ART. II. — PARAPLÉGIES SPINALES AIGUES
taient plus par l’électropuncture), il faudrait que j’eusse pu les voir à nu, au moment de la récomposition électrique... Il me parait sage de faire quelques réserves à ce sujet, »
Tels sont les préceptes et les procédés d’électrisation que j’ai mis en pralique, dans mes recherches électro-pathologiques.
IT. Je terminerai cette étude sur l’état de la contractilité électromusculaire et dans les paralysies aiguës, consécutivement à l’altération anatomique des cornes antérieures de la moelle, par quelques remarques critiques sur des recherches de Marsball-Hall, qui ont précédéles miennes.Ges remarques seront les conclusions de maréponse à la note publiée par ce célèbre physiologiste (1). Je les ferai suivre d’un résumé de mes recherches sur la pathogénie de la paralysie de la contractilité électro-musculaire daos les lésions de la moëlie,
A. Voici les principales propositions extraites des mémoires que Marshall-Hall a publiés sur ce sujet : |
Dans les paralysies des membres, la différence d'irritabilité entre le côté malade et le côté sain peut servir à établir un diagnostic différentiel entre les paralystes cérébrales et les paralysies spinales.
Dans les paralysies spinales, l'irritabilité diminue dans les muscles paralysés.
Dans les paralysies cérébrales, l’irritabilité augmente (2).
Les cas desquels Marshall-Hall à déduit ces importantes proposilions, à savoir que, dans les paralysies spinales, l’irritabilité diminue dans les muscles paralysés, ces cas, dis-je, sont des paralysies partielles des membres où l’on ne trouve jamais de lésion appréciable des centres nerveux ni des nerfs qui en émanent. Il n’a pas cité une seule observation dans laquelle la lésion de la moelle épinière ait été confirmée par l’autopsie. N’en résulte-t-il pas qu’en admettant même l’exactitude des propositions formulées par cet expérimentateur, on ne pourrait cependant pas en trouver la preuve rigoureuse dans ses observations.
Mais c’est principalement sur le mode d’expérimentation employé par Marshall-Hall que doit porter la critique. Ce mode d’expérimentation est, à mon avis, tellement défectueux, qu’il conduit infailliblement à des illusions; aussi ne suis-je point étonné de la dissidence qui a existé entre les observateurs qui ont répété ses expériences.
Dans le but de vérifier les faits énoncés par Marshall-Hall, j'ai répété ces mêmes expériences sur une grande échelle, chez des pa-
(1) Marshall-Hall, De l’ivritabilité musculaire (Archiv. gén. de médecine, 1850, 4e série, t. XIV, p. 489). AE :
(2) Marshall-Hall, On the condition of the muscular irritability in the paralytic limbs. 1839-1843, London.
ralytiques, et comparativement sur des sujets sains, choisis dans différents services de la Charité, en me conformant au procédé indiqué par l’auteur, Voici ce procédé : on fait mettre les deux mains du malade dans un bassin contenant une solution de sel marin, et les deux pieds dans un second bassin rempli par une solution semblable; on fait ensuite passer le courant intermittent d’une batterie de Cruikshank (plus connue en France sous la dénomination de pile à auges), en variant le nombre des plaques de quinze à vingt, et en commençant l’opération par un courant extrêmement faible. Attribuant les contractions produites, pendant les premières minutes de l'opération, à des influences étrangères à l’action du courant, Marshall-Hall conseille de ne pas en tenir compte dans l'expérience.
Des expériences que J'ai répétées, je me crois autorisé à conclure :
1° Que, par le procédé de Marsball-Hall, on connaît seulement l'état de l’excitabilité des terminaisons nerveuses des membres, et que l’état de la contractilité électrique (de l'irritabilité) de leurs muscles reste parfaitement inconnu, l’action galvanique n’ayant pas été portée directement sur leur tissu ;
2° Que, dans ce procédé, l'excitation électrique des extrémités nerveuses, exclusivement destinées à la sensibilité, provoque des contractions très-irrégulières dans les muscles placés au-dessus du point excité, c'est-à-dire dans un sens contraire à la marche de la force nerveuse motrice, par une action réflexe, ainsi que je l’ai démontré précédemment (voy. première partie, chap. 1);
3° Que, dans les paralysies cérébrales, soumises à ce procédé de galvanisation, les contractions musculaires sont plus développées tantôt dans les membres paralysés, tantôt au contraire dans le membre sain;
4° Que, sur les sujets sains, soumis à ces mêmes expériences, on observe aussi que la contractilité musculaire est inégalement développée dans les deux côtés du corps, et cela sans cause connue;
5° Enfin, comme dernière conséquence des deux propositions précédentes, je dis, que la diminution ou l’augmentation de l’excitabilité électrique des terminaisons nerveuses, dans l’un des côtés du corps, ne peul même pas servir au diagnostic différentiel entre les paralysies spinales et les paralysies cérébrales.
Toutefois, en soutenant que, dans les lésions de la moelle épinière, l'irritabilité diminue, l'éminent physiologiste anglais a annoncé l'existence d'un phénomène que j'ai trouvé d’une exactitude merveilleuse seulement dans l'altération de certains points de cet organe, lorsque, me plaçant au point de vue clinique et surtout du diagnostic, jai examiné alors l'état de la contractilité électrique, en portant l'excitation sur chacun des muscles (4).
(1) Marshall-Hall avaitexprimé clairement la distinction qu’il a essayé de fonder sur