‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 233 sur 400 · ART. 11, $ I. — TROUBLES FONCT. DANS LES AFFEC. CÉRÉBELL · texte numérisé non relu

ART. 11, $ I. — TROUBLES FONCT. DANS LES AFFEC. CÉRÉBELL

d’intermittences, j'ai dit que; dans mes nouvelles recherches expérimentales, ils ne m'’avaient donné aucun résultat thérapeutique appréciable (Voy. chap. HI, D., p. 194); mais comme en évitant les intermittences galvaniques, les courants continus constants ne font courir aucun risque aux malades, je ne me refuse pas à en

faire application dans la seconde période de l’hémiplégie de cause cérébrale (1).

ARTICLE II

AFFECTIONS CÉRÉBELLEUSES.

$ EL. — Troubles fonctionnels dans les affections cérébelleuses.

Ilressortira de mes recherches cliniques, qui seront résumées dans ce paragraphe, que les principaux troubles fonctionnels symptomatiques des affections cérébeileuses sont : 1° une titubation sans incoordination motrice, pendant la station et la marche; 2° des vertiges augmentés ou provoqués par l'attitude verticale du corps et surtout par la station et la marche; 3° des vomissements ou des nausées qui accompagnent souvent ou quelquefois les vertiges; 4° une diplopie et un strabisme non paralytique, pendant le regard fixe ; 5° l'intégrité de la contractilité électro-musculaire.

Voici d’abord deux cas d'affection cérébelleuse dans lesquels le diagnostic porté pendant la vie a pu être vérifié par la nécropsie,

Ea juin 1862, M. Cusco, chirurgien de l'hôpital Lariboisière, m'engagea à voir un malade intéressant de son service, dont le diagnostic, au premier abord, offrait quelque difficulté. Il avait eu un strabisme consécutif à la paralysie de l’un des nerfs moteurs de l'œil, etil titubait pendant la marche. Était-ce une ataxie locomotrice? Connaissant déjà, d’après l’étude d’autres cas antérieurs, les signes. qui différencient les troubles locomoteurs de l’ataxie locomotrice d'avec ceux des affections cérébelleuses, et désirant mettre de nouveau à l’épreuve ces signes diagnostiques isolés, j’examinai comment il se tenait debout et comment il marchait, sans rechercher les autres symptômes et sans m'informer de ses antécédents ; voiei ce que j’observai. Dans la station debout, le corps oscillait en tout sens; c'était une sorte de balancement du corps, non interrompu par des mouvements brusques qui, dans l’ataxie, sont produits par des efforts d’équilibration ; on ne voyait pas sur ses membres les contractions musculaires qui produisent ces mou-

(1) J'expérimente en ce moment, dans ces cas, la pile à un seul liquide de Trouvé et Calot, qui est une nouvelle modification de la pile de Daniell, et qui est, dit-on, le courant le pius constant,

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vements brusques du tronc, et ses pieds restaient tranquillement posés à plat sur le sol. Le faisait-on marcher, ses oscillations augmentaient en étendue ; il décrivait des arcs de cercle ou des zigzags, et le membre, qui oscillait d’arrière en avant, n'allait pas au delà du pas et ne retombait pas sur le sol en le frappant du talon. Il marchait, en un mot, comme s’il avait été pris de boisson.

Dès qu'il se tenait debout, il éprouvait des vertiges et des nausées ; pendant la progression ses tournoiements de tête augmentaient et sa vue se troublait. L’ensemble de ces phénomènes, qui ont tant de ressemblance avec ceux de l'ivresse alcoolique, et que j'avais déjà observés avec soin dans plusieurs cas d'affection cérébelleuse, phénomènes que l’on ne saurait confondre, comme je l'ai démontré, avec ceux qui sont propres à l’ataxie locomotrice, ces seuls symptômes, dis-je, me suffirent pour reconnaître, dans ce cas, une affection cérébelleuse.

Ce diagnostic a été pleinement confirmé par l'examen des autres symptômes et par la nécropsie. Voici, du reste, l’observation complète de ce cas, telle qu’elle à été rédigée par un interne distingué ‘du service, M. Carle, qui a eu l’obligeance de me la communiquer.

OBservarTION EXLVIIL, — « Ch. Robinet, âgé de vingt-huit ans, horloger-mécanicien, est entré à l'hôpital Lariboisière, le 8 mai 1863. — Ce malade, qui présente toutes les apparences d’une bonne constitution, raconte que, de deux ans à dix, il a été sujet à des convulsions épileptiformes, qui étaient devenues bien moins fortes et plus rares dans les dernières années. Sa santé fut bonne jusqu’à l’âge de vingt-trois ans. A cette époque il était déjà depuis trois ans établi en Amérique, lorsqu'il fut atteint d’un chancre que le malade a entendu qualifier d’induré, et pour lequel on le soumit à un traitement dont il ne connaît pas bien la nature el qui futsuspendu au bout de quinze à vingt jours, lorsque le chancre eut disparu. Depuis lors il a eu des maux de gorge, des tumeurs molles en divers points du corps, et a été soumis, pendant deux mois, à un traitement antisyphilitique.Vers la fn de 1862, il entra à l'hôpital du Midi, dans le service de M. Cusco, pour des vomissements qui revenaient plusieurs fois par jour, ordinairement après les repas. On constata alors un peu de strabisme ; il revint peu de temps après dans le service deM. Follin pour la même raison. Depuis sa sortie, il a été repris plusieurs fois de ses vomissements, Voilà ce que nous pouvons saisir de plus saillant dans le récit embrouillé et mêlé de contradictions qu'il nous fait.

Élat actuel. — Ce que l'on constate au premier abord, € + l'espèce de torpeur dans laquelle l’ intelligence semble plongée ; ten ses réponses n'ont aucun rapport avec ce qu'on lui demande ; le plus souvent il comprend, répond à peu près bien, mais avec une AE trainante, et se rctourne avec indifférence dès qu’on cesse d'attirer son attention, La sensibilité est légèrement obtuse sur toute la surface du corps. La motilité est atteinte, comme on peut le constater en se faisant serrer la main

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