‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 77 sur 400 · C. — Graduation des courants d’induction · texte numérisé non relu

C. — Graduation des courants d’induction

Si un appareil très-puissant est nécessaire au traitement de certaines affections, comme je l’ai démontré, ce même appareil est impropre aux études physiologiques et pathologiques, et il devient dangereux, s’il ne peut distribuer l'électricité à chacun des organes, suivant le degré d’excitabililé qui leur est propre.

On doit à M. Rognetla un procédé de graduation qu'il a appliqué à l'appareil électro-dynamique de MM. Breton frères, et qui permet de doser l'excitation électrique d’une manière exacte. Il consiste à enfoncer l’hélice centrale dans l’intérieur de l’hélice externe, ou à l’en retirer, et à induire de cette façon une plus ou moins srande quantité de spires de cette dernière hélice. J'avais adopté ce procédé de graduation pour mon premier appareil volta-électrique (fig. 44), présenté à l’Académie des sciences en 1848, avec cette seule différence que, dans ce dernier, la bobine externe était mobile et que la bobine centrale était fixée, afin qu’elle pût recevoir le svstème du trembleur (1). Mais j'ai bientôt reconnu que ce procédé de graduation n’était pas sans inconvénient, car la bobine mobile nécessitait aussi l’usage des contacts mobiles qui se dérangeaient souvent, compliquaient la fabrication des appareils, et diminuaient, en s’oxydant, l'intensité des courants, ou interceptaient leur passage. -

(1) M. Dubois-Reymond (de Berlin) a adopté ce dernier système de graduation pour son appareil d’induction.

Un hasard me fit heureusement découvrir un mode de graduation beaucoup plus simple et que je ne lardai pas à appliquer à mes appareils, de préférence à la graduation par l'influence mutuelle des hélices. Voici comment je fis cette importante découverte.

Au début de mes recherches, j'avais recouvert d’une enveloppe de cuivre une forte bobine dans le but d’en garantir les fils. Quelle fut ma surprise, quand je m’aperçus que la bobine avait perdu presque toute sa puissance! Mais j’observai alors, en retirant cette enveloppe, que, plusje découvrais la bobine, plusle courant de cette dernière augmentait. Ce fut pour moi un trait de lumière ; car, dès ce moment, la graduation par le cylindre métallique était trouvée. En effet, je remarquai, après quelques expériences, que ce cylindre mesurait l'intensité du courant, dans sa dernière moitié, avec autant d’exactitude que dans sa première moitié, et que le courant diminuait ou augmentait, dans des proportions arithmétiques, suivant que l’on enfonçait ou que l’on retirait plus ou moins le cylindre,

Voici comment un second hasard me fit découvrir en outre que le tube fendu perd son influence sur le courant de la bobine qu’il recouvre. La coiffe métallique du petit appareil dont j'ai parlé plus haut, étant trop juste pour glisser facilement sur la bobine, je fendis le tube dans toute sa longueur, et je vis qu’il ne graduait pas le courant. Je ne m'attendais pas à ce phénomène, car j'avais attribué son action seulement au voisinage de la plaque métallique ; alors je soudai à l’une des extrémités du tube un fil de cuivre très-fin qui en réunil les bords, et à l'instant mon cylindre recouvra presque enlièrement ses propriétés,

Je fis plusieurs autres expériences desquelles il résulta que, plus la distance qui séparait de la bobine les parois du tube ainsi réunies par un fil élait grande, plus son influence diminuait. J'en conclus donc que, pour obtenir le maximum de dépouillement par le eylirdre mélailique, il fallait le rapprocher, autant que possible, du fil de la bobine.

Mais le cylindre extérieur ne neutralisait pas complétement les courants d’induclion : et, en effet, lorsqu'il recouvrait entièrement la bobine, celle-ci possédait encore une force très-notable, de telle sorte que, si l'appareil était d’une grande puissance, cette force était encore considérable. 11 était cependant de toute nécessité de graduer ce reste de puissance, sur laquelle le cylindre extérieur n'avait aucune aclion.

Je songeai alors à essayer l'influence d’un second cylindre de cuivre, que jefis glisser dans l’intérieur de la bobine et au centre duquel je plaçai une botte de fils de fer doux. L’excès du courant d’induction, qui n'avait pas été neutralisé par le cylindreextérieur, fut considérablement diminué, dans cette dernière expérience, par l'influence

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du cylindre intérieur. Si alors je retirais lentement ce dernier, je sentais cecourant augmenter proportionnellement. Désirant savoir si cette action du cylindre intérieur tenait à sa puissance neutralisante plus grande que celle du cylindre extérieur, je plaçai alternativement chacun des cylindres à l’intérieur ou à l’extérieur de la bobine, et, comparant leur influence sur la puissance d’induction, je constatai qu’en effetle premier diminuait beaucoup plus que le cylindre extérieur la puissance physiologique des courants de la première et de la deuxième hélice. Ilsemblait donc que, le cylindre intérieur une fois enfoncé dans la bobine, le cylindre extérieur ne devait plus exercer d’aclion sur le courant d’induclion; il n’en fut cependant pas ainsi, Car je sentis que la puissance assez grande, possédée encore par le courant, diminuait {rès-sensiblement au fur et à mesure que le cylindre extérieur enveloppait la bobine.

Dans toutes ces expériences, je n’ai pas remarqué que l’aimantation de la botte des fils de fer placée au centre de la bobine eût diminué parallèlement à l’affaiblissement de la puissance physiologique des courants d’induction. Ainsi, une boussole étant placée à une certaine distance de l'extrémité de la bobine, de manière que Paxe de cette dernière fût perpendiculaire à la direction du méridien magnélique, on voyait l’aiguille dévier considérablement à l'instant où le fer doux s’aimantait, lorsque le courant était fermé ; mais elle n’éprouvait même pas la plus légère oscillation, lorsqu'on enfonçail les cylindres sur la bobine, ou alternativement, ou simultanément. Gelle expérience prouvait done que, si l’aimantation avait diminué, lorsque les cylindres recouvraient le fer doux, cette diminution devait être bien faible. Il ne m'a pas été possible non plus d'apprécier celte diminution de l'aimantation, en faisant porter des poids inégaux à l’électro-aimant, pendant que la bobine était placée sous l'influence des tubesde cuivre. Ce n’est que par les battements plus ou moins bruyants et rapides du trembleur et par l'éclat moins vif de l’étincelle de ce trembleur, que j'ai pu constater que l'aiman- {ation du fer doux central diminue réellement, sous l'influence des cylindres. Cette influence sur l’aimantation est extrêmement faible par le cylindre extérieur, car le bruit du trembleur est très-peu diminué, lorsqu'il recouvre entièrement la bobine; le cylindre intérieur, au Contraire, diminue assez l’aimantation pour troubler la marche du trembleur et ralentir la vitesse de ses battements.

Puisqu'il m'était démontré que les cylindres de cuivre placés intérieurement où extérieurement sur la bobine influençaient si faiblement l’aimantation du fer doux placé au centre de cette bobine, il fallait donc que ce fût directement sur les courants d’induction que leur influence neulralisante s’exerçât. C’est, en effet, ce que l'expérience confirme pleinement ; c’est ce qu’il est facile de con-

Stater, en répétant les expériences précédentes sur la mêine bobine à laquelle on a enlevé la botte de fils de fer doux. On voit, en effet, que les cylindres métalliques agissent sur les courants d'induction, comme lorsque le fer doux est placé au centre de la bobine, c’est-à-dire qu'ils neutralisent d'autant plus ces courants d’induction qu'ilss’enfoncent davantage sur cette bobine. Cen’est pas seulement la puissance physiologique du courant qui diminue alors, c’est également l’éclat desétincelles produites par les intermittences,en d’autrestermes, l’action calorifique du courant. Évidemment aussi, dans ce cas, la tension du courant d’induction diminue ; ce que l’on prouve encore par d’autres expériences, en faisant passer, par exemple, le courant à travers une couche de liquide dont on lui voit vaincre d’autant moins la résistance, selon que les tubes recouvrent davantage les fils de la bobine, (Il va sans dire que, par le fait de l'enlèvement de la botte de fils de fer du centre de la bobine, l'intensité des courants à graduer par les tubes était beaucoup moins grande.)

Chacun des cylindres métalliques influence plus spécialement l’hélice dont il se trouve plus rapproché : ainsi, lorsque l’hélice centrale est privée dé fer doux, l’action du cylindre intérieur se fait sentir très-fortement sur son courant, tandis qu’elle est à peine appréciable sur le courant de la seconde hélice. Le tube extérieur agit sur les courants de la deuxième hélice dans un sens opposé. Cette expérience rend raison de la différence exercée par les tubes sur la vitesse et l’énergie des battements du trembleur. On comprend, en effet, que, l’aimantation du fer doux central étant produite par le courant de la première hélice, cetteaimantation doive être plus affaiblie par le tube intérieur qui agit spécialement sur le courant de Ja première hélice, que par le tube extérieur dont l'influence sur ce courant de la première hélice est presque nulle, Je ferai bientôt ressortir l'importance de la Connaissance de ce phénomène.

L'appareil à double cylindre graduateur, dont le fer doux est mobile (fig. 48), peut servir à répéter toutes les expériences que je viens de relater. |

Veut-on étudier l'influence du cylindre externe B sur les courants, le tube interne C est tiré en dehors de la bobine, comme dans la figure 48. On fat le contraire pour expérimenter l’action du tube interne C.

Un mécanisme d’une grande simplicité permet de fixer l’un à l'autre le cylindre interne et le cylindre externe, et de les faire marcher ensemble de manière à couvrir ou à découvrir les surfaces interne el externe de la bobine. Il en résulte, on le conçoit, que les courants d’induction sont plus complétement neutralisés que lorsque les cylindres fonctionnent isolément. Enfin, la botte de fils de fer élant mobile, on peut facilement expérimenter l’action alternative

ou simultanée des cylindres avec ou sans le concours de sa puissance magnétique.

En résumé : 4° un cylindre de cuivre (appelé aussi diaphragme), placé à l’intérieur ou à l'extérieur d’une bobine composée d’une première et d'une seconde hélices superposées, et dans l'intérieur de laquelle il n’existe pas de fer doux, neutralise d'autant plus les courants qu’il recouvre une plus grande quantité de spires, en s'induisant lui-même à la manière d’un conducteur fermé; 2° le cylindre externe agit spécialement sur le courant de la deuxième hélice, tandis que le cylindre interne affecte principalement le courant de la première hélice ; 3° les cylindres diminuent davantage l'intensité des courants de la première et de la seconde hélices, en marchant simultanément dans le même sens, que lorsqu'ils agissent 1isolément; 4 la présence d’un fer doux dans l’intérieur de la bobine ne modifie en rien la propriété que possèdent les cylindres métalliques intérieur et extérieur de neutraliser l'intensité des courants, parallélement à leur progression sur la bobine, et vice vers ; car, si d’un côté l'influence magnétique du fer doux sur les hélices augmente l'intensité de leurs courants, d’un autre côté les cylindres de cuivre qui les recouvrent neutralisent cette intensité proportionnellement et aussi bien que lorsque la bobine est privée de son fer doux; 5° l’aimantation du fer placé à l’intérieur de la bobine diminue extrêmement peu, quand les cylindres de cuivre recouvrent les hélices : d’où l’on doit conclure que ces cylindres agissent directement sur les courants des hélices, comme le prouvent d’ailleurs les expériences exposées ci-dessus, et que ce n’est pas la neutralisation de l’aimantation du fer par le cylindre qui empêche l'induction de se produire (1).

(1) Avant la publication du savant traité de M. De La Rive (Traité de l'électricité théoriqueet appliquée, Paris, 1854-1858, 3 vol. in-8),j'ignorais, je l'avoue, que M. Dove, physicien d’un très-grand mérite, professeur de météorologie à Berlin, eût fait, en 1842, des recherches sur l'influence qu’exerce un cylindre de cuivre introduit dans l'intérieur d’une hélice, et au centre de laquelle est placée une botte de fils de fer doux. Je croyais donc, quand je présentais à l'Académie de médecine le travail qui fait le sujet de ce chapitre, être le premier qui eût étudié l'influence des cylindres métalliques sur les phénomènes de l'induction. (J'espère que l’on me pardonnera mon ignorance sur ce point de l'histoire des découvertes en physique, si l’on veut bien se rappeler que je ne suis pas physicien; ce que j'ai eu soin de déclarer déjà.) D'ailleurs, les physiciens que j'avais rendus témoins de mes recherches, et que j'avais consultés sur ce point, m’avaient entretenu dans cette pensée. Après avoir lu daos le traité de M. De La Rive l'exposé des recherches de M. Dove sur l'influence des masses métalliques introduites dans l’intérieur d’une hélice, et après avoir pris connaissance du travail original de M. Dove, je ne crois cependant pas devoir modifier aujourd’hui les termes &ans lesquels j’ai rendu compte de mes recherches (Duchenne, Appareils volta-électriques et magnéto-clectriques à double courant, in Bulletin de l'Académie de médecine, 15 juillet 1860, tome XV, p. 9617. Voy. Soubeiran, Rapport Bull. de l’Acad. de méd., 1850, t. XVI, p. 656).

En effet : 1° M. Dove n’a pas étudié l’inflaence exercée par les cylindres métalliques sur les hélices, dans l'interieur desquels on n'avait pas introduit des fils de

ART, If. — GRAND APPAREIL VOLTA-FARADIQUE DE L'AUTEUR. 2845

Ces faits étant bien établis, j'arrive à leur application. Je n'ai pas besoin d'entrer dans de nouveaux développements pour faire ressortir les avantages de l’application des cylindres métalliques à la graduation. ll suffit de lindiquer, pour en faire comprendre l’importance et l'utilité dans la pratique de la faradisation localisée. La double graduation par les cylindres métalliques, interne et externe, est certainement préférable à la graduation par un seul cylindre, puisque la neutralisation des courants est plus complète, lorsqu'on les fait marcher ensemble, et qu’en les enfonçant successivement sur les hélices, on peut disposer au besoin d’une échelle de graduation d’une double étendue.

D. — Modérateur.

Le cylindre graduateur ne dépouille pas complétement les courants aux dépens desquels il s’induit, de sorte que la graduation par ce cylindre ne commence pas par zéro. Le faible courant qui reste à graduer est insignifiant, lorsque l’on à à faradiser les muscles du tronc et des membres; mais il n’en est pas de même pour les Opérations délicates, par exemple, pour la faradisation de la face, de la membrane du tympan. J’emploie alors le modérateur à eau, dont j'ai donné précédemment la description, et qui sert à régler la force de l'appareil de manière à l’approprier aux applications les plus délicates. Après avoir en effet diminué, à des degrés divers, l’intensité du courant, en le faisant passer par la couche plus ou moins épaisse d’eau distillée que contient le tube modérateur, on peut, à l’aide du cylindre graduateur de l’appareil, diviser en doses infiniment petites ce courant déjà réduit au minimum.

fer doux. 2° S'il est vrai que cet expérimentateur a découvert qu’un cylindre métallique introduit dans l’intérieur d’une hélice, et au centre duquel se trouve placée une botte de fils de fer doux, diminue la puissance de l'induction, il est incontestable aussi qu’il n’a pas dit que cette influence du cylindre augmente en raison directe de sa progression dans l’intérieur de la bobine ; et s’il avait connu ce phénomène, il l'aurait signalé sans aucun doute, en raison de son importance pratique. 3o M. Dove n’a pas expérimenté l'influence d’un cylindre métallique extérieur, c'est-à-dire recouvrant le courant dela deuxième hélice, et n’a pas, en conséquence, comparé la différence d’action que le cylindre intérieur ou le cylindre extérieur exerce, soit sur chacun des courants, soit sur l’aimantation des fils de fer doux, 49 Enfin ce célèbre physicien ne paraît pas être arrivé aux mêmes résultats que moi dans les expériences qu’il a faites sur les appareils magnéto-faradiques; car, suivant lui, « on ne voit pas l'intensité du courant d'induction diminuer, en introduisant un cylindre métallique dans une hélice inductrice et enveloppant les fils de fer qui occupent le centre de cette hélice, lorsque, pour augmenter ces fiis, on en approche un aimant, au lieu de faire circuler des courants voltaïques dans l’hélice. » Mes expériences m'ont prouvé cependant que les cylindres métalliques neutralisent, en s’induisant, les courants de la première et de la deuxième hélices des appareils magnéto-faradiqnes, quand ils enveloppent leurs bobines, tout aussi complétement que les courants des appareils volta-faradiques. Ou verra, dans l’article suivant, ces faits démontrés et appliqués à la graduation de mon appareil magnéto-faradique.

Cette combinaison de l’action du graduateur et du modérateur m'a même permis de mesurer le degré d’excitabilité de chacun des muscles de la grenouille.

E., — Rhéomètre magnétique,

Le cylindre graduateur divise en doses exactes le courant de la première hélice et le courant de la deuxième hélice; maisilne mesure pas l'intensité du courant initial, intensité variable pour une foule de causes, et qui en conséquence produit inévitablement des irrégularités dans la puissance de l'induction. Vouloir donc doser l’électricilé seulement à l’aide du graduateur me paraît tout aussi absurde que de peser les médicaments avec une balance qui serait juste, mais dont les poids seraient faux.

J'ai employé un procédé très-simple pour mesurer {a force du courant initial, Ce procédé fait connaître en même temps la puissance de l’aimantation du fer doux de la bobine centrale; j'en ai donné déjà la description et la théorie. C’est sur l’action exercée par celte aimantation sur l’aiguille aimantée, qu’est fondé le rhéomètre que j'ai appelé magnétique. En effet, le fer doux est aimanté différemment à ses extrémités, suivant la direction du courant, Supposons que l'extrémité du fer doux aimanté la plus rapprochée du rhéomèêtre se trouve être le pôle boréal : l'aiguille, disposée comme je l'ai indiqué plus haut, sera déviée du méridien magnétique par la force attractive de l’aimant sur son extrémité australe, et comme la force de l’aimantation du fer doux est en raison directe de l'intensité du courant initial, le degré de la déviation de l’aiguille indiquera à la fois la force de l’aimantation de l'appareil et l’intensité du courant de Ja pile.

Le rhéomètre magnétique me sert à mesurer et à conserver à peu près au même degré de puissance le courant initial. (J'ai dit que les causes d’affaiblissement du courant des piles sont si nombreuses qu'aucun de ces appareils ne mérite, à coup sûr, d’une manière absolue, le nom de pile à courant constant.) En somme, ce rhéomètre sert nen-seulement à connaître la force du courant initial, mais aussi à la régler, de manière à opérer toujours dans les mêmes conditions. L'action combinée du rhéomètre et du graduateur permet de doser avec précision l’excitation électrique. La simple énonciation de celle proposition me paraît suffisante; je ne pense pas qu’il faille entrer dans de nouveaux développements pour démontrer que, si le graduateur seul ne mesure rien exactement, au point de vue de l’application à la médecine, il présente, en combinant son action avec celle du rhéomètre magnétique, toutes les condi-

tions de précision et d’exactitude nécessaires à l'étude de l'art de formuler les doses électro-physiologiques et thérapeutiques.

F. — Pédale rhéotome et trembleur.

Pendant la faradisation, les intermittences doivent être rares ou fréquentes, lentes ou rapides, selon les indications physiologiques ou thérapeutiques, ainsi que je l'ai prouvé au commencement de ce chapitre. Tout appareil qui ne peut remplir ces conditions esi incomplet et même dangereux. C’est dans le but de répondre à ces indications diverses que j'ai adapté à mon appareil deux systèmes de rhéotomes : une pédale et un trembleur. (J'ai décrit aussi précédemment [page 145, fig. 33], un rhéotome que j'ai fait construire dans le but d'’éviler les alternatives voltianes du courant induit, et de donner au courant une direction centripète ou centrifuge.

a. Pédale, — Avec la pédale (Ÿ, fig. 45) l'opérateur obtient à volonté des intermittences plus ou moins rapprochées.

Je me suis longlemps servi, pour produire à volonté des intermittences plus où moins lentes, d’une roue dentée adaptée à l’appareil (voy. D, fig. 44); mais la mise en action de cette roue me privait de la main qui devait faire manœuvrer le graduateur,le modérateur, les commutateurs des hélices, des pôles, etc. C’est pourquoi j'ai depuis plusieurs années préféré la pédale à cette roue dentée, qui d’ailleurs compliquait la fabrication de l'appareil, ou qui était quelquefois une cause de détérioration.

J'estime peu, en général, les systèmes d'intermiltence qui ne sont pas réglés selon les besoins de Pexpérimentation ou de la thérapeutique. J'ai reconstruit plusieurs petits appareils rhéotomes, dont le moteur était un mouvement d’horlogerie qui produisait des intermittences plus ou moins rapides pendant un temps assez long. L'expérience m'a bien vite appris que ces mouvements mécaniques ne pouvaient pas remplacer ceux qui sont mus par la volonté du médecin ; malgré la commodité de leur emploi, j’en suis revenu à la roue dentée, et postérieurement à la pédale.

Je dirai cependant que je me sers quelquefois avec avantage (dans les applications où il faut de ja précision) d’une pendule électrique à laquelle j'ai fait adapter un rhéotome qui medonne exactement, à vo- Jonté, un, ou deux, ou trois, ou quatre intermittences par seconde (f).

b. Trembleur. — Quelque rapprochées que puissent être les intermillences d’une roue dentée ou d’une pédale, elles ne peuvent jamais atteindre la rapidité du trembleur, rapidité telle que la contraction musculaire qu’elle produit paraît être continue. Les propriétés

(1) Ce rhéotome, adapté à une pendule électrique avec aiguille à secondes, à été construit par M. A. Mathieu, mécanicien.

spéciales de cette rapidité des intermittences rapides, l’énergique influence qu’elles exercent sur la sensibilité, me les ont faitadopter, comme moyen précieux, dans l'étude de certains phénomènes électro-physiologiques et pour le traitement de certaines lésions dynamiques. Mais le mécanisme qui les produit ne saurait toujours remplacer la roue ou ia pédale, car elles peuvent occasionner, dans quelques cas, des accidents d’une certaine gravité. Je pense donc qu'un appareil doit être muni d’une pédale et d’un trembleur.

Les trembleurs,— j'en ai étudié de toutes les formes, —se dérangent si souvent, s'arrêtent si capricieusement, pour ainsi dire, qu'il faudrait renoncer à les appliquer aux appareils d’induction, si l’on n'y portait remède. Ainsi, il m'est souvent arrivé, avec certains appareils, de ne pouvoir faire une expérience ou une application thérapeutique, à cause de l'arrêt, de l’irrégularité ou d'un caprice de ‘eur trembleur, caprice dont je ne trouvais pas toujours immédiatement la cause.

En augmentant la puissance d’aimantation du fer doux de la bobine et de la plaque de fer mobile qui exécute les intermittences, en rendant plus facile et plus simple le jeu du trembleur, au moyen de la force combinée de son ressort et du poids de son fer doux mobile, j’ai si bien régularisé son action, qu’il ne m'a jamais fait céfaut, dans mes appareils, pourvu que la force de sa pile fût suffisante.

On peut faire des trembleurs avec ou sans vibrations. (Les trembleurs à vibrations sont ceux qui, entre chaque intermittence, sont agités par plusieurs ressauts ou rebondissements très-rapides qui rendent la faradisation très-désagréable.)

La sensation plus douloureuse occasionnée par le trembleur à vibrations rend plus difficiles certaines expériences électro-musculaires, même lorsqu'on agit à un degré modéré. Cependant le trembleur à vibrations peut être très-ulile dans les cas où il esl indiqué d’exciter très-vivement la sensibilité et la nutrition.

J'ai imaginé un trembleur dont les battements sont ralentis ou accélérés à volonté : ainsi, il peut ne donner que quatre intermittences par seconde, ou bien produire un nombre incaleulable d’intérmittences dans le même espace de temps, en passant par tous les degrés de vitesse intermédiaires. J'ai adapté ce trembleur à mon appareil découvert (fig. 49).

La figure 50 représente le plan antérieur de cet appareil où se trouve le trembleur à intermittences lentes ou rapides, dont voici le mécanisme. L'une des extrémités du fil de la première hélice communique, l’une avec le bouton E, l'autre extrémité avec la vis C; la pièce mobile de cuivre A, qui est repoussée par un ressort placé au devant d’elle contre la vis C, communique avec le bouton F.

On comprend qu’à l'instant où les boutons E et F sont mis en rapport avec les pôles d’une pile, le courant passe dans le fil de la première hélice, et aimante le fer doux central de celle-ci, qui attire le fer doux mobile G. Ce fer doux entraîne avec lui la pièce mobile de cuivre À qui était appliquée contre la vis C. Il en résulte une solution de continuité, et conséquemment la cessation de l’aimantation et le retour de la pièce À contre la vis C. Alors le courant passe de nouveau dans l’hélice, produit les phénomènes ci-dessus décrits, et ainsi de suite.

Jusqu'à présent, on le voit, ce trembleur diffère peu de celui de l’appareil représenté dans la figure ni 44. Mais voici les modifications nn qui l’en distinguent. Le fer doux Fic. 50.— Plan antérieur de l'appareil déobitexG (ig. 50) cothasservélois couvert représenté dans la figure 48. gné du fer doux placé au centre de l’hélice pour avoir une course beaucoup plus grande à parcourir, lorsqu'il est attiré par l'aimant temporaire de la première hélice. Dans cet état, il ne bat que quaire fois par seconde. Maïs, en tournant graduellement de droite à gauche la vis G, l’étendue de la course du fer doux mobile G diminue de plus en plus; conséquemment la rapidité du trembleur va progressivement, au gré de l’opérateur qui peut, par ce moyen simple, régler la marche du trembleur, selon les effets qu'il désire obtenir. Pour que l’action nagnétique pût s'exercer avec assez de force à une telle distance entre l’aimant temporaire de l’hélice er le fer doux mobile G, il m'a fallu augmenter la masse de ce dernier. C’est ce que j'ai obtenu en articulant le fer doux mobile G avec un barreau de fer doux de 1% centimètres de longueur, et qui s'étend sur la face supérieure de la bobine, comme on peut le voir dans la figure 48. L'aimantation de la plaque mobile G par l'influence du fer de l’hélice augmente alors considérablement, comme si elle faisait corps avec le barreau sur lequel elle est articulée. Lorsque la vis C est serrée, le ressort qui repousse la pièce À contre cette vis C, est assez tendu pour que les intermittences se fassent sans vibrations. Mais lorsque l’on relâche ce ressort, en détournant la vis C, chaque battement ou intermittence est suivie de vibrations dont j'ai exposé plus haut l’action spéciale sur la sensibilité. Ces vibrations sont telles au maximum de relâchement du ressort de la pièce A, que les intermittences les plus rares du trembleur (quatre intermit-

tences par seconde) produisent des contractions musculaires douloureuses, quoique éloignées. Gesintermittences éloignées, mais à vibrations, sont très-utiles, lorsqu'il est indiqué d’agir à la fois sur la contraclilité, la sensibilité ou la nutrition des muscles, et alors queles intermittences rapides ne peuvent être supportées par les malades. Ainsi, lorsque les intermittences rapides produisent des crampes el ne peuvent être appliquées, je les remplace par les intermittences éloignées à vibrations qui, sans offrir cet inconvénient, agissent encore avec assez d'énergie sur la sensibilité et la nutrition.

Ces intermittences rares à vibrations sont contre-indiquées dans les cas où il est dangereux de surexciter la sensibilité. En conséquence, l’appareil pourvu d’un trembleur qui les produit, doit avoir en outre un rhéotome qui donne des intermittences éloignées sans vibrations.

M. F. P. Le Roux, professeur agrégé des sciences physiques, à fait ressortir, dans une excellentethèse, l'importance de cette étude sur les trembleurs avec ou sans vibrations, dans certaines conditions ; on y verra que les phénomènes électro-physiologiques produits par les trembleurs, et que je viens de faire connaître, concordent, dans l’ordre physique, avec ses expériences personnelles,

« La nécessité, dit-il, de disposer d’une façon absolue du nombre des interruptions a été bien sentie par M. Duchenne, qui a eu soin de munir son appareil volta-faradique d’un irembleur dont les battements peuvent être ralentis ou accélérés à volonté; ainsi il peut ne donner que quatre intermittences par seconde, ou bien en produire un nombre extrêmement considérable dans le même temps, en passant par tous les degrés de vitesse intermédiaires.

«M. Duchenne établit une distinction entre les trembleurs avec ou sans vibrations. Les trembleurs à vibrations sont ceux qui, entre chaque intermittence, sont agités par plusieurs ressauts et rebondissements très-rapides qui rendent l’électrisation très-désagréable. Sauf certains cas particuliers, on doit éviter les disposilions de trembleurs donnant lieu à ces effets, car elles rendent plus difficiles certaines expériences électro-musculaires.

« On sait que les secousses électriques très-rapprochées déterminent au lieu de commotions isolées un état tétanique; des vibrations se produisant dans le trembleur donnent donc lieu en réalité à des séries plus ou moins courtes et plus ou moins espacées de convulsions tétaniques.

«Des faits d'ordre purement physique, que j'ai observés, viennent à l’appui de ceux d'ordre physiologique cités par M. Duchenne,. J'ai eu en effet l’occasion de reconnaître que la manière dont s’opère la rupture de l'extra-courant peut donner lieu à une division de l'étincelle induite dont le fait suivant pourra donner une idée.

Dans des expériences relatives à la vitesse du son (1) je me servais comme moyen chronoscopique de la trace laissée sur une plaque d'argent iodurée par une étincelle d’induction provenant d’une bobine de Rubhmkorff. L’interruption du courant inducteur était produite mécaniquement; or, dans certaines circonstances, au lieu d’une trace unique, j’ai observé jusqu’à 15 traces correspondant à autant de petites élincelles dans lesquelles s'était subdivisée une seule décharge. On pouvait les distinguer les unes des autres, parce que la plaque était animée d’un mouvement rapide, et que les petites étincelles, étant successives, laissaient leur trace en des points différents ; or ces quinze traces étaient réparties sur une longueur de À millimètre, correspondant à un temps notablement inférieur à 54 de seconde, Ces étincelles étaient d’ailleurs certainement successives, car elles s’alignaient toutes dans le sens du mouvement de la plaque.

«Ii n’y a pas lieu de croire que chacune de ces étincelles partielles correspondît à une vibration produite dans l'interrupteur, mais il est manifeste que, suivant la loi du mouvement de l’interruption, la décharge induite, qui se manifeste le plus ordinairement par une seule étincelle, peut se diviser en un certain nombre de décharges partielles. Ces phénomènes ont été observés avec une bobine de Ruhmkorff de moyen modèle (2). »

Dans les itrembleurs, la pointe de la vis est platinée et se trouve en contact avec une plaque également platinée, soudée à Ja pièce Juibat contre elle, afin que l'oxydation nuise le moins possible au contact parfait de ces conducteurs : mais le platine, brûlé par l’étincelle électrique, s’oxyde à la longue, quoi qu’on fasse; l’oxyde déposé sur les surfaces platinées s'oppose au passage du courant, d’où résulte un affaiblissement de la puissance de l’appareil ; alors le jeu du trembleur, ou se ralentit, ou s'arrête tout à fait. J'ai remédié à ce défaut en augmentant l'épaisseur de la plaque de platine et en la rendant mobile, de sorte que, lorsqu’après quelques mois d’un travail de plusieurs heures par jour, elle a été oxÿdée dans un point, on peut la déplacer un peu à droite on à gauche. Il faut aussi avoir soin de frotter de temps à aulre, sur du drap ou du linge, l'extrémité platinée de la vis du trembleur, afin d’en enlever l’oxyde. Enfin, pour diminuer l'oxydation du platine, j'ai augmenté la surface de l’extrémité du trembleur ; je lui ai donné 2 à 3 millimètres de diamètre transversal.

(1) Le Roux, Délerminalion expérimentale de là vitesse de propagation d’un ébranlement sonore dans un tuyau cylindrique (Annales de chimie et de physique, 4e série, tome XII, page 345).

(2) F. P. Le Roux, de l’Induction et des appareils électro-médicaux, p. 46. Thèse présentée à l'Ecolesupérieure de pharmacie pour l'agrégation des sciences physiques. Paris, 1869.

G. 5 Pile.

Au début de mes recherches et jusqu’en 1858, la pile de Bunsen avait été la source initiale de mon appareil volta-faradique, parce qu’à la puissance elle joignait une constance suffisante, Je l’avais seulement convertie en pile plate, afin de la mettre dans un tiroir; et, au lieu de plonger le charbon dans l'acide azotique, j'avais versé cet acide sur sa surface, jusqu’à ce qu'il en füt pénétré par endosmose, et je le plaçai dans un bac de zinc qui conterait une certaine quantité d'une solution de sel marin, n'ayant pour diaphragme qu’une couche très-mince du liquide salin, ce qui diminuait considérablement la résistance de la pile et augmentait proportionnellement sa puissance.

Cette pile était parfaitement en rapport avec la force de mon appareil primitif, Mais depuis que j'ai dû doubler au moins la longueur des hélices et de leurs fils, elle est devenue insuffisante et ne peut développer toute la puissance que possède l'appareil. J'ai donc cherché à obtenir de la pile beaucoup plus de tension. Pour cela, j'ai diminué de moilié la surface de l’élément, et mon appareil a été alimenté par une pile composée de trois et même de quatre éléments semblables.

Les inconvénients dus à l’emploi de l’acide azotique, c’est-à-dire le dégagement inévitable de gaz nitreux, qui est une cause de détérioration rapide des diverses pièces de Pappareil, m'avaient fait remplacer l'acide azotique par l'acide sulfurique, et depuis un an je me servais de cette nouvelle pile, lorsque M. Marié-Davy fit connaître sa pile au bisulfate de mercure, qu'avec quelques modifications j’adaptai à mes appareils. Gest à cette source d’électricité que je donne depuis six ans la préférence pour mes appareils portatifs. J’en ai fait la description précédemment (page 235). Cette pile humide offre l'avantage de pouvoir être lransportée sans que l’on ait à craindre de renverser le liquide. Il suffit pour cela de mettre un morceau de caoutchouc durci entre le drap et le zinc, essuyé avec soin, dans l'intervalle des applications, et, lorsque l’on veut remettre la pile en action, de verser sur le drap un peu d’eau et d'enlever les plaques de caoutchouc. Le même bisulfate de mercure peut servir pendant quinze jours à {rois semaines.

Les pièces de communication du système d’induction avec le charbon, composées autrefois d’une lame de cuivre platinée dans leur point de contact avec le charbon se détruisaient assezrapidement par l’oxydalion ; je les ai remplacées aujourd’hui par des fils de platine. Ces pièces de communication sont donc inaltérables. Les deux ou trois petits éléments qui font corps avec mon appareil volta-électrique me permettent d’avoir, au lit du malade, une force d’irduction

ART. Il, — GRAND APPAREIL VOLTA-FARADIQUE. DE L'AUTEUR. 253

toujours suffisante ; mais l'induction de mon appareil n’est pas, pour ainsi dire, saturée par ces trois éléments, car j'obliens de lui une bien plus grande force avec les quinze à vingt éléments au bisulfate de plomb que je lui adapte dans mon cabinet,

Quoique M. Marié-Davy ait conseillé de n’employer que le protosulfate, je me sers cependant du bisulfate, afin d’en obtenir plus de puissance. Je n’ai employé le protosulfate, comme je lai dit, que lorsque je me servais de cette pile composée de 30 à 100 éléments pour l'application des courants continus.

Fabrication des charbons plats. — Après de nombreux essais sur la qualité de la houille grasse et du coke, sur les proportions de l:ur mélange, sur la manière de tasser ces mélanges dans les moules, sur la forme de ces derniers, et enfin sur leur degré de cuisson nécessaire, je suis parvenu à faire fabriquer des charbons plats, durs et sans fissures. La fabrication de ces charbons étant difficile et dispendieuse, j'avais songé à les remplacer par des charbons sciés dans le coke qui provient des usines à gaz.

Le coke qui tapisse la paroi interne des cornues des usines à gaz hydrogène est formé, on le sait, par la matière bitumineuse connue sous le nom de pétrole. Gette matière se carbonise et se dépose couche par couche sur la face interne des cornues dans lesquelles on distille la houille grasse, Elle y forme à la longue une croûte épaisse dont il faut les débarrasser de temps en temps. Malheureusement les charbons formés avec le coke des appareils à distillation du gaz hydrogène, qui sont excellents quand ils plongent dans l'acide nitrique, et qui, étant très-purs et ne contenant pas de matière terreuse comme les piles de Bunsen, paraissent augmenter la puissance des piles, conviennent moins au système que j'ai adopté pour mes appareils ; car, en quelques minutes (deux ou trois), le courant qu’ils fournissent s’affaiblit de plus des trois quarts, à peu près, quand il est fermé. On observe alors ce singulier phénomène qui se produit dans les piles composées de zinc et de cuivre, de recouvrer son intensité première en peu de temps, quand le courant est ouvert. J'ai attribué cet affaiblissement rapide à la densité extrême de ce coke dont les interstices sont obstrués par les sels dus à l’action chimique de la pile, sels qui se dissolvent rapidement, lorsque le courant reste ouvert assez longtemps. Les charbons que j'ai fait fabriquer, sans être trop mous, — ce qui les rendrait peu durables, — sont cependant assez durs, Ge n’est qu’à la longue (après cinq à six mois d’un usage fréquent) que les sels résultant de l’action chimique intérieure de la pile se déposent dans ses interstices et en diminuent la puissance en s’opposant au passage du courant. Il est important d'en être prévenu, car la puissance de l'appareil diminue considérablement.

H. — Commutateur des pô:es.

Il est avantageux de pouvoir changer la direction des courants rapidement et sans déplacer les rhéophores posés sur les organes. C’est dans ce but que j'ai adapté à mon appareil découvert un commutateur des pôles (H, fig. 48), qui, en tournant à droite ou à gauche, renverse les pôles. Son mécanisme est le même que celui du commutateur des courants.

ARTICLE III

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