ART. II, S TITI, — FARADISATION MUSCULAIRE
opérant à tension modérée, lorsqu'on ne peut les éviter. En effet, les rhéophores humides ne se trouvant en rapport qu'avec la face externe des muscles, et d'autre part les nerfs musculaires n’arrivant aux muscles des régions superficielles que par leur face profonde, on est Certain qu’à un courant modéré les contractions musculaires n’ont pas lieu par l'intermédiaire de ces nerfs.
c. Lorsque les rhéophores humides sont posés dans des points correspondants à la surface d’un muscle, l'excitation produite par les recompositions électriques agit simultanément et directement sur tous les éléments anatomiques (fibres musculaires, filets nerveux, moteurs, sensibles, vaso-motleurs et trophiques, vaisseaux artériels et veineux) qui entrent dans la masse de la portion musculaire excitée. Il n’en est plus de même si la contraction musculaire est produite indirectement, c’est-à-dire en plaçant les rhéophores sur un tronc nerveux et loin de la masse des muscles en contraction. Je développerai cette proposition dans le chapitre suivant. En conséquence, la färadisation directe d’un muscle n’est pas complète alors même que l’on a produit sa contraction en masse par l’excitalion de son nerf propre, si les rhéophores n’onl pas été promenés sur tous les points correspondants à la surface de ce muscle,
Me faut-1l ajouter que chez l’homme vivant, dont on excite les muscles par ce procédé de faradisation directe, on ne peut agir isOlément sur chacun de ces éléments anatomiques, puisque tous ces éléments reçoivent inévitablement en même temps l’excitation directe du courant? Une telle remarque serait, de ma part, une naïveté ou une injure faite gratuitement au savoir de mes lecteurs. Personne, à coup sûr, n’ignore que ces éléments ne peuvent être isolés que par une préparation anatomique.
G. J’ai depuis longtemps préconisé la faradisation musculaire directe dans le traitement des affections où les propriétés musculaires étaient lésées, et principalement dans les atrophies ou les paralysies atrophiques.
Ge précepte reposait sur une longue expérimentation; il ressortait de faits nombreux relatés dans plusieurs mémoires reproduits dans les précédentes éditions. Il n’a pas élé, sans doute, assez explicitement énoncé dans mes écrits; car certains auteurs ont attaqué avec violence la faradisation musculaire directe. Suivant Remak et suivant d’autres auteurs (ses adeptes), je n’agirais sur le muscle, dans ce mode d’électrisation, que par l'intermédiaire de son nerf propre, en plaçant mes rhéophores au niveau du point d'immersion de ce dernier. Pour travestir ainsi la méthode de faradisalion musculaire directe, il faut que mes contradicteurs n'aient pas lu que j'ai recommandé, comme on l’a vu plus haut, de promener
les rhéophores lrumides sur tous les points correspondants à la surface des muscles à exciter. Que par ce procédé le nerf musculaire propre soit alors quelquefois atteint, si le courant est assezintense, cela est incontestable ; mais pour que la faradisation directe soit complète, en d’autres termes, pour que tous les éléments anatomiques qui se trouvent dans la masse des muscles soient excités, il n’en faut pas moins promener les rhéophores sur toute sa surface. Il est vrai que Remak niait l’existence de l’irritabilité (4) et de la sensibilité musculaires. Conséquemment, quelle pouvait être, pour lui, l’utilité de l'excitation électrique directe des muscles?
Accordons,— ce que je conteste, — que ces propriétés soient tout autant excitées par l'intermédiaire des nerfs que lorsque lies rhéophores sont placés sur le tissu musculaire, est-ce qu’il peut être indifférent pour la thérapeutique que l'excitation électrique soit dirigée directement sur le tissu des muscles, les capillaires et les nerfs vaso-moteurs qui les accompagnent ? Remak et ses adeptes élaient trop bons physiologistes pour répondre négativement. Un peu de réflexion aurait donc dû leur faire compréndre l’imporlance thérapeutique de la faradisation musculaire directe.
D. Rien n’est facile comme la faradisation musculaire directe, surtout dans les régions superficielles du tronc et des membres, si l’on possède certaines connaissances anatomiques, et principalement la connaissance de l’anatomie des surfaces. Pour les muscles des régions profondes des membres, la faradisation musculaire directe offre plus de difficultés, bien que la plupart d’entre eux présentent, sous la peau, un point de leur tissu par lequel ils sont accessibles à l'excitation directe,
J'aurais pu indiquer dans un tableau synoptique les points sur lesquels les rhéophores doivent être placés, lorsqu'on pratique la faradisation directe et partielle des muscles. Mais un tel travail me ferait sortir des limites que je me suis imposées; il serait peu ulile, d’ailleurs, à ceux qui n’ont pas oublié leur anatomie. Cependant le praticien qui désire se perfectionner dans l’art de la faradisalion localisée, doit étudier la myologie à un point de vue spécial, c'est-à-dire qu’il est tenu de connaître exactement les lieux dans lesquels les muscles des régions superficielles ou profondes sont en rapport avec la surface cutanée, Quant à ceux qui sont inaccessibles à la faradisation directe (et ils ne sont pas en grand nombre), on a toujours la ressource de leur communiquer l'excitation électrique
(1) Remak me fait dire que, par l’électrisation musculaire directe, la fibre musculaire se contracte seulement en vertu de son irritabilité (de l’irritabilité hallérienne , c’est m'attribuer une énormité que je n’ai jamais commise (Ueber methodische electrisiring gelæhmter Muskeln, Berlin 1856), et ma réponse à cette étrange critique à été publiée dans un journal très-connu et très-estimé, Jahrbücher für gesammte Medizin, mai 1856, et Revue médicale. 1856.