‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 240 sur 400 · ART. III. — PARAL. DE LA CONTRACTILITÉ ÉLECTRO-MUSCUL · texte numérisé non relu

ART. III. — PARAL. DE LA CONTRACTILITÉ ÉLECTRO-MUSCUL

membre à mettre en mouvement, à tel point qu’il serait impossible, par exemple, de fermer ou d'ouvrir les deux mains à la fois, et que ces deux mouvements ne se feraient qu’alternalivement et nécessairement avec le concours du regard et de l'attention.

Cette faculté qui paraît résider dans le muscle (puisqu'on peut la rappeler par la faradisation de ce muscle, quand elle est abolie); qui n’est pas la sensibilité musculaire ; qui établit une relation intime entre le musele et le cerveau ; qui enfin permet à celui-ci de provoquer le mouvement sans l'intervention de la vue, j’ai cru bien l’exprimer par le nom de conscience musculaire. Mais cette dénomination, comme je l’ai déjà reconnu, ne repose que sur une théorie. Si celle-ci n’est pas exacte (ce que l'avenir jugera), qu’on cherche une autre dénomination; je fais bon marché de la mienne. Je défends seulement ici le fait physiologique et pathologique que je crois acquis à la science.

Conclusions.

I. Il paraît exister une sorte de sens qui siége dans le muscle, qui sert à l’accomplissement de la contraction musculaire volontaire, et qui, dans l'absence de la vue, éclaire, pour ainsi dire, le cerveau, ayant que ce dernier, excité par les ordres de la volonté, provoque la contraction museulaire.

II. Il ne faut pas confondre la conscience musculaire qui, dans l’acte des mouvements volontaires, semble précéder et déterminer la contraction, avec la sensation qui donne le sentiment de la pesanteur, de la résistance, etc., et qui a été appelée sens musculaire par Ch. Bell, et sensation d’activité musculaire par Gerdy. Cette dernière sensation est le résultat ou le produit de la contraction musculaire ; l'observation clinique m'a démontré récemment que cette sensation est un phénomène qui dépend plutôt de la sensibilité articuiaire que de la sensibilité musculaire.

(IL. La conscience musculaire peut exister indépendamment de la sensation d'activité musculaire.

IV. Elle est nécessaire à la contraction musculaire volontaire et à la cessation de cette contraction. Cependant le sens de la vue est l’auxiliaire de la conscience musculaire qu'il peut suppléer.

V. La perte de la conscience musculaire et du sens de la vue est nécessairement suivie de l’abolition des mouvements volontaires.

ARTICLE III

PARALYSIE DE LA CONTRACTILITÉ ÉLECTRO-MUSCULAIRE, OU INDÉPENDANCE MU- TUELLE DE LA CONTRACTILITÉ VOLONTAIRE ET DE LA CONTRACTILITÉ ÉLECTRO- MUSCULAIRE.

Il est aujourd’hui avéré qu’un muscle peut ne plus se contracter,

d’une manière appréciable, par l'excitation électrique, quoiqu'il se contracte sous l'influence de la volonté et que sa force paraisse normale, Il existe done une paralysie de la contractilité électromusculaire; c’est un fait démontré par les expériences électropathologiques exposées précédemment. Il me semble aussi acquis à la science, parce qu'il a été confirmé par d’autres observateurs, et même par un observateur qui s'était imposé la tâche de contredire mes recherches, dans ce qu’elles ont de plus incontestable ou bien d'en combattre les déductions que j'ai essayé d’en tirer. « Dans certaines paralysies, dit-il, rien n’est plus vrai; le mouvement volontaire reparaît avant que l'électricité décèle un changement notable dans l’état de l’irritabilité (4).» Je me bornerai dans cet article à reproduire ici textuellement un extrait de l’article que j'ai publié sur ce sujet dans les premières éditions (pp. 402, 1855 et 329, 1861). On verra que je n'ai rien exagéré et que j'ai exposé les faits tels qu’ils se sont présentés à mon observation.

L'IRRITABILITÉ (2) N’EST PAS NÉCESSAIRE A LA MOTILITÉ, tel est le titre d’un mémoire adressé par moi à l’Académie des sciences eu 1846.

Si l’on se rappelle les grandes et savantes discussions soulevées par l'irritabilité hallérienne, qu’on a cru jusqu’à présent inséparable de la vie, la proposition écrite en tête de cet article doit exciter l’incrédulité.

Personne, en effet, n'avait songé à contester le rôle important qu'Haller a assigné à l'irritabilité. S’il est vrai que les physiologistes se soient divisés sur le siége de cette propriété, et qu’ils se soient engagés, à ce sujet, dans de vives et interminables discussions, d’un autre côté, ils se sont tous tellement bien accordés sur l’importance de l’irritabilité pour les fonctions musculaires, qu'il n’est venu àla pensée d’aucun d’eux de douter de l’union intime de la contractilité électrique et de la contractilité volontaire.

Aujourd’hui, cependant, m’appuyant sur des faits nouveaux et nombreux, constatés publiquement dans les services cliniques des hôpitaux, souvent en présence des hommes les plus éminents, je persiste à dire que l’intégrité de la contractilité électro-muscularre n'est pas nécessaire à l'exercice des mouvements volontaires,

Voici dans quelles circonstances on observe les phénomènes desquels j’ai déduit la proposition que je viens de formuler.

Certaines paralysies sont caractérisées par la perte de la contractilité électro-musculaire; parmi elles, je citerai la paralysie saturnine, la paralysie consécutive aux lésions traumatiques des nerfs,

(1) Landry, Trailé complet des paralysies, p. 231. (2) Est-il besoin de dire qu’il s’agit ici de la contractilité provoquée artificiellement, et surtout de la contractilité électro-musculaire.

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