II. — EST-ELLE CONSÉCUTIVE À UNE LÉSION DU GRAND SYMPATHIQUE
Cette question a été soulevée, la première fois, en 1854, par M, Schneevoogt (2) qui a rapporté un Cas d’atrophie musculaire progressive dans lequel il a découvert une dégénérescence graisseuse des portions cervicale et dorsale du grand sympathique. Ge pathologiste que j'ai rencontré à Vienne, en 1856, au congrès des naturalistes, m’ayant entretenu de ce fait, j'ai admis la possibilité de cette cause pathogénique. En effet, j'ai écrit, dans les éditions précédentes : «cette maladie est probablement périphérique, à moins qu'elle ne dépende d’une lésion du système ganglionnaire (3)».
Depuis lors, quatre nouveaux cas de lésion analogue du grand sympathique out été rencontrés dans l’atrophie musculaire progressive, dont deux par M. Jaccoud {4) et les deux derniers par M. Duménil (5). Mais, dans d’autres cas, le sympathique examiné par des pathologistes très-familiarisés avec ce genre de recherches microscopiques (entre autres MM. Charcot, Vulpian, Hayem) a été trouvé parfaitement normal. Conséquemment la pathogénie de j'atrophie musculaire progressive ne saurait s'expliquer par la lésion du grand sympathique,
(1) Virchow, Arch. für pathologische Anatomie, t. VIT, 537, 1855.
(2) Schneevoogt, Geval van paralysie; ete., (Van Cruveilhier) Nederland Week blad, etc., 1854. |
(3) Duchenne (de Boulogne), EÉlect. loc., p. 526, 2° édit., 1861.
(4) Jaccoud, Sur deux cas d’atrophie musculaire progressive (Bull. de la Soc. mé. des hop. et Union méd., 1864). — Il est des anatomo-pathologistes qui décrivent des lésions anatomiques d’organes dont ils ne paraissent pas connaitre suffisamment l’état normal. Cette critique s'applique au cas de M. Jaccoud. Le grand sympathique est en effet un des organes dont l’histologie laisse le plus à désirer. Depuis des anvées, on le sait, jen étudie l'état normal à l’aide de l’icono-photographie. Eh bien! je déclare que je n’ai reconnu rien d’anormal dans la description du cas pathologique de M. Jaccoud. Il ne nous a pas montré l’altération des cellules sur des coupes transversales et longitudinales des ganglions convenablement préparées.
(5; Duménil, Nouveaux faits relatifs à la pathogénie de l’atroph. muse. progress. (Gaz. hebd., 1867).