‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 179 sur 400 · IV. — AUTRES TROUBLES GASTRIQUES ET VISCÉRAUX · texte numérisé non relu

IV. — AUTRES TROUBLES GASTRIQUES ET VISCÉRAUX

Des vomissements n’ont jamais signalé le début de l’ataxie locomotrice, comme on l’observe dans l’apoplexie cérébelleuse, ou dans les tumeurs cérébelleuses. Des troubles gastriques ou gastralgiques ou entéralgiques se sont montrés parfois, sans cause connue, dans le cours de la maladie.

(1) J’ai vu assez fréquemment l’anaphrodisie survenir avant l’incoordination des mouvements, pour la considérer maintenant comme l’un des symptômes de la première période. Plusieurs fois elle a été le début de la maladie ; le plus souvent, elle s’est déclarée après les douleurs fulgurantes et quelquefois longtemps avant l’incoordination des mouvements. J’ai rencontré plusieurs ataxiques qui, avant leur mariage, avaient été atteints de douleurs fulgurantes et térébrantes; ils avaient eu à peine le temps de célébrer leur Zune de miel. D'ailleurs, tôt ou tard, les ataxiques sont Cn général frappés d’impuissance; aussi ai-je toujours déconseillé le mariage à toutes les personnes atteintes des douleurs spéciales de l’ataxie. Souvent l’anaphrodisie complète arrive tout à coup. Quelquefois, elle est précédée d’une surexcitation génitale ou d’un priapisme douloureux qui survient pendant le sommeil .

Dès le début, j'ai observé des tournoïiements, des étourdissements provoqués ou augmentés ordinairement par le renversement de la tête en arrière. Mais je n’ai jamais constaté, dans les cas simples (c’est-à-dire sans complication), ni hésitation de la parole, ni tremblement des lèvres ou de la langue, nidélire ambitieux; j'ai été au contraire frappé de l'intégrité des facultés intellectuelles, qui se

conservent, comme l'intégrité de la force musculaire, jusqu’au terme de la maladie.

La contractilité électro-musculaire est toujours intacte; les mus-

cles ne sont pas altérés dans leur texture. Enfin l’ataxie locomotrice progressive est apyrétique (1).

(1) Remarques nouvelles sur quelques épiphénomènes de l'ataxie locomotrice. — Lorsque j'ai entrepris d'exposer la description de l’ataxie locomotrice progressive, je me suis trouvé en présence d’une telle multiplicité de symptômes et de troubles fonctionnels, d’une si grande variété dans leur intensité, d’une irrégularité si fréquente dans la manifestation de quelques-uns d’entre eux, que j’avais perdu l'espoir de la faire avec clarté. C’est pourquoi, dans ce but d’être aussi concis que possible, j’ai réuni, ainsi qu’on l’a vu, dans un premier groupe, les symptômes qui, soit isolément, soit par leur succession, soit par leur ensemble, me paraissaient pouvoir être considérés comme les signes caractéristiques de cette maladie. Quant aux autres désordres fonctionuels qui ne pouvaient concourir à en constituer les caractères, j'en ai formé un second groupe, sous le titre d’épiphénomènes de l'ataxie locomotrice progressive.

Je m’applaudis d’avoir ainsi divisé les symptômes et les troubles fonctionnels de cette maladie, car les épiphénomènes qui forment le second groupe de symptômes ne sauraient caractériser l’ataxie locomotrice, bien qu’ils augmentent sa gravité et qu'ils s'ajoutent aux souffrances endurées par les malades. Comme le nombre s’en est accru, en raison de la plus grande quantité d’observations recueillies, ils auraient pu détourner l'attention de l’observateur qui ne doit jamais perdre de vue les symptômes du premier groupe, véritables éléments de la base de son diagnostic.

ll me faut maintenant signaler les nombreux épiphénomènes que j’ai observés et dont plusieurs ont été découverts par d’autres pathologistes. Ce sant des viscéralgies ; des névralgies, des névroses des voies respiratoires; des lésions de nutrition articulaires (arthropatliies) des muscles de la peau (zona).

19 Viscéralgies. — Les fonctions digestives, ai-je dit, se font normalement ; seulement, à un certain moment de la maladie, il survient une constipation opiniàtre et une miction difficile, bientôt suivies elle-mêmes de paralysie du rectum et de la vessie. J'avais cependant observé une fois de singuliers accidents gastriques qui survenaient tout à coup, sans cause connue, et disparaissaient de même, après une durée de quelques heures à deux ou trois jours; ils revenaient de temps à autre, à des intervalles irréguliers et assez éloignés (de plusieurs semaines à plusieurs mois); c'étaient des douleurs gastralgiques avec gonflement de la région épigastrique et quelquefois accompagnées de vomissements. Ces douleurs étaient atroces, continues, mais avec des paroxysmes. Ne les ayant observées que dans un cas, à l’époque où je publiai mon premier travail, j’hésitai à les ranger dans les désordres nerveux occasionnés par l’ataxie locomotrice progressive. Cependant j'en ai tenu compte, en disant « qu’il survenait quelquefois, dans le cours de cette maladie, certains troubles gastraloiques ou gastriques, » sans toutefois les décrire. Mais les ayant rencontrées depuis lors dans plusieurs cas, je dois les faire entrer aujourd’hui définitivement dans la symptomatologie de l’ataxie locomotrice progressive et les ranger dans le groupe des épiphénomènes.

J'ai vu aussi ces douleurs siéger dans les intestins, accompagnées quelquefois d’une véritable dyssenterie, avec selles sanguinolentes ; j’en ai rapporté un exemple ailleurs (x). Lorsque les crises entéralgiques sont accompagnées de constipation, elles se distinguent des coliques saturnines par un ballonnement considérable du ventre.

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