‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 231 sur 400 · ART, 1, S IN. — FARADISATION LOC. DANS LES AFF, CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

ART, 1, S IN. — FARADISATION LOC. DANS LES AFF, CÉRÉBRALES

nouvelle hémorrhagie, indépendamment de toute espèce de traitement.

f. Trop longtemps je me suis figuré que la faradisation appliquée au traitement des paralysies cérébrales de l’enfance était dangereuse, en ce sens, qu’elle devait provoquer de nouveaux accidents cérébraux, à cause de l’excitabilité plus grande, à cet âge; conséquemment, bien que, chez l’adulte, j’eusse souvent conseillé ce traitement, dans la paralysie cérébrale, je le RrosGrials toujours chez l’enfant.

Tels étaient les préceptes que j'enseignais encore dans ma première édilion de l’Æ'Æctrisation localisée; c'était un reste de préjugé dont l’expérimentation ne m'avait pas encore permis de juger le peu de fondement, Cette expérimentation est complète aujourd’hui; elle a élé faite sur un très-grand nombre d’enfants de la classe pauvre, qui me sont adressés des hôpitaux. Eh bien! je déclare que je n’ai pas observé, chez eux, un seul accident cérébral, provoqué par la faradisalion musculaire, quelque jeunes qu'ils fussent. Mais je me hâte d’ajouter qu'il ne m'est jamais arrivé de m'écarter, pour le procédé opératoire, des principes que j'ai exposés ci-dessus, en traitant de la faradisation appliquée aux paralysies consécutives à l’hémorrhagie cérébrale.

Les résultats produits par la faradisation localisée appliquée au traitement des paralysies cérébrales de l’enfance sont vraiment encourageants, même lorsqu'elles ont été congénitales. Ainsi il m’est démontré par des faits bien observés que certaines paralysies cérébrales congénitales, restées longtemps stationnaires, ont été singulièrement améliorées par cette méthode d’électrisation.

Est-il besoin de dire que les hémiplégies qui datent de la vie intra-ulérine ou de la première enfance se distinguent de celles que l’on observe dans l’âge adulte par leur nature, par leur processus et par leur pronostic, qu’elles se rapprochent de celles-ci en ce qu’elles sont symptomatiques seulement de scléroses secondaires, à des degrés divers, de certains faisceaux des cordons antéro-latéraux de la moelle, consécutivement à des lésions primitives variées du cerveau ?

Il faut reconnaitre que les hémiplégies consécutives à des lésions graves et congénitales de l’encéphale sont incurables ; mais il est aussi élabli, d'après les faits cliniques et empiriques que j'ai exposés, que bon nombre d’entre elles peuvent guérir ou être améliorées. J'en ai acquis récemment une nouvelle preuve que je vais exposer en résumé, malgré le résullat thérapeutique trop merveilleux dont elle paraît pour ainsi dire entachée.

OBsERvVATION CXLVII, — Léocadie Desplanches, #4, rue de Marignan, âgée de douze ans et demi, paraissait jouir d’une bonne santé jusqu’à l’âge

de six mois, sans (roubles apparents dans la motilité. A ce moment, étant en nourrice, elle paraît avoir eu une affection intestinale sans fièvre ni convulsions, dit-on ; c’est à cette époque que sa mère s’est aperçue que Îles membres du côté gauche étaient roides et contracturés dans le sens de la flexion et douloureux lorsqu'on voulait les étendre ou qu’on habillait l'enfant : la marche et la station étaient conséquemment difficiles. Vers l’âge de cinq ans, les contractures ont diminué et les douleurs ont disparu ; l'amélioration a été en progressant jusqu’au moment où elle m'a été présentée, le 1° novembre 1871. A cette époque, je constatai, au membre supérieur gauche, la contracture des fléchisseurs des doigts et de la main qui les maintenaient constamment fermés, quelque effort que l’on fit pour les étendre, et la contracture de la plupart des muscles fléchisseurs de la main sur l’avant-bras, de l’avant-bras sur le bras et des abaisseurs du bras sur l’épaule. Ces contractures augmentaient, pendant les efforts volontaires, au point que l’usage du membre en était complétement aboli; la sensibilité était partout normale. Au membre inférieur, un grand nombre de muscles étaient contracturés jusqu’à un certain degré et les efforts volontaires ou une émotion quelconque augmentaient ces contractures et imprimaient au membre des trémulations réflexes ; la marche en était gênée. Le traitement par la faradisation & commencé le 1° novembre; il consistait en excitations à intermittences lentes et à un degré modéré des muscles antagonistes de ceux qui étaient contracturés; après la quatrième séance, il y avait déjà une amélioration notable; les contractures avaient diminué; la main pouvait s'ouvrir ; les mouvements du membre supérieur pouvaient être faits et la main pouvait être placée sur le derrière de la tête. La force avait aussi augmenté ; la malade saisissait l’anse d’un sceau plein d’eau et le portait facilement à une certaine distance. Cette amélioration a été en augmentant dans les séances suivantes; après la neuvième ou dixième, la main a pu être ouverte volontairement ; les usages sont devenus plus faciles, et pour la première fois depuis sa naissance, la jeune fille a pu aider aux soins du ménage; par exemple laverla vaisselle, faire les chaussures, elle a commencé même à tenir assez solidement les objets pour apprendre la couture. Lorsqu'elle était debout, la contracture de la cuisse sur le bassin la tenait courbée en avant; aujourd’hui, elle se tient droite et marche sans claudication, traînant seulement un peu la jambe.

En présence de ce cas d’atrophie du cerveau, congénital ou datant de la première enfance, sans convulsions, dans lequel les facultés intellectuelles étaient conservées depuis la naissance, et dans lequel la parole s’était développée normalement, je ne pouvais admettre l’existence d’une sclérose un peu étendue de l’encéphale ; mais la roideur d’un grand nombre d’articulations et principalement de la main et de l’avant-bras, avec contractures et trémulations accompagnant les mouvements volontaires et fonctionnels, ces phénomènes morbides, dis-je, me semblaient symptomatiques d’une sclérose spinale fasciculée antéro-latérale; je portai alors un pronostic tellement grave, qu'il me répugnait de faire la moindre

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