‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 198 sur 400 · ART. I, $ II. — PARALYSIE CONSÉCUTIVE A LA COLIQUE VÉGÉTALE · texte numérisé non relu

ART. I, $ II. — PARALYSIE CONSÉCUTIVE A LA COLIQUE VÉGÉTALE

électrique est diminuée ou abolie seulement dans certains muscles d'élection. On remarquera aussi que les muscles qui, dans ces cas, ont conservé leur contractilité électrique, recouvrent en général rapidement leur motilité, tandis que la paralysie et l’atrophie persistent longtemps dans les muscles qui ont perdu cette propriété.

$ HI. — Paralysie consécutive à la colique dite végétale, de Madrid, ete,

Rien ne ressemble plus à la paralysie saturnine, que la paralysie dite végétale, quant aux phénomènes électro-pathologiques que l’on observe dans certains muscles de la région postérieure de l’avantbras. C’est du moins ce qui ressort des faits suivants.

Ousenvarron CXXIIT. — Paralysie de certains muscles des membres supérieurs, consécutive à des coliques dites végétales, chez un cuisinier de navire du commerce. — Lésion de la contractilité et de la sensibilité électro-musculaires des mémes muscles que dans la paralysie saturnine.

Vachier (Hippolyte), cuisinier, âgé de trente ans, est entré à l’'Hôtel-Dieu,

9 juin 1853 (salle Sainte-Jeanne, n° 36, service de M. Louis). Cet homme,

d’une bonne constitution, est habituellement bien portant; il dit que sa

nourriture est bonne qu'il ne fait aucun excès. Né à la Martinique, ilexerce depuis dix-sept ans la profession de cuisinier à bord des bâtiments de commerce, pour la traversée de son pays en France. — Il s'était toujours bien porté, lorsqu’en 1848, passant sous la ligne, il éprouva pour la première fois des coliques très-vives, pendant plusieurs semaines, avec constipation opiniâtre. — De 1848 à 1853 il fut repris cinq ou six fois des mêmes accidents pendant la traversée. Le 10 avril 1853, Vachier quitta la Martinique pour revenir en France, monté sur un navire qui avait un appareil distillatoire ; il était alorstrès-bien portant. Vers le 10 mai, il eut quelques vomissements verdâtres, des coliques de médiocre intensité, avec constipation. Ces accidents cessèrent, sans que le malade fit aucun traitement. Le 19 mai, il avait travaillé comme d'habitude et croyait avoir recouvré sa bonne santé habituelle, lorsque le lendemain, à son réveil, il remarqua qu’il ne pouvait plus faire usage de ses mains. Celles-ci étaient fortement fléchies sur-les avant-bras ; il pouvait à peine étendre les avant-bras sur les bras; l'élévation du bras elle-même était à peu près impossible. En même temps, il éprouvaît des douleurs assez vives dans les membres paralysés. La perte du mouvement ainsi que les douleurs étaient plus prononcées, du côté droit. Quelques jours après, il ressentit, à la région cervicale et entre les deux épaules, une sensation douloureute qu’il comparait à celle d’un fer chaud. Peu à peu les membres supérieurs éprouvèrent une véritable diminution de volume; l'état général resta excellent, à part quelques maux de tête auxquels le malade était d’ailleurs sujet. Après une traversée de quarante-cinq jours, il débarqua au Havre et vint à Paris le 3 juin. Il n’avait suivi d'autre traitement que par des frictions avec du baume opodeldoch et de l'alcool camphré. — Le 9 juin, jour de l’entrée

60 CHIAP. IX. — PARALYSIES SATURNINES. ET VÉGÉTALES.

du malade à l’Hôtel-Dieu, on le trouva dans l'état suivant : Face naturelle ; pouls, 64 à 66; pas de chaleur à la peau; langue humide et rosée ; appétit ; pas de douleurs de ventre, qui est souple et bien conformé : geneives couvertes d’un liséré grisätre, ainsi que le collet des dents (surtout les supérieures). Une garde-robe assez facile tous les jours ou tous les deux jours. Rien du côté des organes de Ja respiration ; pas de céphalée, pas de douleurs à la région cervicale. La peau des membres n’a pas éprouvé de perte de sensibilité. Les membres supérieurs ont subi une diminution de volume considérable.

Au niveau du deltoïde, dépression transversale remplaçant la saillie du moignon de l'épaule ; les muscles du bras sont flasques et d’un très-petit volume. Les muscles extenseurs de l’avant-bras semblent avoir à peu près complétement disparu et sont presque appliqués contre la région interosseuse. Le long supinateur et les radiaux ont diminué de volume ; ils sont flasques, mous comme ceux du bras; il en est de même des fléchisseurs ; mais ce sont ces derniers qui on! subi le moins d’altération. A la main, léger effacement des éminences thénar et hypothénar ; aplatissement du creux palmaire,

M. Louis, dans le service duquel ce malade était entré, eut l’obligeance de m’engager à explorer l’état de ses muscles, et je constatai,outre les phénomènes précédents, ceux que je vais exposer : de chaque côté, la main était fléchie à angle droit sur l’avant-bras et ne pouvait être relevée par le malade. Les mouvements de latéralité du poignet étaient perdus à droite, mais à gauche l’abduction était en parlie conservée. Les premiéres phalanges restaient constamment fléchies sur le métlacarpien, sans pouvoir être étendues ; mais si on les maintenait redressées, le malade pouvait étendre ses deux dernières phalanges, alors même qu’on renversait son poignet sur l’avant-bras. La main étant posée sur un plan horizorital, les doigts pouvaient être écartés ou rapprochés les uns des autres. Le pouce et son métacarpien étaient portés en dedans dans la paume de la main, sans qu’ils pussent être ramenés en dehors par le malade ; mais si l’on portait le pouce en dehors, il pouvait le placer en dedans, La flexion des fléchisseurs des doigts paraissait très-affaiblie ; cependant, si l’on maintenait solidement son poignet dans l'extension, on voyait que les muscles possédaient toute leur force, 11 en était de même des fléchisseurs du poignet sur l’avant-bras. Les mouvements de l'avant-bras sur le bras étaient intacts, mais l'élévation du bras était perdue. Par l’exploration électro-musculaire, je constatai Ja perte complète de la contractilité électrique dans les radiaux, les extenseurs des doigts, les extenseurs et l’abducteur du pouce, et dans le cubital postérieur à gauche ; les supinateurs avaient conservé leur contractilité électrique. Enfin, cette dernière propriété était seulement affaiblie dans les deltoïdes et le triceps brachial.

Je pourrais faire suivre cette observation d’une douzaine d’observations semblables, et dans lesquelles J'ai constalé des phénomènes électro-pathologiquesanalogues. Les sujets deces observations étaient aussi, pour la plupart, cuisiniers de navires du commerce ou

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