‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 289 sur 400 · IV, — INCONTINENCE D'URINE · texte numérisé non relu

IV, — INCONTINENCE D'URINE

Je n’ai pas eu l’occasion d’appliquer la faradisation localisée au traitement de l’incontinence d’urine,

Si elle se présentait, je dirigerais l’excitation électrique sur le col et sur le sphincter de la vessie. On sait, en effet, que c’est à la paralysie ou à l’atonie de ces parties qu’est dû l’écoulement involontaire de l’urine. Voici comment j'agirais alors : j'introduirais dans le rectum un rhéophore rectal à olive, et je le promènerais sur tous les points correspondants du releveur de l’anus, pendant que l'extrémité d’une sonde métallique, isolée seulement à son extrémité, serait maintenue au niveau du col de la vessie. Le courant d’induction serait aussi intense et aussi rapide que possible, et je donnerais la préférence à celui de la première hélice. Ce procédé opératoire me paraît devoir réussir.

(1) Au moment où je corrige cette épreuve, je viens d’entendre la lecture intéressante d’une communication faite par M. le docteur Reliquet à la Société de médecine de la Seine, sur l’électrisation directe de la vessie par un courant continu constant, dans le traitement du spasme de la vessie occasionné par la présence de plaques calcaires ou cristaux d’urate de chaux adhérentes à la muqueuse vésicale. L'opérateur introduit dans la vessie un rhéophore métallique isolé par une sonde coudée en caoutchouc, et place l’autre rhéophore sur la paroi abdominale, Il paraît résulter de ses expériences faites avec le concours de M. Onimus, qu'après cette opération, la contracture cessant , la vessie se dilate considérablement et qu’en se déplissant, les sels incrustés se détachent de la muqueuse et sont ensuite rendus par les urines. Je ne saurais trop complimenter MM. Reliquet et Onimus de cet heureux résultat. Dans les cas où le cathétérisme serait contre-indiqué ou difficilement praticable, je crois que mon procédé par le rectum serait préférable.

$S HE.— Anesthésie de la vessie et des organes génitaux urinaires. Ï, — ANESTHÉSIE DE LA VESSIE.

L’anesthésie de la vessie peut exister indépendamment de la paralysie de la tunique musculeuse de cet organe. Les sujets, ne sentant pas le besoin d’uriner, laissent distendre leur vessie outre mesure, et ne sont avertis de sa plénitude que lorsque l’urine sort par regorgement. S'ils n’ont pas la précaution de la vider régulièrement, en urinant à desintervalles peu éloignés, la tunique musculeuse finit par se paralyser à force d’être distendue. Cette grande distension de la vessie peut occasionner en outre, à la longue, la formation de replis valvulaires qui obstruent l’orifice du col de la vessie et s'opposent au passage de l’urine. Les malades sont alors dans la nécessité de repousser les replis valvulaires, en introduisant la sonde dans la vessie, chaque fois qu’ils veulent uriner, et l’on voitg dans ce cas, le jet projeté au loin et avec force, L’excitation faradique de la paroi interne de la vessie est un excellent moyen de guérir cette anesthésie, dont lesconséquences peuvent être si graves,

J’en ai rapporté dans la précédente édition un exemple remarquable (1), dont voici le résumé : L’anesthésie vésicale avait occasionné chez ce malade (M. de L...) une distension énorme de la vessie, qui a été suivie, pendant quelque temps, de la sortie involontaire de l’urine (par regorgement), sans que cependant la vessie fût paralysée; privé de la sensation du besoin d’uriner, ayant souvent laissé distendre considérablement la tunique musculeuse de la vessie, en négligeant de la vider, il n’a pas tardé à perdre la faculté d’uriner volontairement, par suite de la formation de repiis valvulaires ; MM. Ricord et Civiale ont constaté alors que la tunique musculeuse n’était pas paralysée ; la sonde étant introduite, l’urine était projetée au loin avec une grande force. L’excitation énergique pratiquée avec un courant d’induction rapide et intense a rappelé assez vite la sensibilité de la vessie ; de sorte qu’il ne restait plus à vaincre que l’obstacle mécanique dû à l’existence des replis valvulaires. Il faut observer enfin que cette anesthésie de la vessie guérie par Pexcilation faradique avait résisté, pendant trois ans, à des médications très-variées.

[l, — ANESTHÉSIE DES ORGANES GÉNITAUX ET IMPUISSANCE.

Il est encore une autre question imporlante à examiner à l’occasion du malade dont il vient d’être question : c’est l’aclion exercée par la faradisation localisée sur l’impuissance.

Il est incontestable que M. de L. a dû à l’application de ce trai-

(1) Duchenne (de Boulogne). Elect. loc., 1861, obs. CLXXXIX, p. 746.

tement le rétablissement de ses fonctions génératrices dont il à été privé pendant plusieurs années. L'ayant revu trois ans après, j'ai constaté que son impuissance n’avait plus reparu.

J'avais commencé avec F. Lallemand des expériences que j'ai poursuivies et dont voici sommairement le résultat.

L'impuissance est souvent due à des pertes séminales, suite d’abus vénériens. Eh bien! l'excitation de la sensibilité cutanée et la faradisation directe des vésicules séminales par l’excitation rectale augmentent encore ces pertes en général.

Lallemand pensait que, dans ces cas, il pourrait être utile d’exciter l’orifice uréthral des canaux éjaculateurs, afin d’en produire le resserrement, en augmentant leur force tonique. Voici comment j'ai agi dans ces circonstances : j'ai introduit jusqu'au vérumontanum un rhéophore olivaire uréthral, libre seulement à son exirémité et isolé dans le reste de son étendue, et j'ai placé sur le périnée un second rhéophore humide; puis j’ai fait passer un courant à intermittences rares et peu intenses. L'orifice uréthraf des canaux éjaculateurs m'a paru se resserrer après cette opération, ear, dans un bon nombre de cas du moins, les pertes ont diminué ou bien ont disparu.

Assez fréquemment dans des cas de pertes séminales datant d’un temps plus ou moins long, j'ai expérimenté cette méthode de traitement qui a obtenu souvent la guérison, entre autres chez trois médecins qui m'ont laissé la relation de leur maladie et le résultat de leur traitement. L'un de ces derniers, praticien distingué de Pologne, m'a engagé à publier son observation. Ses pertes séminales dataient de dix-neuf ans; elles avaient résisté à tous les traitements dirigés cependant par des praticiens renommés, par le professeur Pirogoff entre autres. Elles l’avaient fait tomber dans cet état physique et moral si bien décrit par Lallemand (1). Après une trentaine de séances pratiquées dans l’espace de trois mois, sa guérison était complète. Cinq mois plus tard, cette guérison s’élait parfaitement maintenue.

Lorsqu'on a vu les pertes diminuer et qu’il est indiqué d’agir contre l'impuissance, on excite les testicules en plaçant sur ces organes des rhéophores humides, Il faut mettre beaucoup de prudence dans lä pratique de cette opération, qui est douloureuse, et ne faire passer qu’un courant modéré de la deuxième hélice et à rares intermittences. Il m'est arrivé deux fois, m'élant écarté de celte manière d'agir, de développer une névralgie des testicules qui persisla plusieurs semaines. Celte névralgie était caractérisée par une douleur du cordon, qui remontait dans l’hypogastre, dans tes lombes, et n'apparaissait que par intervalles.

(1) Lallemand, Des pertes séminales involontaires. Paris, 1836-42,

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