était démontré que les cylindres de cuivre placés intérieurement ou extérieurement sur la bobine influençaient si faiblement l'aimantation du fer doux placé au centre de celle bobine, il fallait donc que ce fût directement sur les courants d'induction que leur influence neutralisante s'exerçât. C'est, en effet, ce que l'expérience confirme pleinement; c'est ce qu'il est facile de con-

stater, en répétant les expériences précédentes sur la même bobine à 'aquelle on a enlevé la botte de fils de fer doux. On voit, en effet, que Jes cylindres métalliques agissent sur les courants d'induction, comme lorsque le fer doux est placé au centre de la bobine, c'est-à-dire qu'ils neutralisent d'autant plus ces courants d'induction qu'ils s'enfoncentdavantagesurcettebobine.Cen'estpasseulementlapuissance physiologique du courant qui diminue alors, c'est également l'éclat

desétincelles produites par lesintermittences,end'autres termes, l'action calorifique du courant. Évidemment aussi, dans ce cas, la tension du courant d'induction diminue ; ce que l'on prouve encore par d'autres expériences, en faisant passer, par exemple, le courant à travers une couche de liquide dont on lui voit vaincre d'autant moins la résistance, selon que les tubes recouvrent davantage les fils de la bobine. (Il va sans dire que, par le fait de l'enlèvement de la botte de fils de fer du centre de la bobine, l'intensité des courants à graduer par les tubes était beaucoup moins grande.) ^ Chacun des cylindres métalliques influence plus spécialement l'hélice dont il se trouve plus rapproché : ainsi, lorsque l'hélice centrale est privée de fer doux, l'action du cylindre intérieur se fait sentir très-fortement sur son courant, tandis qu'elle est à peine appréciable sur le courant de la seconde hélice. Le tube extérieur agit sur les courants de la deuxième hélice dans un sens opposé. Cette expérience rend raison de la différence exercée parles tubes sur la vitesse et l'énergie des battements du trembleur. On comprend, en effet, que, l'aimantation du fer doux central étant produite par le courant de la première hélice, cette aimantation doive être plus affaiblie par le tube intérieur qui agit spécialement sur le courant de la première hélice, que par le tube extérieur dont l'influence sur ce courant de la première hélice est presque nulle. Je ferai bientôt ressortir l'importance de la connaissance de ce phénomène.

L'appareil à double cylindre graduateur, dont le fer doux est mobile (fig. 48), peut servir à répéter toutes les expériences que je viens de relater.

Veut-on étudier l'influence du cylindre externe B sur les courants/le tube interne C est tiré en dehors de la bobine, comme dans la figure 48. On fait le contraire pour expérimenter l'action du tube interne C.

Un mécanisme d'une grande simplicité permet de fixer l'un à l'autre le cylindre interne et le cylindre externe, et de les faire marcher ensemble de manière à couvrir ou à découvrir les surfaces interne et externe de la bobine. 11 en résulte, on le conçoit, que les courants d'induction sont plus complètement neutralisés que lorsque les cylindres fonctionnent isolément. Enfin, la botte de fils de fer étant mobile, on peut facilement expérimenter l'action alternative

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