ART, IV, S II, — PATHOG. ET PROTH,. DES COURBURES DU RACHIS
en action les muscles qui exercent la flexion du tronc en dehors et en arrière, el à imprimer en même temps un mouvement de rotation aux vertèbres lombaires dans le sens opposé à celui qui est produit par la scoliose.
On sait que, dans la première période de la scoliose, l’omoplate correspondante à la convexité de la courbure dorsale (par compensation) est plus saillante que celle du côté opposé et que la direction de son bord spinal est changée (voy. fg. 249). Quelques pathologistes ont aliribué cette déformation de l'épaule, les ans à la paralysie du grand dentelé, d’autres à la contracture du rhomboïde. J'ai entendu soutenir cette opinion par M. Eulemburg en 1860, au congrès des naturalistes de Carisrhue. Lorsque j'ai traité de leur diagnostic différentiel, j'ai démontré le peu de fondement de cette hypothèse. Il est donc inutile de compliquer le.traitement de la scoliose simple ou sans complications, par celui qu’il convient d'appliquer à la paralysie du grand dentelé ou à la contracture du rhomboïde,
B. Traitement mécanique. — Arrivous maintenant à lPapplicalion de moyens mécaniques propres à redresser la courbure latérale de la scoliose.
4° Il en est un bien simple que je vais indiquer et qui n’exige l'emploi d'aucun appareil prothétique. On sait que l’habitude de se tenir hanché, qui produit une inclinaison latérale du bassin, peut être l’une des causes occasionnelles de la scoliose. On peut agir de même sur le bassin, mais en sens contraire de l’inclinaison qui a produit ou favorisé le développement de la scoliose, en faisant asseoir le sujet sur un siége dont une moitié est plus élevée que l'autre. On conçoit que la fesse opposée à la courbure latérale lombaire reposant sur la moitié la plus haute du siége, la région lombaire du rachis s'incline nécessairement de son côté; en d’autres termes, la courbure lombaire de la scoliose est alors remplacée par une inclinaison latérale artificielle opposée. J'ai employé avec avantage ce moyen mécanique, plus puissant que les meilleurs corsels orthopédiques, pendant tout le temps que le sujet reste assis; il m'a paru très-utile dans le traitement de la scoliose.
2 Voulant appliquer à la prothèse de la scoliose les données physiologiques qui découlent de mes recherches, j'ai imaginé le corset à forces élastiques représenté dans la fig. 249 et qui exerce une pression latérale en sens inverse sur les convexités lombaire et dorsale.
Il se compose : 4° d’un corset divisé en deux parties réunies par une bande de caoutchouc d’un travers de doigt de hauteur et placé au niveau de l’union de la courbure lombaire avec la courbure dorsale; 2° d’une ceinture À reposant sur le bassin et par-dessus le corset; 3° de deux tuteurs métalliques D, Æ, fixés inférieurement à la ceinture À, de manière à être incliné à volonté latéralement ctsupé-
rieurement par des courroies fixées, l’une à un des côtés de la moitié supérieure du corset, au niveau de la partie moyenne de la convexité dorsale Z et à la moitié inférieure du corset, et l’autre au niveau dela partie moyenne de la convexité lombaire C'; 4° de bretelles à ressorts métalliques en spirales #, G, terminées à leurs extrémités par des courroies percées de trous, au moyen desquels elles
F16. 249, — Corset à forces élastiques de Duchenne {de Boulogne) contre les déviations Jatérales du rachis,
se fixent à des boutons rivés à la ceinture À et à l'extrémité supérieure des tuteurs C, D.
On comprend, à la simple vue, le mécanisme de cet appareil. On peut graduer la force des ressorts F#, G, qui agissent sur les tuteurs, de manière à mouvoir en sens contraire, de dehors en dedans, chacune des moiliés du corset doublé par une pièce de toile épaisse dans les points de traction, comme l’indiquent les points qui cir-