ART. IV, $ 11. — TRAITEMENT
puisse combattre que le symptôme principal de cette lésion certrale : la lésion de nutrition musculaire,
C. Procédés. — L'indication à remplir par l’électrisation localisée, dans le traitement de l’atrophie musculaire progressive, est, ai-je dit, d’exciter les circulations locales et la nutrition musculaire. Le lecteur doit se rappeler ici les considérations électro-physiologiques que j'ai exposées précédemment (1), dans le but de démontrer la puissance de l'influence exercée par la faradisation localisée sur les vasomoteurs etsur les nerfs trophiques ; il appliquera au traitement périphérique de l’atrophie musculaire progressive les déductions thérapeutiques que j’en ai tirées.
Je ferai remarquer que les préceptes électro-thérapeutiques que j'ai formulés, ont été établis sur mes nombreuses recherches ou expériences cliniques, faites empiriquement d’abord, et que les considérations électro-physiologiques que j’ai exposées sur les circulations locales et sur la nutrition, ont seulement eu pour but que d'appuyer ces préceptes, autant que possible, sur des données scientifiques, de rendre, en d’autres termes, plus rationnelle Papplication thérapeutique de la faradisation localisée. Voici sommairement les procédés que je conseille d'employer.
a. Promener les rhéophores humides, aussi rapprochés que possible l’un de l'autre, sur la surface de chacun des muscles malades, avec un courant d'induction à tension plus ou moins grande, de manière que l’ex- Citation puisse atteindre tous les éléments anatomiques qui entrent dans la composition de ces muscles. — Afin de limiter l'excitation dans les couches superficielles, je me sers habituellement du courant de la première hélice (extra-courant dont la tension est faible, onle sait); le courant de la deuxième hélice (courant induit dont la tension est relativement plus grande) me sert à faire pénétrer l’excitalion dans les couches plus ou moins profondes, en graduant la tension de ce courant.
b. Exciter en général modérément les muscles et appliquer un courant à intermittences éloignées. — Ge préceple repose sur celte considéralion, à savoir, que j'ai vu surtout dans l’atrophie musculaire progressive la faradisation pratiquée, soit pendant un temps trop prolongé, soit à doses très-fortes, soità intermitiences rapides, produire de la fatigue où une courbature, et souvent aggraver notablement l’atrophie. D'autre part, 1l ressort de mes expériences, on se le rappelle, que les courants d’induction à forte dose paralysent les vaso-moteurs.
c. Faradiser seulement ceux des muscles atrophiés qui répondent encore à l'excitation électrique: — parna ces derniers, faradiser de pré-
(1) Duchenne, Loc. cit.
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férence ceux dont les fonctions sont les plus utiles à l'usage des membres ; — enfin terminer chaque séance par la faradisation légère des muscles les plus importants, parmi ceux qui sont menacés par la marche envahissante de l'atrophe. Voici les raisons de ces préceptes. 1° N'ayant jamais vu, dans cette affection, un muscle très-atrophié recouvrer sa nutrition ou sa motilité, lorsqu'il ne répondait plus à l’excitation électrique, j'en ai conelu qu'il était mort, pour ainsi dire, et j'ai fini par renoncer à l’exciter. 2 Il importe de se rappeler ici quels sont les muscles dont les fonctions sont les plus utiles dans l'usage des membres ; ce que j’ai cherché à mettre en relief, dans mes recherches électro-physiologiques (1). Je citerai encore, comme exemple, le cas de Bonnard dont il a été question ci-dessus, Je me suis appliqué à faradiser principalement son diaphragme (le plusutile dans l’inspiration et qui déjà était atteint dans sa fonction), ensuite le deltoïde, le biceps et le brachial antérieur du côté droit (muscles essentiels à l’usage du membre supérieur), tandis que j’ai négligé d’autres muscles du tronc atteints d’atrophie (les pectoraux, les grands dorsaux, les trapèzes), parce qu'ils sont d’une utilité secondaire.
Les atrophiques en traitement, dans ma clinique civile, servent ordinairement à J’expérimentation électro-physiologique, pour la démonstration des fonctions des muscles qui ne sont pas encore altérés, ou qui ont été peu altérés par la maladie. Chez Bonnard, par exemple, j'ai, pendant plusieurs années, montré l’action propre de son diaphragme, de ses intercostaux, de son grand dentelé, de son rhomboïde, etc. Ayant remarqué que, chez un certain nombre de ceux qui avaient été le plus souvent soumis à ce genre d'expérience, la marche progressive de l’atrophie musculaire avait été arrêtée, je n'ai pas négligé de faradiser les muscles que je savais menacés dans leur nutrition; et j'ai concentré celte excitation sur les muscles de première nécessité. Cette pratique m'a parfaitement réussi; c’est celle que je conseille de suivre.