‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 292 sur 400 · ART. IV, $ IV. — CHUTE DU RECTUM · texte numérisé non relu

ART. IV, $ IV. — CHUTE DU RECTUM

muniqué à M. Debout pour être publié dans le Bulletin de thérapeutique, M. Duchaussoy soutenail, dans un excellent travail (1), la proposition que je viens de formuler, s'appuyant sur un autre ordre de faits qu’il avait observés dans le service de M. Guersant. On sait que cet habile chirurgien des enfants traitail la chute du rectum en appliquant quatre boutons de feu disposés en croix sur l'anus, au point où la muqueuse et la peau viennent se confondre. M. Duchaussoy dit que, sur onze enfants ainsi cautérisés, M. Guersant en à guéri dix. Ce praticien dit qu’en agissant ainsi, son but était de provoquer une légère inflammation qui modifie le tissu cellulaire sous-muqueux, le resserre et retient ainsi l'intestin disposé à s’échapper. Mais M. Duchaussoy interprète ces guérisons autrement que M. Guersant : «Quele cautère, dit-il (2), agisse ainsi sur le tissu cellulaire, cela est assez vraisemblable; mais cette action ne doit pas s'étendre beaucoup au delà des points cautérisés, et cette légère inflammation doit être un bien faible obstacle à la sortie d’une portion d’intestin longue de 5 à 10 centimètres, surtout si l’on songe qu'il lui faut parfois résister à des efforts tellement puissants, que la main d’un homme vigoureux ne peut les vaincre pour réduire l'intestin.

« Maïs ce que l’on peut constater avec certitude, au contraire, après cette cautérisation, le voici : Aussitôt que l'intestin a cessé de sortir, ce qui peut arriver immédiatement après l’opération, Le doigt, introduit dans l'anus du malade, éprouve de la part du sphincter une constrichion dont dl n'y avait pas de manifestation avant l'application du cautère. » (M. Duchaussoy avait constaté qu'auparavant, le sphincter était relâché au point de permettre l’entrée facile de trois ou quatre doigts dans le rectum, tandis qu’à l’état normal, l'introduction d’un seul doigt est difficile et arrache des cris aux enfants).

Ces faits viennent donc à l’appai de ceux qui ressortent de mes expériences, ou plutôt ces dernières rendent vraisemblable l’explication donnée par M. Duchaussoy du mécanisme de la guérison de la chute du rectum par la cautérisation.

Comme corollaire de l'interprétation des faits observés dans le service de Guersant, M. Duchaussoy a formulé la proposition suivante : « Tout procédé qui parviendra à faire cesser la paralysie du sphincter, soit en simplifiant la cautérisation, soit même en lui substituant d’autres excitants du système musculaire plus puissants, ou moins désagréables, pourra être regardé comme un progrès dans le traitement de la chute du rectum. »

(1) Du Chaussoy, De la cause immédiate et du trailement de la chute du rectum - chez les enfants (Archives générales de médecine, numéro de septembre 1850). (2) Du Chaussoy, Union médicale, 11 septembre 1852.

Puis, après avoir démontré les inconvénients de la cautérisation par le procédé de Guersant qui, bien que si légère, produit quelques accidents chez les enfants opérés, M. Duchaussoy conseille le traitement par la faradisalion; car il est très-présumable, ajoute-til, que l'électricité pourrait rétablir la contractilité dans un muscle accessible comme le sphincter de l’anus. Si cet observateur avait eu connaissance de l'expérience que j'avais rapportée, et des inductions qui m'avaient conduit à la faire, il ne s’en serait pas tenu à de simples présomptions, puisque dans cette expérience on a vu que la faradisation à intermittences rapides empêche la chute du rectum, en restituant au sphincter de l’anus la force tonique qu'il avait perdue. |

Deux faits nouveaux, exposés dans l'édition précédente (1), sont venus confirmer l'efficacité de la faradisation du sphincter de l'anus dans le traitement de la chute du rectum.

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