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Fic, 189 (*). Fic. 190 (*).
Celte lésion musculaire n’occasionne, à ce degré, aucune souffrance, aucune gêne dans les mouvements du membre supérieur ; c’est une difformité qui apparaît seulement dans certains mouve-
ments, dans certaines attitudes.
Les signes pathognomoniques de l’atrophie du grand dentelé, ne se manifestent que pendant l'élévation volontaire du bras. J'ai démontré en effet que l’atrophie du grand dentelé n’occasionne
(*) (**) Fic. 189 et 190. — Attitude vicieuse du scapulum droit, pendant le repos musculaire, produite par l’atrophie des deux tiers inférieurs du trapèze droit, à l’exception de la portion acromiale et claviculaire de ce muscle. — Le bord spinal de cet os est plus éloigné de la ligne médiane que celui du côté sain, et l'épaule droite est plus abaissée, à cause de l’atrophie du tiers moyen du trapèze. — Chez ces sujets, le grand dentelé est également atrophié à droite, ce que l’on ne soupçonnerait pas à l'attitude de leur scapulum droit, lorsque leurs bras tombent eur les côtés du tronc. — Voir l'obs. du sujet de la fig. 189 dans Élect. loc. 1855, obs. XXXILL,
aucune difformité appréciable, dans l'attitude de l’épaule, pendant le repos musculaire et lorsque les bras tombent sur les côtés du tronc, à moins toutefois que les deux tiers inférieurs du trapèze ne soient en même temps entièrement atrophiés (on verra plus tard quelle est alors l’attitude du scapulum). Aïnsi il eût élé certainement impossible de soupçonner l'existence de celte grave affection musculaire chez les sujets représentés dans les figures 1489 el 190, lorsqu'ils laissaient pendre leurs bras sur le côté du tronc. Que l’on compare, en effet, ces figures aux figures 186 et 188 dessinées pendant l’élévation des bras, d’après ces mêmes sujets dont le grand dentelé droit était atrophié; et l’on se fera une idée exacte de l’attitude des scapulums à l’état de repos ou à l’état de mouvement, lorsque le grand dentelé a perdu son action.
Je démontrerai plus loin, quand je iraiterai du diagnostic différentiel de la paralysie du deltoïde, qu’il existe un signe pathognomonique à l’aide duquel on peut établir le diagnostic de la paralysie ou de l’atrophie du grand dentelé, alors même que le malade ne peut élever volontairement son bras.
$S HEIN. — Atrophie et paralysie du deltoïde ; ses complications.
Les symptômes de l’atrophie et de la paralysie du deltcïde sont tellement évidents, le diagnostic en est si facile que je ne me serais pas arrêté sur ces affections musculaires, si trop souvent elles n'étaient masquées par des complications plus ou moins graves dont le diagnostic ne laisse pas que d'offrir quelques difficultés, et qui, jusqu’à ce jour, me paraissent avoir été trop négligées ou méconnues.
ÏJ, —- ATROPHIE OU PARALYSIE SIMULTANÉES DU DELTOÏDE ET DU GRAND DENTELÉ.
Une des complications les plus graves de l’atrophie ou de la paralysie du deltoïde, c’est l’atrophie ou la paralysie du grand dentelé. Mes recherches spéciales m'ont fourni plusieurs fois l’occasion de constater cette complication de la lésion du deltoïde, complication que je n’aurais Cerlainement pas découverte, sans l'exploration électro-musculaire. J’ai démontré, en effet, dans le paragraphe IH de ce chapitre, que l’atrophie ou la paralysie du grand dentelé n’occasionne aucune difformité notable pendant le repos musculaire, lorsque les bras tombent sur les côtés du tronc; que les signes pathognomoniques de cette affection se décèlent seulement, lorsque le malade élève les bras. 1l en résulte donc que si l’agent principal de l'élévation du membre supérieur, le deltoïde, vient à être atrophié ou paralysé en même temps que le grand dentelé, ces signes précieux de diagnostic font nécessairement défaut.
On chercherait vainement alors à les reproduire en soulevant soimême le membre paralysé, car rien ne peut remplacer, dans ce Cas, l'élévation volontaire ou celle que l’on produit par la faradisation localisée du deltoïde. N'’ai-je pas démontré en effet que c’est l’action propre du delloïde qui imprime au scapulum les mouvements de bascule et de rotation qu’on observe dans la paralysie ou l’atrophie du grand dentelé, pendant l’élévation volontaire du bras?
Que d’atrophies ou paralysies du grand dentelé ont dû échapper à l’observation, alors qu’elles compliquaient la lésion du deltoïde ! Il y a lieu de croire en effet que l'existence simultanée de ces deux lésions musculaires n’est pas rare.
Dans un bon nombre de cas analogues aux précédents, l’explora-
Fig. 191 (*). Fic. 192 (**).
\ tion électro-musculaire permet d'établir sûrement le diagnostic. En effet, en appliquant les excitateurs d’un appareil d’induction, en avant du bord inférieur du grand dorsal, sur les points du thorax où se trouvent les digilations du grand dentelé, ou sur le nerf qui anime ce muscle, on voit souvent le scapulum rester en place, si le grand dentelé est atrophié ou paralysé, tandis que s’il est sain, cet OS obéit à l’action de ce muscle, comme on peut le voir dans la
(*) Mouvement du scapulum gauche par la faradisation isolée du grand dentelé.
(“*) Mouvement du scapulum gauche, chez un sujet dont le deltoïde est paralysé, au moment où il s'efforce d’élever le bras en avant.