‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 260 sur 400 · ART. HI, S$ II, — SURDI-MUTITÉ NERVEUSE · texte numérisé non relu

ART. HI, S$ II, — SURDI-MUTITÉ NERVEUSE

l'exploration de la trompe d'Eustache et du conduit auditif externe est insuffisante, et:dans l’état actuel de la science, la séméiologie ne possède aucun signe qui permette même de soupçonner l’existence des lésions anatomiques de l’oreille interne et de certaines altérations de-l’oreille moyenne; elles ne nous ont été révélées que par l’autopsie.

J’ai l'espoir que mes recherches électro-physiologiques et pathologiques pourront jeter quelque jour sur ce point obscur du diagnostic de la surdi-mutité, et en éclairer en même temps le pronostic. Si, en effet, chez un sourd-muet, la faradisation de la corde du tympan et des muscles moteurs des osselets produit les phénomènes électro-physiologiques que l’on obtient à l’état normal et que j'ai décrits dans le paragraphe précédent (B, p. 830), il est rationnel d’en conclure que les organes qui président à ces fonctions sont sains chez ce sourd-muet. Ainsi, sous l'influence de cette exploration électrique, la sensation linguale indiquera l'intégrité de la corde du tympan; le bruit produit dans le fond de l'oreille, à chaque intermittence, annoncera une contraction musculaire qui aura ébranlé la membrane du tympan, la chaîne des osselets, la membrane de la fenêtre ovale, la succussion du liquide tympanique, et la sensibilité du nerf auditif provoquée par cette série d’ébranlements. Nous aurons donc ainsi la preuve physiologique de lintégrité anatomique de ces différentes parties constituantes de l'oreille moyenne et interne. Alors si le cathétérisme a déjà démontré que la trompe d'Eustache est libre, et si l’examen du conduit auditif externe n’y a trouvé rien d’anormal, on sera fondé à attribuer la surdi-mutité à un état nerveux paralytique, et, dans ce cas, on le conçoit, le pronostique sera favorable. Or la faradisation de la corde du tympan et des muscles moteurs des osselets avait produit, chez mes trois jeunes sourds-muets, ces symptômes électro-physiologiques que j'avais considérés comme des signes heureux pour le pronostic. La découverte de ces signes diagnostiques et pronostiques de la

surdi-mutité est donc, sije ne me trompe, un progrès qui ne sera contesté par personne.

Conclusions. — A° Il existe une espèce de surdi-mutité congénitale ou non, complétement indépendante de toute altération anatomique appréciable. Conséquemment, personne n’est fondé à dire que cette espèce de surdi-mutité nerveuse est incurable.

2° L’exploration de l’état de l’oreille moyenne et de l’oreille interne à l’aide de la faradisation de la corde du tympan et des muscles moteurs des osselets, permet de reconnaître, presque à coup sûr, que la surdi-mutité n’est pas produite par une altération orgenique. |

30 Il est démontré, par des faits, que la surdi-mutité nerveuse

peut être améliorée par la faradisation de la corde du tympan el des muscles moteurs des osselets; mais jusqu’à présent ce mode de traitement n’a pu amener la surdi-mutité qu’à l’état de demisurdité.

4° Cet état de demi-surdité obtenue chez le sourd-muet congénital exerce une influence heureuse et rapide sur le moral de l'enfant, sur ses sentiments affectifs, sur son éducabilité ; il permet enfin de développer la parole à l’aide de l’ouïe.

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