‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 251 sur 400 · ART, III. $ II. — SURDITÉ NERVEUSE · texte numérisé non relu

ART, III. $ II. — SURDITÉ NERVEUSE

tension du courant, j'éprouvai très-neltement un chatoullement dans le côté droit de la langue, à la réunion de son tiers postérieur avec son tiers moyen. Élevant encore graduellement la force du courant, je sentis le chatouillement gagner progressivement la pointe de la langue, où j'éprouvai alors un engourdissement et un picotement désagréable, qui n’alla pas jusqu’à la douleur. L'expérience dont je viens de décrire les effets est souvent suivie d’un engourdissement, et quelquefois d’une hyperesthésie des deux tiers antérieurs du bord de la langue, qui persistent assez longtemps.

4° Il m'a paru aussi que ma langue était plus sèche et comme râpeuse, du côté opéré.

Tels sont les phénomènes qui frappèrent d’abord mon attention, et qui m'ont été signalés, à peu près dans l’ordre que je viens d’indiquer, par les sujets que j'ai soumis à cette expériensa,

8° Il me reste à faire connaître un phénomène d’ane haute importance, qui se manifeste assez souvent, lorsque l’excitation est suffisamment énergique: c’est la production d’une sensation qustative spéciale. C’est le dernier qui ait attiré mon attention, parce qu'il est masqué sans doute par la sensation de chatouillement ou de picotement qui l'accompagne. Aussi passerait-il presque toujours inaperçu, si l’expérimentateur ne s’en préoccupait pas. Bien que la sensation gustative soit peu prononcée, on la distingue cependant parfaitement, et, pour mon compte, je l’ai ressentie si nettement, que je puis la comparer à une sensation métallique.

6° Enfin, quelques sujets perçoivent, à chaque intermittence, une sensation lumineuse (le phosphène électrique), du côté excité.

7° Je me réserve d'examiner par la suite l’action de l’excitation électrique de la corde du tympan sur la sécrétion salivaire, chez l’homme.

C.— Analyse des phénomènes électro-physwologiques précédents. — a. Perception d'un son. — Le bruit sec, parcheminé, perçu dans le fond du conduit auditif, au moment de chaque intermittence du courant d’induction, est produit par l’ébranlement des parties profondes de l'oreille ( des osselets, de la membrane du tympan et de la fenêtre ovale).

On pourrait supposer, ilest vrai, que ce bruit reconnaît pour cause l'excitation directe du nerf acoustique. Mais il suffit de se rappeler les conditions anatomiques de la région sur laquelle on opère, pour comprendre que ce nerf, enfermé dans son rocher, est inaccessible à cette excitation directe. En effet, la membrane du tympan n’est reliée à la paroi interne de la caisse ou à la membrane de la fenêtre ovale, dont elle est distante de 4 à 5 millimètres, que par la chaîne des osselets qui sont mauvais conducteurs du courant électrique. Il faudrait que ce courant fût infiniment plus intense que celui qui à

été employé, dans mon expérience, pour qu’il arrivât jusqu’à l’oreille interne. Admettant même que, dans ce cas, le nerf acoustique eût reçu directement l’excitation électrique, il resterait encore à démontrer que cette excitation peut produire un son, indépendamment de tout mouvement vibratoire.

Mais est-il besoin de cette hypothèse invraisemblable, alors que l’ébranlement de la chaîne des osselets et des membranes auxquels aboutissent les extrémités de cette chaîne, rend suffisamment compte de la production du son?Iln’est pas douteux que cet ébranlement n’ait lieu dans le cas dont il s’agit. Je l’ai constaté d’ailleurs sur plusieurs animaux. Il est provoqué par la contraction d’un ou de plusieurs des muscles moteurs des osselets, On ne comprendrait pas que, chez l'homme, cette contraction musculaire n’eût paslieu par ce procédé de faradisation de l’oreille, car le muscle externe du marteau, qui, on le sait, est situé dans la partie supérieure du conduit auriculaire (J, fig. 179), se trouve en contact avec le liquide dans lequel plonge le rhéophore.

On objectera peut-être que des anatomistes n’admettent pas l’existence de ce muscle ; mais il en est d’autres aussi qui professent une opinion contraire. D'ailleurs, lexistence constante de l’apophyse courte du

marteau, qui est évidemment destinée à recevoir le tendon du muscle externe du marleau, ne suffit-elle pas pour dé-

Fig. 181. — Section du rocher montrant la corde du tym- montrer que l'absence de pan émergeant du facial et allant s’accoler au nerf be muscle ne peut être ae qu’une anomalie?

Le muscle externe du marteau est-il le seul qui, dans cette expérience,Fentre en contraction? Le courant atteint-il aussi les muscles interne (K, fig. 179) et antérieur (L) du marteau? L'examen de cette question m'’entraînerait trop loin et ne serait d’aucune utilité. I me suffit”d’avoir établi qu’une contraction musculaire met en mouvement le marteau, et conséquemment toute la chaîne des osseletset les membranes auxquelles se fixent les extrémités de cette dernière, pour expliquer l’espèce de craquement perçu par le sujet soumis à l’expérience.

(*) A, corde du tympan se séparant du nerf facial B un peu au-dessus du trou stylo-mastoïdien, remontant dans la cavité tympanique, accolée à la membrane du tympan dans le point C, avant de passer entre l’enclume et le marteau, s'accolant au nerf lingual D après sa sortie de la caisse du tympan; E, moitié inférieure de la membrane du tympan.

É'EVIENECERSDENS

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