‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 328 sur 400 · ART. IV, $ I. — PARALYSIE DU TRICEPS SURAL · texte numérisé non relu

ART. IV, $ I. — PARALYSIE DU TRICEPS SURAL

sens contraire de l'extension, le premier métatarsien, le premier cunéiforme et le scaphoïde cèdent à la plus légère résistance qui leur est opposée par le sol, malgré l'extension puissante exercée par le triceps sural sur les autres parties du pied.

Le second temps commence au moment où l'astragale est arrivée aux dernières limites de son mouvement d’extension. À ce moment, le diamètre antéro-postérieur des surfaces articulaires du calcanéum étant oblique de bas en haut et d’arrière en avant, la moindre traction exercée sur le tendon d’Achille fait glisser le calcanéum sur l’astragale. Ce glissement ne pouvant avoir lieu d’avant en arrière sous l'influence du triceps sural, parce que les ligaments qui unissent le calcanéum à l’astragale et au scaphoïde s’y opposent, le calcanéum se meut sur l’astragale, suivant la direction oblique d’arrière en avant et de dedans en dehors des facettes de l'articulation sous-astragalienne. Ce glissement du calcanéum sur l’astragale produit un double mouvement de rotation du calcanéum sur son grand axe et sur l’axe de la jambe. C’est de ce double mouvement du calcanéum que résultent l’adduction du pied et le renversement de sa face dorsale en dehors.

B. — Long péronier. — 1° Le long péronier abaisse le bord interne de l’avant-pied et creuse la voûte plantaire; il maintient solidement, à la manière d’un ligament, le premier métatarsien dans cet état d'abaissement, pendant que le triceps sural étend avec force l’arrière-pied et la partie externe de l’avant-pied dans l'articulation tibio-tarsienne. 2 Il imprime ensuite au pied un double mouvement de rotation, en vertu duquel ce dernier se porte dans l’abduction ; en même temps son bord externe s'élève. 3° Ge muscle agit faiblement comme extenseur sur l'articulation tibio-tarsienne.

L'abaissement du bord interne du pied par le long péronier est le résultat d’une série de petits mouvements articulaires successifs. Ainsi le premier métatarsien s’abaisse sur le premier cunéiforme, celui-ci sur la scaphoïde, et ce dernier sur l’astragale. La tête du premier métatarsien (la saillie sous-métatarsienne où talon antérieur) est alors abaissée chez l’adulte dont la voûte plantaire est normale, d'environ un centimètre et demi par le premier mouvement, et d’un centimètre parle second ; le dernier mouvement a moins d’étendue.

Au maximum d'action du long pérouier, la têle du premier métatarsien se trouve placée sur un plan inférieur à celui de la tête du second métatarsien. Le mouvement du bord interne de l’avantpied ayant lieu alors obliquement en bas et en dehors, la tête du premier métatarsien exécute une sorte de mouvement d'opposition et va recouvrir un peu la tôte du second métatarsien. Enfin, au plus heut degré de contraction du long péronier, les trois cunéiformes sont tassés les uns contre les autres, à leur face infé-

rieure, ce qui imprime à l’avant-pied un mouvement de torsion qui se propage à tous les métatarsiens et diminue le diamètre transversal de cet avant-pied.

Les mouvements d’abduction du pied et d’élévation de son bord externe, dus à l’action du long péronier, sont la conséquence du glissement du calcanéum sur l’astragale, en sens inverse de celui qui a lieu sous l’influence du triceps sural.

Ce glissement est favorisé par les dispositions anatomiques des surfaces de l'articulation calcanéo-astragalienne, mais il ne pourrait se faire, sans l’existence de la fosse triangulaire, profonde, qui termine en dehors le sillon interosseux, creusé sur la face supérieure du calcanéum. En effet, pendant que l’astragale se meut sur le calcanéum, sous l’influence de la contraction du long péronier, le bord antérieur de la facette articulaire postérieure de l’astragale s’enfonce dans cette fosse triangulaire, repoussant devant elle la parlie correspondante du ligament interosseux.

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