II. — TROUBLES FONCTIONNELS ET DÉFORMATION DU PIED
Lorsque le triceps sural a perdu son action, le mouvement d’extension du pied ne se fait plus, dans l'articulation tibio-tarsienne, qu'avec une grande faiblesse, et encore cetle extension va-t-elle à peine au delà de l’angle droit, malgré la contraction énergique du long péronier et du long fléchisseur des orteils qui, ainsi que je le démontrerai, agissent faiblement sur l'articulation tibio-astragalienne. Pendant que le malade s’efforce ainsi d’étendre son pied, on ne sent pas la tension du tendon d'Achille. Par le fait de Ja paralysie, et surtout de l’atrophie du triceps sural, le pied subit la déformation suivante : le talon s’abaisse graduellement, tandis que l’avant-pied s’infléchit sur l’arrière-pied ; il en résulte un falus pied creux. J'ai déjà exposé la geuèse de cette espèce de pied bot dans une note de la page 387, à l’occasion de l’observation du sujet dont les pieds sont représentés dans les figures 97 et 98; j'y renvoie le lecteur. Je rappellerai seulement que cette espèce de talus pied creux varie suivant que les muscles qui agissent sur l’avant-pied sont plus ou moins lésés. Ainsi sont-ils tous intacts, l’avant-pied s’infléchit en masse sur l’arrière-pied : c’est un talus pied creux direct (voyez fig. 97). Le long péronier est-il alors altéré, le bord interne du pied est maintenu relevé par le jambier antérieur et le long fléchisseur des orteils agissant seul, la face plantaire du pied regarde en dedans : c’est un talus pied creux tordu en dedans(varus de l’avantpied, voy. fig. 98). Enfin, lorsque, dans ce même cas, le long péronier agit seul sur l’avant-pied, la saillie sous-métalarsienne est plus