‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 216 sur 400 · ART, I, $ II. — ÉLECTRO-THÉRAPIE · texte numérisé non relu

ART, I, $ II. — ÉLECTRO-THÉRAPIE

Il ressort donc de ce qui précède que, lorsqu'il existe alors quelque incertitude dans le diagnostic d’une hémiplégie hystérique, les signes tirés de l’état des propriétés musculaires sont d’une grande utilité.

On pourrait également confondre une hémiplégie hystérique avec une hémiplégie de cause cérébrale, Les mêmes signes qui, dans le cas précédent, ont servi à distinguer l’hémiplégie cérébrale de l’hémiplégie hystérique, éclaireront alors le diagnostic. Je ne rapporle pas les faits dans lesquels j’ai eu l’occasion d'établir le diagnostie différentiel de l’hémiplégie hystérique par l'exploration électro-musculaire, J’ai fréquemment, pendant bien des années, mis ce moyen de diagnostic à l'épreuve, dans des circonstances semblables, à la Charité, particulièrement dans le service de M. Briquet, où se trouvaient réunies un très grand nombre d'hystériques. Voicicomment nous avons procédé dans ces recherches : M.Briquet me signalait les sujets atteints de paralysies qui entraient dans son service, après qu’il les avait examinés et qu’il avait établi son diagnostic sur les signes fournis par la symptomatologie. J'explorais alors l’état de la contractilité et de la sensibilité des muscles paralysés, sans interroger les malades, et c'était uniquement des signes fournis par l’état de ces propriétés musculaires que je déduisais mon diagnostic. Est-il besoin de dire encore que l’on doit toujours rattacher les signes fournis par l’exploration électro-musculaire, aux aulres symptômes de la maladie? Si j'ai procédé autrement à la Charité, c'était dans le but de démontrer aux confrères et aux élèves qui fréquentaient cet hôpital l’utilité des signes diagnostiques tirés seulement de l’état de la contractilité et de la sensibilité électromusculaires, et pour m'édifier de plus en plus moi-même sur leur valeur réelle,

S ET, — Électro-thérapie dans les paralysies hystériques.

À. — Depuis le commencement de mes recherches, il s’est passé peu de jours, sans que j'aie eu à expérimenter l’inuflence thérapeutique exercée par la faradisation localisée sur la paralysie hystérique. Je pourrais publier sur ce sujet plus d’une centaine d’observations, dans lesquelles on compte un assez grand nombre de guérisons, dont quelques-unes étaient inespérées ou ont été obtenues avec une rapidité vraiment surprenante, après avoir résisté longtemps à des médications variées et rationnelles. Ces faits cliniques prouvent que la faradisation localisée est une médicalion que l’on peut souvent opposer avec succès à la paralysie hystérique.

Cependant je suis forcé d’avouer que tout est imprévu dans celte action thérapeutique de la faradisation localisée sur ces troubles hystériques ou hystériformes, car, dans telle paralysie de ce genre, j'ai vu trop souvent échouer Île One de faradisation qui avait triomphé dans des cas en apparence absolument identiques, et ce même moyen guérir, au contraire, alors qu’il semblait irrationnel d’en attendre la moindre influence.

Quelles règles déduire de ces faits cliniques dans lesquels on ne pourrait compter sur ce qui doit arriver sous l'influence dece modede traitement? Incapable d'établir par mes recherches sur la paralysie hystérique aucuns principes solides sur lesquels on puisse s'appuyer pour prévoir à coup sûr le résultat de la faradisalion localisée, je ne ferai pas un vain étalage des guérisons obtenues par ce moyen, en relatant les nombreuses observations que j’ai recueillies. Dans les éditions précédentes de ce livre, je me suis borné à en rapporter quelques-unes, comme exemples, dans lesquelles je rapprochais les succès des insuccès, afin de démontrer que, s’il est incontestable que la faradisation localisée est une excellente médication à essayer contre la paralysie hystérique, il faut cependant se garder de se laisser entraîner à une confiance trop exclusive dans son emploi,

B. — On doit, en général, dans la paralysie hystérique, localiser l'excitation électrique dans chacun des organes affectés, et continuer le traitement quelque temps après le retour des mouvements, afin de fixer, pour ainsi dire, la guérison.

Cette proposition est déduite d’un grand nombre de faits cliniques, je n’en ai cité qu’un. Ce fait a élé rapporté avec détails (1), parce qu’il offrait un ensemble assez complet de phénomènes hystériques et paralytiques affectant à la fois les mouvements, la sensibilité et les sens, et que ces troubles fonctionnels, qui avaient résisté jusqu'alors aux autres médications, avaient été successivement combattus avec succès par chacun des procédés spéciaux de la faradisation localisée, appropriés à ces différents désordres de l’innervation, Le lecteur pouvait trouver dans ces délails un enseignement pratique.

Dans ce cas, il m'avait fallu porter l'excitation sur chacun des organes dont la fonction était troublée, et partout l’action de la faradisation avait été immédiate. Mais pour que l’effet thérapeutique obtenu fût conservé, les excitations faradiques ont dû être renouvelées après la guérison. Cette règle de conduite, dans la pratique de la faradisation, est déduite d’ailleurs de la connaissance de ce fait important, à savoir, que de nouveaux accès hystériques tendent à faire retomber les malades dans leur état de paralysie ou d’anes-

(4) Duchenne (de Boulogne), Élect. loc., obs. LX V, p. 379, 1861.

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