‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 232 sur 400 · ART, 1, $ 11. — COURANTS CONT. DANS LES AFF. CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

ART, 1, $ 11. — COURANTS CONT. DANS LES AFF. CÉRÉBRALES

tentative de traitement par la faradisation, La guérison obtenue dans ce cas a heureusement trompé mon attente.

IT. — VALEUR THÉRAPEUTIQUE DES COURANTS CONTINUS DANS LES PARALYSIES CONSÉCU- TIVES A UNE HÉMORRHAGIE CÉRÉBRALE.

L'application des courants galvaniques continus au traitement des paralysies et des contractures de cause cérébrale a été préconisée, dans ces dernières années, par Remak. Si les promesses merveilleuses faites par cet expérimentateur étaient réalisables, l’électro-thérapie lui serait certes redevable d’un grand progrès. Il a prétendu que les courants continus pouvaient guérir les paralysies et les contractures de cause cérébrale, celles que j'avais déclarées, moi, incurables par la faradisation localisée.

Que l’on veuille bien se rappeler les faits et les considérations électro-thérapeutiques exposés dans le présent article ; il en est ressorti, ilest vrai, que, dans l’hémiplégie consécutive à l’hémorrhagie cérébrale, la faradisation localisée est utile dans les cas où la paralysie n’est plus entretenue par la lésion centrale, et alors qu’elle est seulement périphérique ; que, dans ces cas, la faradisation localisée restitue aux muscles leur aptitude à obéir à l'influence nerveuse de retour, aptitude qui était perdue ou, pour ainsi dire, engourdie, par le fait d’une longue suspension de l'excitation motrice cérébrale, Mais il est également prouvé par ces faits que toute paralysie uniquement symptomatique de la lésion centrale d’une sclérose spinale secondaire ne peut être modifiée par la faradisation pratiquée périphériquement ; que les spasmes qui accompaguent ces paralysies cérébrales, qui, lorsqu'ils sont continus (contractures), sont le signal d’un travail irritalif du centre cérébral, se propageant à certains faisceaux des cordons antéro-latéraux et y produisant une prolifération nucléaire interslitielle, il est démontré, dis-je, que ces spasmes ne peuvent pas être guéris par cette méthode de traitement. J’ai même enseigné, d’après une expérimentation longue et faite toujours publiquement dans nos hôpitaux, que, dans telles circonstances, la faradisation localisée n’était pas toujours sans dangers. À l’appui de celte assertion, j'ai rapporté les accidents graves, provoqués quelquefois immédiatement par la faradisa tion, lorsqu'elle à été appliquée dans ces conditions et surlout de manière à réagir vivement sur les centres nerveux, c'est-à-dire par action réflexe.

Ce sont cependant ces paralysies symptomatiques d’une lésion cérébrale et même ces contractures symptomatiques d’un travail hypérhémique du centre cérébral, consécutivement à la sclérose encéphalique et spinale, que Remak a eu la prétention de guérir par les courants continus ! J'ai déjà dit que la méthode de galva-

nisation qu’il préconise réagit inévitablement et très-fortement sur les centres nerveux par la douleur qu’elle produit dans les points où sont appliqués les rhéophores. Bien plus, selon sa théorie même, l’action thérapeutique qu’elle exerce sur cette paralysie et sur les contractures (symptomatiques de Ja lésion centrale) ne peut s’expliquer que par l’action réflexe du courant continu sur le centre nerveux : « Les contractions galvanotoniques {celles qui sont produites par les courantscontinus) sont (dit-il) produites par des excitations centrales qui ont leur point de départ dans les nerfs sensitifs (1). » |

C’est donc une telle méthode de galvanisation que Remak a osé conseiller, dans une affection où le malade, après une première hémorrhagie cérébrale, est incessamment menacé d’une seconde! Et, loin de s'arrêter prudemment devant les signes évidents d’un état irritalif inflammatoire du foyer hémorrhagique, celui qui s’est dit l’auteur de cette méthode de galvanisation, la préconise particulièrement dans ces cas,

Il serait fastidieux d'examiner de nouveau si lecourant continu, dirigé dans les nerfs des membres paralysés consécutivement à l’hémorrhagie cérébrale peut guérir ces paralysies et ces contractures symptomatiques de la lésion cérébrale. Quoique j'aie démontré que loute excitation électrique, et surtout celle qui réagit sur les centres nerveux, est formellement contre-indiquée, Remak a voulu faire appel à l’expérimentation empirique. Ce n’est certes pas moi qui le suivrai dans cette voie périlleuse. L'expérience que j'ai acquise sur ce sujet a déjà coûlé trop cher aux malades, pour que je consente à expérimenter de nouveau, dans de telles condilions, cette méthode incendiaire qui consiste à «faire passer par les troncs et les centres nerveux un courant continu très-fort et très-douloureux ». 4

Une fois cependant, et cela récemment, j'aiessayé le courant continu contre une paralysie de cause cérébrale et consécutive à un coup reçu sur le côté. J’ai relaté ce fait clinique (2), dans lequel on à vu que l’état du malade, loin d’être amélioré, a au contraire empiré sous l'influence du courant continu.

Getle opinion que j'ai exprimée en 1861, dans la précédente édi- Lion, sur la valeur thérapeutique des courants continus par la méthode de Remak, à été justifiée par de nouvelles expériences que j'ai faites depuis lors sur des malades de ma clinique civile.

Ayant fait connaître en outre les procédés que j’ai employés dans le but d'appliquer les courants continus constants, sans mélange

(1) Remak, Galvanothérapie ou de l'application du courant galvanique constant au traitement des maladies nerveuses et musculaires. Paris, 1860, p. 58. (2) Duchenne (de Boulogne), Elect, loc., Obs. LXXIIE, p. 374.

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