CUAP. IV. — DES APPAREILS ÉLECTRO-MÉDICAUX
ou simultanée des cylindres avec ou sans le concours de sa puissance magnétique.
En résumé : 1° un cylindre de cuivre (appelé aussi diaphragme), placé à l'intérieur ou à l'extérieur d'une bobine composée d'une première et d'une seconde hélices superposées, et dans l'intérieur de laquelle il n'existe pas de fer doux, neutralise d'autant plus les courants qu'il recouvre une plus grande quantité de spires, en s'induisant lui-même à la manière d'un conducteur fermé; 2° le cylindre externe agit spécialement sur le courant de la deuxième hélice, tandis que le cylindre interne affecte principalement le courant de la première hélice ; 8° les cylindres diminuent davantage l'intensité des courants de la première et de la seconde hélices, en marchant simultanément dans le même sens, que lorsqu'ils agissent isolément; 4° la présence d'un fer doux dans l'intérieur de la bobine ne modifie en rien la propriété que possèdent les cylindres métalliques intérieur et extérieur de neutraliser l'intensité des courants, parallèlement à leur progression sur la bobine, et vice versa; car, si d'un côté l'influence magnétique du fer doux sur les hélices augmente l'intensité de leurs courants, d'un autre côté les cylindres de cuivre qui les recouvrent neutralisent cette intensité proportionnellement et aussi bien que lorsque la bobine est privée de son fer doux; 5° l'aimantation du fer placé à l'intérieur de la bobine diminue extrêmement peu, quand les cylindres de cuivre recouvrent les hélices; d'où l'on doit conclure que ces cylindres agissent directement sur les courants des hélices, comme le prouventd'ailleurs les expériences exposées ci-dessus, et que ce n'est pas la neutralisation de l'aimantation du fer par le cylindre qui empêche l'induction de se produire (1).
(1) Avant la publication du savant traité de M. De La Rive (Traité de l'électricité théorique et appliquée, Vnris, Ï8f>4- 1858, 3 vol. in-8 ), j'ignorais, je l'avoue, que M.Dove, physicien d'un très-grand mérite, professeur de météorologie à Berlin, eût fait, en 1842, des recherches sur l'influence qu'exerce un cylindre de cuivre introduit dans l'intérieur d'une hélice, et au centre de laquelle est placée une botte de fils de fer doux. Je croyais donc, quand je présentais à l'Académie de médecine le travail qui fait le sujet de ce chapitre, être le premier qui eût étudié l'influence des cylindres métalliques sur les phénomènes de l'induction. iJ'espère que l'on me pardonnera mon ignorance sur ce point de l'histoire des découvertes en physique, si l'on veut bien se rappeler que je ne suis pas physicien; ce que j'ai eu soin de déclarer déjà.) D'ailleurs, les physiciens que j'avais rendus témoins de mes recherches, et que j'avais consultés sur ce point, m'avaient entretenu dans cette pensée. Après avoir lu dans le traité de M. De La Rive l'exposé des recherches de M. Dove sur l'influence des masses métalliques introduites dans l'intérieur d'une hélice, et après avoir pris connaissance du travail original de M. Dove, je ne crois cependant pas devoir modifier aujourd'hui les termes dans lesquels j'ai rendu compte de mes recherches (Duchenne, Appareils volta-êlectriques et magnéto-électriques à double courant, in Bulletin de t' Académie de médecine, 1<; juillet 18U0, tome XV, p. 961. Voy. Soubeiran, Rapport Bull, de l'Acad. de méd., 1850, t. XVI, p. G5(i).
En effet: 1° M. Dove n'a pas étudié l'influence exercée par les cylindres métalliques sur les hélices, dans l'intérieur desquels on n'avait pas introduit des fils de
Ces faits étanl bien établis, j'arrive h leur application. Je n'ai pas besoin d'entrer dans de nouveaux développements pour faire ressortir les avantages de l'application des cylindres métalliques à la graduation.il suffit de l'indiquer, pour en faire comprendre l'importance et l'utilité dans la pratique de la faradisalion localisée. La double graduation par les cylindres métalliques, interne et externe, est certainement préférable à la graduation par un seul cylindre' puisque la neutralisation des courants est plus complète, lorsqu'on les fait marcher ensemble, et qu'en les enfonçant successivement sur les hélices, on peut disposer au besoin d'une échelle de graduation d'une double étendue.
D. — Modérateur.
Le cylindre graduateur ne dépouille pas complètement les courants aux dépens desquels il s'induit, de sorte que la graduation par ce cylindre ne commence pas par zéro. Le faible courant qui reste à graduer est insignifiant, lorsque l'on a a faradiser les muscles du tronc et des membres ; mais il n'en est pas de môme pour les opérations délicates, par exemple, pour la faradisation delà face, de la membrane du tympan. J'emploie alors le modérateur à eau, dont j'ai donné précédemment la description, et qui sert à régler la force de l'appareil de manière à l'approprier aux applications les plus délicates. Après avoir en effet diminué, à des degrés divers, l'intensité du courant, en le faisant passer par la couche plus ou moins épaisse d'eau distillée que contient le tube modérateur, on peut, à l'aide du cylindre graduateur de l'appareil, diviser en doses infiniment petites ce courant déjà réduit au minimum.
fer doux. 2° S'il est vrai que cet expérimentateur a découvert qu'un cylindre métallique introduit dans l'intérieur d'une hélice, et au centre duquel se trouve pla- . cée une botte de fils de fer doux, diminue la puissance de l'induction, il est incontestable aussi qu il n'a pas dit que cette influence du cylindre augmente en raison directe de sa progression dans l'intérieur delà bobine ; et s'il avait connu ce phénomène ,1 1 aurait signalé sans aucun doute, en raison de son importance pratique 3; M.Dovena pas expérimenté l'influence d'un cylindre métallique extérieur
comnt;flardTrnt l C°Urant dela deuxiè™^ce, et n'a pas, en conséquence compare la différence d action que le cylindre intérieur ou le cylindre extérieur exerce soit sur chacun des courants, soit sur l'aimantation des fils de fer doux. 40 Enfin ce célèbre physicien ne paraît pas être arrivé aux mômes résultats que moi dans les expériences qu'il a faites sur les appareils magnéto-faradiques; car, suivant lui, .or ne voit pas l intensité du courant d'induction diminuer, en introduisant un cylindre métallique dans une hélice inductrice et enveloppant les fils de fer qui occupent le centre de cette hélice, lorsque, pour augmenter ces fils, on en approche un aimant, au heu de faire circuler des courants volhnques dans l'hélice. . Mes expériences m ont prouvé cependant que les cylindres métalliques neutralisent, en
ni! w ' f C°UrantS ,d* la P,emière et de la deuxième hélices des appareils ■ ag „eto-farad.qne8, quand ,1s enveloppent leurs bobines, tout aussi complètement que les courants des appareils volta- farad iques. Ou verra, dans l'article suivant ces faits démontres et appliques à la graduation de mon appareil magnéto-faradique