‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 243 sur 400 · ART, 11. $ I. — HYPERESTHÉSIE CUTANÉE HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

ART, 11. $ I. — HYPERESTHÉSIE CUTANÉE HYSTÉRIQUE

rapeutique de l'excitation électro-cutanée sur l’angine de poitrine que sur deux faits. Fidèle aux principes qui m'ont toujours dirigé dans mes recherches, j'aurais attendu, sans doute, pour les publier, que le temps et de nouvelles expériences leur eussent donné plus de valeur, si l’angine de poitrine n’était une de ces affections qu’on n’a que rarement l’occasion d'observer. En outre, la raison qui a eu la plus grande influence sur ma détermination, dans cette circonstance, c’est l’impuissance de la thérapeutique en présence des horribles souffrances occasionnées par un accès d’angine, c’est aussi l’imminence du danger. »

Depuis que j'ai écrit ces réflexions, j'ai obtenu dans ma pratique civile des résultats analogues aux précédents et qui sont venus confirmer la valeur de la méthode de faradisation cutanée que j'ai préconisée dans le traitement de l’angine. M. le docteur Boullet en a fait une heureuse application dans plusieurs cas de cette espèce de névrose, dont il a communiqué les observations à l’Académie des sciences (1).

J'ai fait aussi quelques recherches sur l'influence thérapeutique de la faradisation cutanée dans l’asthme nerveux, dans les viscéralgies, et dans une espèce de dermalgie lancinante qui apparaît irrégulièrement, tantôt dans un point, tantôt dans un autre. J'ai vu. dans ces cas, la faradisation cutanée appliquée Loco dolenti, au moment de la douleur, pendant la crise ou l’exacerbation, agir comme dans l’angine de poitrine, el triompher alors qu’on avait épuisé toutes les autres médications. Je ne relate pas ces faits, quelque intéressants qu'ils soient, parce que ce ne sont que des cas isolés qui m'engagent à poursuivre mes expériences, mais qui sont trop peu nombreux pour que je me permette d’en tirer des conclusions.

ARTICLE II

ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA FARADISATION DANS L'HYPERESTHÉSIE ET L'ANES- THÉSIE CUTANÉES OÙ MUSCULAIRES DE NATURE HYSTÉRIQUE,

$S E. — Hyperesthésie cutanée.

L’exaltation de la sensibilité cutanée, qui ne reconnait pas pour cause une inflammation de la peau, est symptomatique tantôt d’une lésion des cordons postérieurs de la moelle ou de ses membranes, ettantôt d’un état nerveux périphérique, sans doute névralgique, des houppes nerveuses. Il est évident que la faradisation cutanée

(1) M. Ed. Becquerel a communiqué à l’Académie des sciences, en février 1869, plusieurs cas de guérisons d’angine de poitrine, obtenus à l’aide des mêmes proctdés de faradisation par M. Boullet (Comptes rendus de l Académie des sciences, fiv. 1859).

LUCHENNE. — 3e édition. D2

ne peut être appliquée indifféremment à toutes ces hyperesthésies.

L’hyperesthésie cutanée peut être symptomatique d’une lésion spinale de cause traumatique. Ainsi j'ai observé, dans le service de M. Cruveilhier, une malade qui, après avoir soulevé un lourd fardeau, éprouva tout à coup une douleur très-vive dans la portion lombaire du rachis suivie d’une fièvre intense, d’une exaltation générale de la sensibilité cutanée et bientôt de paralysie généralisée du mouvement: d’autre part, celte hyperesthésieconsécutive à une inffammation spontanée des enveloppes de la moelle est assez commune, Dans ces cas, l'excitation électro-cutanée échouerait à coup sûr, si même elle n’aggravait pas les accidents. Le traitement antiphlogistique est évidemment alors le seul rationnel.

C’est principalement dans l’hyperesthésie que l’on observe chez les femmes, surtout chez les hystériques, que j'ai expérimenté l'influence thérapeutique de la faradisation cutanée.

Voici comment j'ai agi. La peau étant desséchée à l’aide de la poudre de riz, tantôt une fustigation électrique énergique a été pratiquée, tantôt les rhéophores métalliques pleins d’un courant induit ont été promenés sur la région douloureuse, pendant que l’appareil marchait avec les intermittences les plus rapides. L’intensité de ce courant était proportionnée au degré d'énergie et d’excitabilité du sujet. L'opération durait de deux à cinq minutes. Alors l’hyperesthésie cutanée a été souvent enlevée ou diminuée de cetie manière; la peau n’était plus sensible au frottement, et les malades disaient ressentir une sorte d’engourdissement, de bien-être dans le point excité et jadis douloureux. Dans certains cas, l’hyperesthésie cutanée ne reparaissait plus; mais plus fréquemment elie revenait plusieurs heures après l’opération; tantôt elle était modifiée ou plus supportable, et guérissait après quelques séances; tantôt elle se montrait aussi intense qu’après l’opération. Je dois à la vérité de dire que la moitié, pour le moins, des malades soumis à ce mode de traitement, n’ont trouvé dans la faradisation cutanée qu’un eou- | lagement momentané. Maïs, ici encore, ce mode de traitement était placé dans les circonstances les plus défavorables, car la plupart des hyperesthésies cutanées soumises à son action étaient anciennes et avaient résisté à toutes les ressources de la thérapeutique. N’eston donc pas en droit d'espérer que la faradisation cutanée, appliquée dans des conditions convenables, devra guérir le plus ordinairement l’hyperesthésie cutanée des hystériques ?

S EX. — Anesthésie cutanée.

Le même moyen qui combat avec succès l'hyperesthésie cutanée peut rendre à la peau sa sensibilité normale, lorsqu'elle est abolie,

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