‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 390 sur 400 · ART. IV, S IL. — PATHOG. ET PROTH. DES COURBURES DU RACHIS · texte numérisé non relu

ART. IV, S IL. — PATHOG. ET PROTH. DES COURBURES DU RACHIS

force naturelle de ces muscles, ou encore d’un affaiblissement des muscles opposés par une paralysie ou une autre cause (1).

Mais Morgagni est resté dans le doute, car il ne COmMprenait pas le mécanisme de la formation de plusieurs courbures opposées, «On ne voit pas, dit-il, comment la paralysie alterne. » En effet, l’on croyail, d'après des anatomisles, que le long dorsal exerçait une aclion rotatrice sur les verlèbres lombaires et sur les dernières dorsales, Or, comme cette action rotatrice a lieu en sens contraire des transversaires épineux de ces vertèbres, il était rationnel d’en conclure que, par la contraction synergique et unilatérale de tous ces muscles ou faisceaux musculaires, les actions rotatrices antagonistes étaient nécessairement neutralisées.

Aussi avait-on essayé d'expliquer toujours cette rotation des vertèbres, dans la scoliose, autrement que par l’action musculaire, par un excès de pression exercée sur l’un des côtés des vertèbres. Plusieurs théories avaient élé proposées, à l'appui de cette Opinion, entre autres, celle de Swagerman, médecin hollandais qui, selon À. Roy (2), professait, en 1767, que les apophyses articulaires ne permeliant pas aux Corps vertébraux de s'incliner directement les uns vers les autres, dans les fortes courbures, obligent les vertèbres à Lourner les unes sur les autres, et celle de Pravaz, qui croyait expliquer celle rotation des vertèbres par la direction naturelle des faceltes des apophyses articulaires (3).

Ces théories sont loin d'être satisfaisantes : il me suffira de faire remarquer, avec M. Bouvier, que les vertèbres peuvent être inclinées directement sur le côté, sans tourner le moins du monde autour de leur axe. M. Bouvier, après avoir posé cette question demande : « Comment, l’excès de pression sur un des côtés des vertébres les fait-il tourner autour de leur axe vertical? Il faudrait un Euclide pour résoudre complétement ce problème de mécanique.» (4) D'ailleurs, j'ai rapporté (5) un cas d’inclinaison latérale directe, dans la région lombaire du rachis, qui a existé d’une maniére continue, pendant huit mois, sous l'influence de la contraction du carré des lombes, et peut-être des inter-transversaires lombaires, sansavoir encore produit la rotation des vertèbres lombaires.

Les faits mis en lumière par mes expériences électro-physiologiques ont permis d'expliquer, à l’aide de l’action musculaire, la rotation des vertèbres et la déformation consécutive des vertèbres qui prodait la scoliose paralytique (6),

(1) Voir, pour la question historique de l’étiologie de la scoliose, Bouvier, p. 474.

(2) Roy, De scoliosi. Leide, p. 66.

(3) Pravaz, Des déviations de la colonne vertébrale. 1821, p. 95.

(4) Bouvier, loc. cit., p. 397.

(5) Voy. Duchenne (de Boulogne), Physiologie des mouvements, p. 751. (6) Dachenne (de Boulogne), sbid., p. 740.

Ils rendent raison de la formation des courbures de la scoliose lombaire paralytique, dans lesquelles la convexilé et la face antérieure des vertèbres sont tournées du côté opposé aux musclescontracturés.

Quant à l’existence des deux courbures opposées qui embarrassaient tant Morgagni, le mécanisme de leur formation est devenu facile à expliquer pour moi, depuis que l’observation clinique m'a démontré que les spinaux lombaires et les spinaux dorsaux peuvent être atrophiés ou paralysés isolément, et qu'ils se contracternt indépendamment les uns des autres. On conçoit en effet que, consécutivement à la paralysie ou à l’atrophie des spinaux lombaires d’un côté, les vertèbres lombaires et les dernières dorsales ayant été infléchies latéralement par les spinaux lombaires du côté sain, une courbure de compensation puisse être produite par la contraction des spinaux dorsaux du côté opposé. On se rappelle, du reste, que j'ai obtenu ces courbures en sens contraire du rachis, dans mes expériences électro-physiologiques. Ces incurvations, comme je l’ai dit, sont très-peu prononcées, lorsau’elles sont uniquement dues à l’action musculaire; mais celle-ci étant continue dans la scoliose atrophique ou paralytique, les vertèbres se déforment progressivement, dans le sens de l’incurvalion et de la rotation des deux portions du rachis; c’est ce qui explique l’augmentation progressive de cette scoliose.

Est-il besoin de dire que la scoliose paralytique ne peut avoir lieu, lorsque l’atrophie ou Ja paralysie des muscles spinaux atteint, et du même côté à la fois, la portion lombaire et la portion dorsale du rachis ? J’ai vu, dans ce cas, se former une longue courbure latérale lombo-dorsale.

Étant élabli que la scoliose paralytique siége, à son origine, uniiatéralement dans les muscles extenseurs de la région lombaire, on est conduit rationnellement à diriger sur eux toutes les ressources de la thérapeutique.

La faradisation associée au besoin à la galvanisation par courants continus des muscles extenseurs des vertèbres lombaires, avec le concours de la gymnastique rationnelle, de la prothèse physiologique du tronc (d’un corset spécial à forces élastiques que je décrirai bientôt), m'a donné des résultats incontestables, dans une période peu avancée de la scoliose.

En général, j'ai localisé l'excitation électrique dans les masses musculaires correspondantes à la convexité de la courbure lombaire, principalement dans le sacro-spinal et le carré des lombes, avec le courant de la deuxième hélice d’une intensité modérée, et avec intermittences éloignées d’une seconde, les séances durant chacune 8 à 10 minutes ont été renouvelées de deux en deux jours,

Les exercices gymnastiques ont consisté à meltre principalement

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